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RDC : Enquête sur la réhabilitation du stade Tata Raphaël

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image Stade Tata Raphaël

Les travaux exécutés pour la réhabilitation de cette enceinte sportive sont encore loin de répondre aux attentes. Le président de coordination de l’AS V. Club, Gabriel Amisi avait sollicité et obtenu du ministre de la Jeunesse, sports, culture et arts l’autorisation de réhabiliter le stade Tata Raphaël. Les travaux sont déjà en cours depuis le 11 janvier. Mais, toujours est-il qu’à moins de deux semaines du début du tour préliminaire de la compétition africaine des clubs pour laquelle le stade est réfectionné, plusieurs zones d’ombre persistent autour de cet ouvrage. Combien coûtent ces travaux ? Quelle entreprise en est le maître d’ouvrage ? Mystère. Enquête sur la réhabilitation de cette enceinte dont les travaux devraient au départ être exécutés par des ingénieurs du génie militaire.

DES TRAVAUX A PAS DE TORTUE

Plus de deux semaines après leur lancement, les travaux de réhabilitation du stade Tata Raphaël avancent vraiment à petit pas. Peu d’ouvriers s’activent pour redonner à ce stade d’une capacité de 50.000 places le confort susceptible de lui permettre d’accueillir, d’ici le 7 février, les rencontres des compétitions africaines des clubs. Le stade des Martyrs étant fermé depuis le 9 décembre suite aux travaux de réhabilitation d’une durée de 13 mois. La lenteur des travaux n’arrange donc pas les équipes de V. Club et MK qualifiées respectivement pour la Ligue des champions et la Coupe de la confédération 2014.

Pourquoi les travaux avancent-ils au ralenti pour un projet réfléchi ? Difficile d’y répondre dès lors que les dirigeants de V. Club entretiennent le flou sur la nature des travaux proprement-dits, du budget alloué pour la réfection de la seule enceinte sportive de la capitale congolaise -à part le stade des Martyrs- capable d’accueillir les matches internationaux. Interrogé, le comité de V. Club a évoqué tout, sauf le coût des travaux. Sans révéler le montant précis, le secrétaire général du Club, Patrick Banishayi, parle d’une " grosse somme " affectée pour les travaux. C’est tout. La transparence n’est pas de mise au club vert et noir.

PAS DE TRASPARENCE

On sait seulement que le vendredi 24 janvier, Gabriel Amisi et tout son staff ont fait un tour au stade Tata Raphael dans la matinée. Question pour eux de se rendre compte de l’état d’avancement des travaux. A cette occasion aussi, les dirigeants du team vert et noir ont répondu à toutes les questions sans pour autant éclairer l’opinion sur le montant exact des travaux. Même le nom de l’entreprise commise pour les travaux demeure un secret, un tabou. " C’est nous-mêmes l’AS V. Club ", lâche Alex Tshamala wa Tshamala, l’architecte chargé de la supervision des travaux sans aller dans les détails ou évoquer le nom de l’entreprise.

Les trois heures passées sur le site en réfection n’ont pas permis à la presse de lever ne serait-ce qu’un coin du voile sur le montant affecté. L’opinion retiendra aussi que pour ce passage au stade Tata Raphaël, le staff dirigeant du club vert et noir a passé plus d’une heure d’échanges avec le gestionnaire du stade. Réunion à l’issue de laquelle rien n’a filtré. Rien de plus. Les ouvriers regroupés devant la salle où a eu lieu la rencontre n’avaient pas l’air satisfait et donnaient l’impression d’attendre une nouvelle du "patronat ". Voyant cet attroupement inhabituel, un proche du comité de V. Club, comme si il insinuait quelque chose, a lâché : " Nous ne voulons pas du syndicalisme ici ". Pris de peur on ne sait pour quel motif, les façonniers ont tous regagné leur poste de travail bien avant que Gabriel et les siens sortent de la réunion.

Là où le bât blesse, c’est l’attitude de la Fédération congolaise de football association (Fécofa). L’instance technique du football national ne communique pas non plus le montant alloué à la restauration du stade Tata Raphael. Interrogé quant à ce, le troisième vice-président de cette instance technique du football congolais s’est contenté d’affirmer que ces travaux sont déjà exécutés à hauteur de 70%. Bobo Bondembe déclare " qu’à ce stade, on attend que la commission de la Confédération africaine de football (CAF) donné son aval pour que les matchs soient disputés dans cette enceinte". Pas de transparence même à la Fécofa.

UNE REHABILITATION JUSTIFIEE

Quand bien même le montant de réfection du stade Tata Raphael est entouré d’un certain mythe, le délabrement de ses installations nécessite une réhabilitation. Le stade Tata Raphaël était dans un état de délabrement avancé et était transformé en un refuge de « Sans domicile fixe » (SDF) qui partageaient les lieux avec les " kuluna " et autres bandits. C’est pourquoi, l’architecte commis à la supervision des travaux explique que le premier souci est celui de débroussailler les gradins et les alentours du stade. 

Une centaine de supporters de V.club se sont mobilisés pour cette tâche, mais le travail est tellement énorme qu’il nécessite de grands moyens. C’est ici où les observateurs s’accordent à dire que seul V. Club ne dispose pas de moyens pour remettre ce stade en bon état. D’où l’appel au Gouvernement d’accompagner Gabriel Amisi dans cette démarche qui permet, non seulement à V. Club de se produire à Kinshasa, mais participe à l’encadrement de la jeunesse. En plus, le stade Tata Raphaël devra aussi abriter la phase retour du championnat national de la Division I qui s’ouvre dès le 2 février.

Actuellement, les travaux de réhabilitation du stade Tata Raphael consistent au débouchage des conduits d’eau et en la restauration des toilettes, des vestiaires repeints et équipés. La tribune d’honneur subit aussi une cure de jouvence. Le mur fissuré situé du côté de petit séminaire est en reconstruction. L’adjudication d’eau est rendue possible grâce à l’ingénierie des ouvriers. C’est à 250 mètres du quartier Matonge que le captage d’eau s’est fait. Cependant, éclairer l’ensemble du stade demeure un casse-tête. Seul jusque-là l’espace compris entre les deux vestiaires et les vestiaires est éclairé. Le local servant de retransmission de matches en direct est refait, mais les vitres cassées ne sont pas remplacées. Une plaque de la pelouse synthétique couvre désormais les deux caniveaux de deux côtés du terrain.

Autre défi à relever, le nettoyage de l’environnement du stade. Les mauvaises herbes et les plantes indésirables qui ont élu domicile dans les gradins et autour du stade offrent l’image d’une grande forêt abandonnée. Voilà pourquoi certains ouvriers se montrent pessimistes quant à la possibilité d’assainir complètement ces lieux dans le délai. "C’est difficile pour nous d’enlever toutes ces mauvaises herbes. Nous ne disposons pas des moyens adéquats ", déclare un ouvrier qui a requis l’anonymat au risque de voir son contrat résilié.

[Rachidi MABANDU]


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