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TP Mazembe : L'arbre qui cache la forêt des défaillances du football congolais et de la Fecofa

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image Moise Katumbi

Quel que soit l’amour qu’on porte au sport-roi dans notre pays, nombreux sont les fans de football qui n’ont pas versé des larmes pour l’élimination du TP Mazembe de Lubumbashi de la prestigieuse Ligue africaine des champions de la CAF. Le motif est simple : le club katangais était, jusque dimanche soir, l’arbre qui cachait la forêt des défaillances du football congolais et de la Fecofa, le baobab qui fait encore illusion face aux observateurs étrangers.

L’élimination de Mazembe n’aura pas été imméritée, loin de là : nettement battus (3-1) en Afrique du Sud, les Corbeaux lushois ont été incapables d’effacer leur handicap de deux buts au match-retour, alors que l’équipe sud-africaine a évolué en infériorité numérique pendant une grande partie du match et que les Congolais ont bénéficié de deux penalties (dont un sifflé dans les ultimes minutes de la rencontre). Non, le football congolais ne pouvait indéfiniment jouer aux illusionnistes. 

Cette élimination est conforme à la situation du football de notre pays dans lequel Mazembe, équipe organisée et outillée, n’est que l’exception qui confirme la règle, celle d’une Fecofa qui ne fait que collectionner des échecs depuis de nombreuses années déjà. Cette saison, Mazembe n’est que la énième équipe éjectée des compétitions continentales : Daring, V. Club et Don Bosco ont connu le même sort. Les Léopards (équipe nationale) ont, eux aussi, subi une déroute en terre sud-africaine lors de la dernière CAN et il n’est pas irréfléchi – bien au contraire – d’affirmer qu’une prochaine débâcle de l’équipe nationale en éliminatoires de la Coupe du Monde ne sera pas du tout une surprise, les ouailles de Claude Leroy sont déjà sur la corde raide après leur déconvenue contre la Libye au stade des Martyrs.

En fait, le TP Mazembe ne pouvait pas faire éternellement illusion, évoluant dans un championnat d’un niveau bas qui a contribué à cultiver chez les Lushois l’impression d’être invulnérables, alors même que la médiocrité du championnat de la Linafoot les tire forcément vers le bas. Et c’est ici qu’il faut pointer un doigt accusateur vers ceux qui dirigent le football congolais : qu’ont-ils fait à ce jour pour le rendre plus performant ?

La Fédération de football est devenue un repaire  de quelques « hommes forts » autour de l’indéboulonnable et très intrigant président Constant Omari. Avec quelques ténébreuses combines pour rester éternellement en place, quelques juteuses prébendes savamment redistribuées, quelques contrats léonins (comme ceux de ces médiocres joueurs et surtout entraîneurs ramenés d’Europe), Constant Omari dribble et sort toujours de toutes les débâcles qui sont son vrai bilan comme s’il avait, lui, remporté quelques victoires invisibles, quelques lauriers introuvables.

Et au bout du compte, sans qu’on ne comprenne vraiment comment, l’homme revient toujours et toujours, traînant la Fecofa selon sa fantaisie et ses intérêts, narguant les sportifs congolais. Qui a dit qu’en matière de gestion du football il n’y a ni orthodoxie ni démocratie ? Qui a dit que la République Démocratique du Congo ne peut que réciter l’évangile selon Constant Omari pour organiser son football ? Qui a dit que les élections à la Fecofa ne sont qu’une chimère, une vaste blague avec Constant Omari comme inamovible ordonnateur et metteur en scène attitré ?

Sur un plan global, il faut prendre le courage de repenser notre football, même si cela passe par le gel de nos participations aux compétitions internationales pendant un certain temps pour « faire le point ». En plus, étant donné que notre fédération, nos footballeurs et nos équipes de foot sont privilégiés comme dépensiers des deniers publics, il faut qu’ils rendent des comptes comme tout justiciable en mission de service. A cet égard, comment les responsables nationaux du sport ne peuvent-ils pas prendre exemple sur l’entraîneur de Mazembe dont on connaît les mérites et qui n’a pas hésité à endosser la responsabilité de la débâcle de son équipe ? 

Assurément, le football congolais a besoin d’un souffle nouveau, de nouvelles idées, de nouvelles têtes, d’une nouvelle façon de faire. C’est à ce prix seulement qu’il peut redécoller. Sinon, on sera obligé de constater qu’en réalité, la plus haute autorité du sport national n’œuvre pas pour le bien du football congolais, mais pour le triomphe de quelques coteries. Il existe des pays africains qui ont pris le courage d’heurter frontalement les autorités de la Fifa et de la Caf (qui, du reste, ne prêchent pas par l’exemplarité de leur gestion) pour restaurer la probité et la bonne morale dans l’organisation de leur football. Ce sont ces vertus qui amènent au travail bien fait et à la victoire, mais ça, Constant Omari et les siens l’ignorent superbement. Cependant, ils ne pourront garder la même posture après la cascade des déroutes dont celle de Mazembe n’est que la plus récente. Peut-être pas la dernière…

NGAKI Kosi J.M.  (Correspondance particulière)


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