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RDC : Le gouvernement en guerre contre les pratiques maffieuses dans le football

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image Eugène Kabongo Ngoy

Face à l’attitude des dirigeants du sport-roi (football) qui refusent de rendre compte de l’utilisation des fonds publics, le gouvernement est allé en guerre contre les pratiques maffieuses, souvent couvertes par la FIFA.

La réunion hebdomadaire de la troïka stratégique, qui s’est tenue au lendemain de la débâcle de l’équipe nationale de football, les Léopards, face à l’équipe correspondante de la Libye, a tourné  autour de la qualité de la dépense publique.  A cette occasion, le gouvernement qui veut s’assurer que le 1 franc congolais dépensé par l’Etat contribue, non seulement à faire tourner l’Etat, mais aussi à consolider la croissance économique, a décidé d’aller à la conquête d’une tour bien gardée et où des pratiques maffieuses, souvent  couvertes par la Fédération internationale de football association (FIFA), ont élu  domicile.

En effet, tout le monde est unanime de reconnaître que, d’une manière générale, le sport en RDC est malade depuis des années. La participation de la plupart des disciplines à l’échelon international est décevante. Outre les titres remportés par les Léopards sous la deuxième République, le dernier sacre avec l’équipe nationale junior remonte à quatre ans, soit le 8 mars 2009. Comble de malheur, le pays a été absent de deux éditions de la Coupe d’Afrique des Nations (CAF).

Suite à cette débâcle due à la désorganisation du sport, l’opinion s’interroge sur la participation ou non de la République démocratique du Congo aux prochaines compétitions sportives. Car, comme l’a indiqué le vice-Premier ministre Daniel Mukoko à l’issue de la  réunion hebdomadaire de la troïka stratégique, le secteur des sports est entièrement  financé par le Trésor public. Naturellement, il ne peut qu’être  ainsi d’autant plus qu’on défend les couleurs nationales.

Mais là où le bât blesse, c’est lorsque les disciplines qui participent aux compétitions internationales font piètre figure et que les dirigeants refusent de rendre  compte  de l’utilisation de l’argent qui ne leur appartient pas. Cette indiscipline mérite un châtiment exemplaire.

HALTE AU  SACRO-SAINT PRINCIPE  DE LA FIFA

En matière de participation des équipes nationales aux compétitions internationales, c’est au gouvernement de prendre charge financièrement les athlètes de la discipline qui participent à la compétition. Et la République  démocratique  du Congo s’est toujours voulue respectueuse du principe.  Malheureusement, en retour les dirigeants qui perçoivent des fonds refusent de rendre compte de leur gestion. La participation des Léopards seniors à la 29è édition de la Can Afrique du Sud 2013 vient d’en donner la preuve.

C’est pourquoi, conscient de problèmes de tous ordres auxquels il est confronté  et qui nécessitent des solutions urgentes, le gouvernement Matata vient, cette fois-ci, de taper du poing sur la table. Pour le Premier ministre, tout  franc congolais engagé par l’Etat dans les sports doit désormais être  justifié. Et les personnes visées sont  plus les dirigeants de la Fédération  congolaise de football association. Ces derniers qui se cabrent derrière la FIFA estiment qu’ils n’ont des comptes à rendre à personne, même pas au bailleur de fonds qu’est le gouvernement. Mais, Matata Ponyo qui ne s’ingère nullement dans la gestion des sports, tient à avoir un droit de regard, parce qu’il s’agit des deniers publics. « Le gouvernement a le droit de poser des questions lorsqu’il y a des pratiques qui ne paraissent pas conformes à l’orthodoxie de gestion ». A travers cette décision, on croit comprendre que le gouvernement de la RDC est déterminé à mettre fin au sacro-saint principe de la FIFA taillé sur mesure.

POUR UN CHATIMENT EXEMPLAIRE

Bien que son réveil soit tardif, le gouvernement de la République démocratique du Congo doit aller de l’avant en ce qui concerne l’application  de sa décision relative à l’utilisation des fonds publics.

En sa qualité de bailleur de  fonds, il ne peut en aucun cas hésiter de châtier sévèrement les mauvais gestionnaires des fédérations sportives.  Il est, par exemple, inimaginable d’apprendre qu’un dirigeant de la Fédération congolaise de football association (Fecofa) refuse de faire rapport de la participation de l’équipe nationale à la CAN 2013 en Afrique du Sud. C’est inacceptable. L’Etat doit, par conséquent, prendre des dispositions qui s’imposent pour un tel comportement.

[VERON-CLEMENT KONGO]


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