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RDC : Le TP Mazembe vient d’acquérir un aéronef !

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image Trésor Mputu

Une première en République démocratique du Congo et en Afrique. Un avion pour TP Mazembe, un geste qui interpelle.

Qu’une équipe de football se tape un avion pour ses déplacements, ce serait un fait divers qui ne soulèverait pas de foules. Mais que le geste soit posé en République démocratique du Congo, un pays aux immenses ressources et talents sportifs, mais qui occupe une place peu honorable dans le palmarès de meilleures équipes de football dans le monde, selon le classement FIFA, et qu’en plus qu’il s’agisse d’une première en Afrique, le geste change tout. Il interpelle toutes les consciences sereines.

Le TP Mazembe, équipe de football de la ligue d’honneur de la République démocratique du Congo, vice-champion du monde, vient d’acquérir un aéronef. Grâce aux efforts de son staff dirigeant, et plus particulièrement de son président, Moïse Katumbi Chapwe, ce fait insolite a été réalisé. Des efforts qui ont été accompagnés par les responsables de la Banque commerciale et de développement du Congo, BCDC, qui ont soutenu financièrement cette initiative très encourageante.

Une première en République démocratique du Congo et en Afrique. Un fait sans précédent quand on sait que le football en Afrique, même s’il commence à nourrir son homme, navigue toujours à vue. Le football africain accuse encore un retard considérable par rapport au football européen et sud-américain. Et pourtant, dans les stades européens, ce sont les footballeurs africains qui font la pluie et le beau temps. De véritables talents à revendre au point que les recruteurs ne résistent plus à leurs charmes. Même les pays arabes avec leurs pétro-dollars n’hésitent plus à traverser mers et océans pour débarquer en Afrique et s’approprier ces « pépites d’or », ces orfèvres qui soulèvent des foules dans des stades.

Le football africain est de plus en plus exportable. Mais qu’est-ce que l’Afrique gagne en retour ? Certes, en finale des Coupes du monde de football, son quota est revu à la hausse. Bien plus, l’Afrique du Sud, un pays africain, a réussi à organiser avec brio en 2010 une finale de la Coupe du monde de football, donnant ainsi un autre visage de l’Afrique. Ce n’est pas assez.

UN SECTEUR PRODUCTEUR

Un avion pour Mazembe demeure une première qui dépasse les frontières sportives. Une première qui pose la problématique de ce concept : organisation. Un concept mal utilisé et un mal dont souffre le football congolais et africain, au-delà, tous les secteurs de la vie nationale.

Réduit à la dimension de «loisir», le football, mieux, le sport reste incontestablement un secteur vital de la vie nationale en plus de ce fait qu’il est multisectoriel : un fait social, économique, diplomatique, culturel… Il s’agit donc d’un secteur producteur à même de générer des ressources indispensables à tout pays pour son développement.

Pour demeurer plus près de nous, l’Afrique du Sud est aujourd’hui mieux connu dans le monde à cause de son football ainsi que de l’organisation qui a entouré cette manifestation sportive. Après la finale de 2010, des investisseurs se bousculent au portillon. Ils explorent d’autres domaines où l’Afrique du Sud offre plusieurs opportunités d’investissements. Le tourisme a pris ainsi de l’ampleur tant l’Afrique du Sud dispose des lieux historiques, des plages attrayantes et attirantes, une faune et une flore exubérantes dont raffolent les puristes de la nature. En retour, le pays y gagne par des rentrées de devises qui renforcent et sécurisent les réserves nationales. Par conséquent, le pays peut se permettre de donner un nouveau souffle à la production interne. Il dispose désormais des « fonds souverains » qui font que par ces temps qui courent, l’Afrique du Sud fait partie des pays émergents. Le football en particulier, le sport en général, demeure donc un secteur producteur à ne point négliger.

DES REFORMES COURAGEUSES

Mais pour donner une impulsion génératrice de progrès et de recettes, le chemin passe par la mise en place d’une « organisation véritable » et qui s’appuie sur le management. En des termes plus précis, les réformes doivent être courageuses, mieux réfléchies et qui touchent toutes les couches productrices.

S’il faut demeurer dans ce secteur du football et du sport, la restructuration des fédérations devient une urgence, une nécessité. Une restructuration qui mettrait un accent particulier sur le « Statut du football » congolais. Une façon d’évaluer des voies et moyens susceptibles d’embrasser le professionnalisme. Que les équipes de football, en tant que sport-roi, soient dirigées à l’image des entreprises, s’engageant ainsi sur la voie du progrès.

Une restructuration qui permettrait aux footballeurs déjà professionnels d’être redevables vis-à-vis du Trésor public en rapatriant une partie de leurs revenus sous forme d’impôts. Une façon de neutraliser ces différents réseaux négatifs de transferts des joueurs vers d’autres cieux et qui n’enrichissent que leurs auteurs.

