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RDC : Moïse KATUMBI, l’homme à abattre

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image Moise KATUMBI CHAPWE

La succession des événements ne laisse plus l’ombre d’un doute. La majorité au pouvoir veut en découdre coûte que coûte avec celui qui passe aujourd’hui pour l’homme à abattre, ci-devant Moïse Katumbi Chapwe. Le dernier fait en date qui démontre l’installation d’un climat de terreur dans l’ex-Katanga assorti d’un régime répressif est cette dispersion, dans une violence inouïe, des fans du TP Mazembe. Ceux-ci ont été empêchés d’accéder à leur stade où un échange avec le président de « Badiangwena » était attendu après un match d’entraînement du club champion de l’édition 2015 de la Champion’s league de la CAF. Tous recoupements faits, il ressort que l’ancien gouverneur du Katanga est dans le viseur du régime en place.

Ce qui est arrivé hier mardi 1er décembre à Lubumbashi ne surprend pas les observateurs avisés de la situation politique qui prévaut en RDC depuis quelque temps. Car, la personne visée à travers les violences qui ont émaillé la dispersion des fans du TP Mazembe n’est autre que Moïse Katumbi Chapwe, président de cet illustre club qui fait aujourd’hui la fierté de la RDC et du continent africain. Le TP Mazembe vient de signer son cinquième sacre en remportant en novembre dernier la 19ème édition (2015) de la Champion’s league de la CAF (Confédération africaine de football).

A ce titre, il va représenter le continent africain au championnat du monde des clubs champions prévu au Japon au cours de ce mois de décembre. Quoi de plus normal que le TP Mazembe affûte ses armes et se prépare en conséquence. C’est dans cet ordre d’idées que la rencontre d’hier mardi avait été projetée. Au programme figuraient un match d’entraînement entre l’équipe A et l’équipe B, un speech du président et un échange avec les fans en termes de bilan et de perspectives d’avenir. A noter que cette rencontre est rentrée dans les coutumes des Badiangwena depuis l’arrivée de Moïse Katumbi Chapwe à la tête du TP Mazembe.

Voilà que cette fête de famille des Noir et blanc, annoncée au moyen d’un communiqué officiel plusieurs heures auparavant, a été gâchée pour des raisons non apparentes. Selon des sources contactées sur place à Lubumbashi, la ville minière a vécu une scène digne d’un film hollywodien. Tôt le matin, tout le périmètre du stade TP Mazembe a été pris d’assaut par un important déploiement de la police et d’éléments des FARDC. L’instruction était sans appel : pas d’accès au stade. Même le personnel a été empêché de sortir du temple des Badiangwena, situé dans la commune de Kamolondo.

En d’autres termes, les fans du TP Mazembe étaient privés de leur droit, celui de rentrer librement dans leur stade pour assister aux activités de leur club chéri. En revanche, ils ont eu droit à des tirs de sommation à balles réelles, aux gaz lacrymogènes, aux coups et blessures ainsi qu’à des arrestations. Il ne reste plus qu’à se demander si dans l’entendement des pouvoirs publics les activités sportives au Katanga auraient un caractère politique.

Tous les observateurs sont formels : rien ne pouvait justifier pareille interdiction qui s’apparente à une restriction volontaire des droits et libertés fondamentales. Ils sont d’avis que toute invocation sécuritaire ne tiendrait pas debout dans la mesure où ce qui est interdit ici n’est d’application générale sur l’ensemble du territoire national. Et dans le cas d’espèce, la moindre des choses (ou de précautions) aurait été d’accompagner les initiateurs afin de parer à toute éventualité et de rudoyer, violenter de paisibles citoyens tout simplement parce qu’ils ont choisi librement de supporter le TP Mazembe.

A tout prendre, ce qui s’est passé mardi 1er décembre  à Lubumbashi donne raison à tous ceux qui affirment que la majorité au pouvoir cherche à instaurer un régime de terreur dans l’ex-Katanga en multipliant des actes de répression et de restriction des libertés. Mais aussi à ceux qui estiment que tous les actes posés par les autorités tant provinciales que nationales n’auraient pour cible que l’ancien gouverneur du Katanga dont le péché est d’avoir rejoint l’Opposition en quittant le PPRD qui se considère comme la proue du bateau MP.

Par ailleurs, des sources ayant requis l’anonymat ont rapporté à notre Rédaction qu’après la dispersion suivie d’arrestations des fans du TP Mazembe, une cinquantaine de jeunes gens se sont retrouvés comme par enchantement devant la résidence de Moïse Katumbi au quartier Golf. Comment ont-ils pu réussir pareil rassemblement et depuis quel point de la commune de Lubumbashi, quand ont sait que toute la ville était quadrillée ? That’s the question. 

Il est vrai que la majorité au pouvoir aura beau fait de minimiser cette répression mais, a-t-elle l’idée des répercussions de cet acte sur le plan continental et international ? Un club de football qui a porté haut le flambeau national au niveau mondial est traité à domicile comme le dernier des malfrats. Bien plus, comment convaincre l’opinion nationale et internationale sur l’assainissement du climat politique avant la tenue du dialogue que le chef de la majorité présidentielle vient de convoquer ?

Le pays n’a pas besoin de feu et de flamme à la veille des élections destinées à consacrer l’alternance au sommet de l’Etat. C’est plutôt la paix, la cohésion nationale, le consensus et la défense des acquis de la démocratie qui sont requis. Violer la Constitution et les lois du pays dans le seul but de tuer politiquement un adversaire n’est pas de bon aloi. C’est cela aussi le respect des standards internationaux. 

[lePotentiel]


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