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RDC : Le Maniema est la province la plus touchée par la malnutrition et l’infection au VIH/SIDA

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Triste réalité, la situation nutritionnelle et celle de l’infection à VIH/SIDA  sont plus qu’ inquiétantes dans la province du Maniema, alerte la communauté humanitaire. Les résultats des enquêtes nutritionnelles réalisées par le Programme national de nutrition  (PRONANUT) au mois d’août et septembre dernier, révèlent  que le Maniema est la province la plus touchée par la malnutrition en République démocratique du Congo.

Sur  sept territoires que compte la province, cinq territoires notamment : Kabambare, Kailo, Kibombo, Lubutu et Punia, ont enregistré des taux de malnutrition aigüe globale (MAG) allant de 10,1% à 17% et des taux de malnutrition aigüe sévère (MAS)  variant entre 6,6% et 10,6 %.  Ces taux, souligne-t-on, sont au-dessus des seuils d’alerte de la malnutrition en RDC.

En ce qui concerne l’infection au VIH-SIDA, la dernière enquête démographique et de santé (EDS 2013 – 2014) renseigne  que la province du Maniema enregistre un taux d’infection à VIH-SIDA trois fois plus important que la moyenne nationale , soit  4% contre une moyenne nationale de 1,2%.

Cette enquête nationale  indique surtout  que, seulement  moins de la moitié de  la population du Maniema (40%) a accès à l’eau potable  et aux toilettes hygiéniques.  A cette faible couverture en eau potable s’ajoute également une situation d’insécurité  alimentaire chronique qui a atteint la phase d’urgence alimentaire dans le territoire de  Punia selon le 11èmee cycle  de l’IPC de juin 2014.

Evidemment, rapportent des sources humanitaires, la combinaison de ces différents facteurs expose la population à une situation de vulnérabilité qui nécessite des  interventions conséquentes tant sur le plan humanitaire que sur le plan de développement.

L’autre situation qui prévaut à Maniema, c’est le mouvement des populations enregistré dans cette province. Plus de 2 000 personnes (soit 424 ménages) se sont déplacées vers les localités de Kananga, Lwenga, Bitotokwa, Lokolya et Fungamukaba, dans le territoire de Punia, au début du mois de novembre dernier.

Ces personnes, rapportent des sources  humanitaires locales, ont fui des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les miliciens Maï-Maï Rahiya Mutomboki dans le secteur  de Babira-Bakwame dans le territoire de Punia.

Ce mouvement des populations a débuté depuis le mois d’avril dernier, période à laquelle  plus  de 19 000 personnes déplacées fuyant les exactions des combattants Maï-Maï Rahiya Mutomboki ont trouvé refuge dans le secteur de  Babira-Bakwami.

Pour la plupart disposant d’aucune ressource financière, ces déplacés internes ont bénéficié d’un appui médical fourni par l’Ong Médecins sans Frontières (MSF) en juillet dernier, dans les localités où ils étaient accueillis.

Des déplacés de Babira-Bakwame expriment de besoins en vivres et en articles ménagers essentiels (AME)

Une assistance humanitaire est la bienvenue. Les 19 750 personnes déplacées du secteur de Babira-Bakwame dans le territoire de Punia, rappelle-t-on, ont besoin d’une assistance en vivres et en articles ménagers essentiels (AME). Ces personnes ont fui des exactions des miliciens Maï-Maï Rahiya Mutomboki entre avril et novembre dernier et n’ont pas encore bénéficié d’une assistance  en vivres et AME alors qu’ils ont trouvé refuge dans un territoire en phase d’urgence alimentaire selon le 11ème cycle de l’IPC de juin 2014.

Par ailleurs, dans le cadre de  réponse aux multiples problèmes de protection et de santé des victimes survivantes des violences sexuelles, annonce-t-on,  Heal Africa  pourra intervenir à partir de janvier 2015 dans  les aires de santé situées le long de l’axe routier Lubutu-Punia, en passant par Obokote. En fait, ce projet d’une année, précise-t-on, bénéficiera d’un appui financier de la Banque allemande  de développement (KFW) à travers WHH (Welthungerhilfe/Agro Action Allemande). Il se focalisera sur la prise en charge médicale (exclus les soins spécialisés) des survivantes des SGBV ainsi que sur la prévention de ces  violences en mettant en place une nouvelle approche dite de   » Masculinité Positive « .

Cette nouvelle approche implique des hommes comme agents de promotion de l’équité du genre, ce qui aura l’avantage de nuancer la perception négative d’auteurs des violences.

Toujours dans la province de Maniema, sur le plan sanitaire, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) attire l’attention des autorités nationales et des partenaires du secteur, sur la persistance de cas de rougeole dans la zone de santé de Samba.

Du 1er au 23 novembre dernier, indique-t-on, cette zone de santé  a enregistré 137 cas de rougeole, heureusement  il y a eu  aucun décès déploré.  Les acteurs de la santé attendent les résultats des échantillons envoyés à l’INRB pour confirmer la persistance ou non du virus de rougeole.

Pratiquement dans la même période, une fièvre avec anémie et polype nasale a été observée chez les enfants de  moins de 5 ans dans la zone de santé de Kailo. Cette fièvre est attribuée au paludisme pendant que l’OMS rapporte l’insuffisance de test de diagnostic rapide du paludisme, de réactifs non colorant pour goutte épaisse ainsi que le manque des médicaments pour prise en charge de paludisme simple et grave dans les différentes zones de santé.

Ainsi, pour une charge efficiente ces enfants infectés, l’OMS appelle les partenaires de santé à renforcer l’appui à la politique nationale de lutte contre le paludisme dans le Maniema.

Dovin Ntelolo Diasonga


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