Des réformes qui auront pour conséquence positive l’élaboration d’une « politique sportive » avec ses corollaires. Notamment la construction et l’amélioration des infrastructures sportives, l’introduction de la pratique obligatoire du sport dans l’armée, la police, les écoles, les instituts supérieurs et universités avec au bout du tunnel l’organisation des championnats intersectoriels visant l’éclosion des valeurs sportives encore inconnues.

VISION ECONOMIQUE, VISION POLITIQUE

Il ne s’agit point d’inventer la roue. Il suffit tout simplement de se doter d’une vision globale de la gestion d’un pays. Pas une vision étriquée pour s’embrouiller par la suite et se contenter des résultats immédiats qui ne sont qu’illusion. L’organisation correcte que l’on appelle de tous les vœux est tributaire d’une bonne vision économique pour mieux sous-tendre toute vision politique qui mettrait en œuvre des réformes courageuses.

Voilà pourquoi le fait que Mazembe se dote d’un avion interpelle les consciences sereines. Une meilleure interprétation de cette première en RDC et en Afrique ouvrirait la porte à d’autres opportunités porteuses d’espoir.

Par Freddy Monsa Iyaka Duku


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on 21/10/2011 22:14:55
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Est ce boyebi te ete mazembe aza vice champion du monde! bokoki ko compare ye na ba equipe mususu te ! mpo ete aza deja vice champio de club. Tika ye azala na Avion. Bravo TP Go ahaed don't give up...
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Nestor on 26/09/2011 07:29:16
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@dede,
Un avion est un investissement qu'un petit club comme Mazembe ne peut entretenir par ses recettes. Car c'est de cela qu'il s'agit et pas d'autres choses. Ce sont de pacotilles de rien du tout. Un avion n'est pas un investissement pour un club de foot plutôt qu'un actif qui incite aux dépenses parfois énormes. Construire un stade digne, ça c'est louable, et y joindre des infrastructures professionnelles c'est mieux. Mais si tout cela est impersonalisé c'est encore mieux. Les joueurs les mieux payés en Europe n'ont pas des avions, ils louent des jets privés. C'est plus rentable pour eux; comme quoi ils ne sont pas aussi im-béciles qu'on le pense. C'est bien l'utilité qui se pose ici.
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dede on 26/09/2011 01:41:11
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est-ce que vous savez combien ils depensent pour leur transport,surtout lorsqu'ils sont parfois oblge's de commander des vols speciaux....cet achat est a encourager et leur permettra d'economiser l'argent tout en les epargnant du stress de transport....En Europe certains joueurs ont leur propre avion
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Muana mboka on 25/09/2011 22:44:02
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Les gents aimes trop parler nous on est en france le congo est loin mazembe a deja un stade en chantier pendant mon sejour au congo j'observer cet equipe et bien organiser.les magrebiens complotent contre mazembe. n'oublions pa quil sont finaliste au mondial d club face a l'inter de milan bel prestation ambitieux.j aprecie les efort des dirigents du tp.la caf doit d isa yayatu doit soutenir ses genre d'equipe au lien de contribuer a le destabiliser et le detruire comme il font avec de disqualification et suspension de un an donner au jouer du jamais vu.putain caf. Fifa bravo
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kazzo on 24/09/2011 09:43:06
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BO TANGA EXTRAIT YA ARTICLE YA COLLECT BRAECKMAN NA LE SOIR 31 MARS 2009 OYO PE BO EXPLIQUER BISO NDENGE NINI MOISE NA SOCIETE NA YE MCK ASALA PO AZUA 80% YA GECAMINES MERçI BONNE LECTURE
» Revenu au Katanga, Katumbi crée la société MCK (Mining Company Katanga) qui participe à la privatisation de la Gecamines en obtenant trois gisements miniers importants, à Kinsevere, Tshifufia et Nambulwa, au nord est de Lubumbashi. Le modèle de partenariat est un classique du genre : la Gecamines garde 20% des parts, et MCK en obtient 80%. Le contrat d’amodiation (location) prévoit la mise en exploitation du gisement de cuivre et de cobalt. Par la suite, Katumbi revendra ses parts à la société australienne Anvil Mining et, selon le journal congolais « La Conscience », les diverses étapes de l’opération lui rapporteront 61, 3 millions de dollars, Anvil considérant que la seule mine de Kinsevere contient 1,6 millions de tonnes de cuivre exploitables.
La contribution d’Anvil Mining donnera à Katumbi les moyens de financer une campagne électorale à l’américaine, dont bénéficiera aussi Joseph Kabila.(Congomikili)
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Léonard on 24/09/2011 04:11:19
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Mêmes Barcelone, Réal de Madrid, Manchester, Chelsea,... n'ont pas d'avions avec leurs budgets proche de milliards d'euros. Une équipe qui n'a même pas un stade ni une équipe de foot, ni accéder au professionnalisme... Quel choix ? C'est à l'image du Congo
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