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CAN 2015 : C'est un scandale !

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image Match entre la Zambie et la Guinée-Equatoriale en janvier 2012

La Guinée équatoriale favorisée? C'est l'accusation portée par les Tunisiens contre l'arbitre et la CAF après le penalty litigieux accordé au pays organisateur en quart de finale de la CAN-2015. Interrogé par l'AFP, le Tunisien Adel Sassi, a stigmatisé les "coulisses": "Ca se passe toujours comme ça en Afrique, tout le monde savait que la Guinée équatoriale allait passer à l'aide de l'arbitre. " Les réseaux sociaux regorgent de messages dans ce sens, voyant dans le penalty généreux le fruit d'un marché entre la CAF et la Guinée équatoriale, qui a accepté à la mi-novembre d'organiser au pied levé la 30e CAN après la défection du Maroc. Certains parlent même de rétribution.

La Guinée équatoriale favorisée? C'est l'accusation portée par les Tunisiens contre l'arbitre et la Confédération africaine (CAF) après le penalty litigieux accordé au pays organisateur en quart de finale de la CAN-2015 (2-1 a. p. ) samedi à Bata.

On jouait le temps additionnel de la seconde période lorsque l'Equato-Guinéen Ivan Bolado Palacios s'est écroulé dans la surface tunisienne aux côtés du défenseur Hamza Mathlouthi, sans aucun contact selon les images vidéo. Balboa a alors égalisé sur ce penalty avant de donner la victoire au Nzalang nacional sur coup franc durant la prolongation.

Les Tunisiens étaient furieux contre l'arbitre Rajindraparsad Seechurn, au point que le Mauricien a dû regagner les vestiaires sous escorte policière dans la confusion la plus totale.

L'attaquant Ahmed Akaichi, auteur de l'ouverture du score, s'en est pris à chaud directement au président de la CAF, Issa Hayatou: "Il ne peut plus rester dans le foot africain, il faut qu'il parte!"

"On s'est fait avoir par l'arbitre et la CAF", a abondé son coéquipier Bilel Mohsni. "On est en Afrique, c'est à cause des matches comme ça, des choses comme ça que l'Afrique n'avancera jamais. "

Manigances

Le président de la Fédération tunisienne (FTF), Wadie Jary, a démissionné dimanche de la Commission d'organisation de la CAN au sein de la CAF, pour signifier son mécontentement selon son entourage.

"Ce n'est pas un vol, c'est pratiquement un viol", s'est insurgé dimanche le chef de la délégation tunisienne à Bata, Hichem Ben Omrane, auprès de l'AFP.

Pour ce membre du bureau exécutif de la FTF, "il y a une sorte de hold-up pour satisfaire l'équipe locale. La CAF a désigné un arbitre maison, qu'elle désigne à chaque fois pour ses sales besognes. Il est malhonnête, sans foi ni loi. Il faut que la CAF arrête ses manigances. "

Et le responsable d?égrainer des exemples de matches arbitrés par le Mauricien, notamment en compétitions continentales de clubs, avec grosses polémiques à la clef.

Le sélectionneur national, le Belge Georges Leekens, a crié au "scandale" et fustigé un arbitre "malhonnête", en soulignant qu'il "sifflait faute contre nous dès les premières minutes". S'il n'a pas abondé la thèse du complot, il a lâché à l'AFP: "On l'a eu contre le Sénégal (1-0 en qualifications, ndlr). Il avait fait un match correct. Hier (samedi), je n'ai pas compris. C'est à lui de dire la vérité. "

Interrogé par l'AFP, le Tunisien Adel Sassi, entraîneur-adjoint du club russe d'Anzhi Makhachkala, a stigmatisé les "coulisses": "Ca se passe toujours comme ça en Afrique, tout le monde savait que la Guinée équatoriale allait passer à l'aide de l'arbitre. "

'Raccourci facile et dangereux'

Les réseaux sociaux regorgent de messages dans ce sens, voyant dans le penalty généreux le fruit d'un marché entre la CAF et la Guinée équatoriale, qui a accepté à la mi-novembre d'organiser au pied levé la 30e CAN après la défection du Maroc. Certains parlent même de rétribution.

Soupçons que Joseph-Antoine Bell, ancien gardien du Cameroun et personnage emblématique du foot africain, balaie. "C'est un raccourci facile et dangereux et qui n'apporte rien au jeu", confie-t-il à l'AFP. "Je suis sûr d'une chose: si les Tunisiens avaient gardé leur calme ou s'ils étaient venus à ce match avec d'autres intentions, ils auraient obtenu un autre résultat, et je parle comme quelqu'un qui a gagné deux CAN à l'étranger".

Le Nzalang nacional avait déjà obtenu un penalty contre le Gabon (2-0), qui à vitesse réelle paraissait moins évident à contester que celui de samedi.

Mais lors du match d'ouverture face au Congo (1-1), il s'était vu refuser un but sur hors-jeu. Et la Fédération équato-guinéenne (Faguifut) avait alors crié au complot, parlant d'une "action planifiée pour rendre difficile au Nzalang de la Guinée équatoriale sa participation aux quarts de finale".

La Feguifut avait publié son communiqué sur le site officiel du gouvernement de Malabo, et écrit une lettre à la CAF afin de l'inviter à "corriger ces arbitres pour mettre fin à ce comportement".

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Suspension de l'arbitre mauricien

Georges Leekens, sélectionneur de la Tunisie, demande la suspension de l'arbitre mauricien Rajindraparsad Seechurn pour "sauver" la CAN-2015, dimanche dans un entretien à l'AFP.

Q: Que reste-t-il de ce match ?

R: "J'en veux à l'arbitre. C'est un scandale, et je le dirai le restant de ma vie. Je suis dans le football depuis 45 ans, et je n'avais jamais vu ça. On ne peut pas accepter cette décision. J'ai demandé la veille du match un arbitre correct, honnête. Je ne demande pas de faveur, mais on ne peut pas être victime comme ça. Je suis content pour la Guinée équatoriale, mais on méritait de passer. Un homme a foutu la fête en l'air. Je suis le premier pour soutenir les arbitres, c'est un métier difficile, mais ça, c'était trop facile. Le moment choisi, et le fait que le joueur n'ait pas été touché: il a trouvé le penalty. C'est malhonnête. "

Q: Vous aviez déjà croisé cet arbitre. . .

R: "On l'a eu contre le Sénégal (1-0 en qualifications, ndlr). Il avait fait un match correct. Hier (samedi), je n'ai pas compris. C'est à lui de dire la vérité. Je crois qu'il vaut mieux qu'il ne vienne plus en Tunisie. Peut-il encore regarder ses enfants dans les yeux? Ce n'est pas bien non plus pour son pays. Moi, je n'irai plus à l'île Maurice, pour mon honneur. "

Q: Vos joueurs soulignent le fait que l'arbitre (44 ans) est proche de la limite d'âge (45 ans). . .

R: "Que ce soit son premier ou son dernier match, je m'en fous. Je soutiens les arbitres, mais celui-là, je ne le soutiendrai jamais. Mais il y a une justice dans la vie, de la part de Dieu, d'Allah, il sera puni. On a été touché dans notre coeur. Mes joueurs sont mes enfants, on ne peut pas faire quelque chose à mes enfants. Quand ils font des erreurs, je suis le plus sévère. On peut toucher les jambes à gauche à droite, mais là on a été touché au fond du coeur. Psychologiquement, il nous a tués! Je suis le premier à reconnaître des fautes. Mais là, on n'a pas fait de faute. "

Q: Que pensez-vous de l'arbitrage en général dans cette CAN ?

R: "On ne peut pas généraliser. J'ai vu de bons arbitres. "

Q: Mais vous auriez pu aussi marquer plus de buts. . .

R: "A chaque fois on devait se retirer, chaque contact était sifflé pour l'autre côté. On a dit à nos joueurs de faire attention dans les 16 mètres. Il sifflait faute contre nous dès les premières minutes. "

Q: Cette affaire ternit-elle l'image du foot africain ?

R: "Je ne suis pas un homme négatif, au contraire. Espérons que ce sera encore une fête. Ce tournoi n'est pas seulement montré en Afrique, mais dans le monde entier, et on montre ça ?! Qu'est-ce qu'on va dire du football africain ?! On perd notre premier match de compétition, à cause de qui ? A cause d'un arbitre. On est là pour un meilleur foot, un foot correct. Je ne demande rien à la CAF, seulement de regarder, analyser. Je ne suis pas là pour détruire, mais pour construire. Même maintenant. Je demande seulement la justice. Il faut suspendre cet arbitre pour sauver le tournoi".

Q: Craignez-vous des sanctions disciplinaires après que vos joueurs ont essayé de molester l'arbitre ?

R: "On était sous le coup de l'émotion. On a une fierté, aussi. On a tout accepté, les coupures d'eau et d'électricité, le bus sans air conditionné, tout ça ce n'est rien. Mais ça fait une grosse frustration. On est sortis à cause de lui, on est déjà punis. On est éliminés, mais la tête haute. "


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