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Ebola : Le communiqué du G20 ne révèle aucun engagement financier tangible

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image G20 Brisbane 2014

Les membres du G20 ont dit "s'engager à faire tout ce qu'il faut pour éradiquer l'épidémie et à couvrir ses conséquences économiques et humanitaires à moyen terme", selon un communiqué publié au premier jour du sommet de Brisbane, dans l'est de l'Australie. Mais le texte ne révèle aucun engagement financier tangible, disant seulement que les pays du G20 vont "travailler via des coopérations bilatérales, régionales et multilatérales, et en collaboration avec des acteurs non gouvernementaux". Ils "saluent l'initiative du FMI de débloquer 300 millions de dollars supplémentaires pour endiguer Ebola et réduire les pressions sur la Guinée, le Liberia et le Sierra Leone, à travers des prêts préférentiels, réductions de dette et subventions".

Les pays les plus riches du monde réunis au G20 en Australie se sont engagés samedi à "éradiquer" l'épidémie d'Ebola qui a fait plus de 5. 000 morts en Afrique de l'Ouest et touche désormais un autre pays de la région, le Mali.

Alors qu'il était resté globalement épargné jusque-là avec un unique décès, le Mali a annoncé vendredi avoir enregistré en trois jours trois morts sur quatre cas de la fièvre hémorragique et placé plus de 250 personnes sous surveillance.

Cette nouvelle a relancé l'inquiétude même si Kinshasa a par ailleurs annoncé samedi la fin d'une plus petite flambée d'Ebola qui a fait une cinquantaine de morts dans une zone isolée de la République démocratique du Congo.

De leur côté, les membres du G20 ont dit "s'engager à faire tout ce qu'il faut pour éradiquer l'épidémie et à couvrir ses conséquences économiques et humanitaires à moyen terme", selon un communiqué publié au premier jour du sommet de Brisbane, dans l'est de l'Australie.

Mais le texte ne révèle aucun engagement financier tangible, disant seulement que les pays du G20 vont "travailler via des coopérations bilatérales, régionales et multilatérales, et en collaboration avec des acteurs non gouvernementaux".

Ils "saluent l'initiative du FMI de débloquer 300 millions de dollars supplémentaires pour endiguer Ebola et réduire les pressions sur la Guinée, le Liberia et le Sierra Leone, à travers des prêts préférentiels, réductions de dette et subventions".

Avant l'ouverture du sommet, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, présent au G20, avait insisté sur "la nécessité d'intensifier la réponse internationale".

Le Togo, qui coordonne la lutte contre Ebola en Afrique de l'Ouest, a lui aussi exhorté la communauté internationale à "ne pas relâcher l'effort".

Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié vendredi, l'épidémie a fait 5. 177 morts sur 14. 413 cas dans huit pays, les plus touchés étant la Guinée, le Liberia et le Sierra Leone.

Une bonne nouvelle est venue samedi de RDC où le ministre de la Santé, Félix Kabange Numbi, a annoncé la fin de l?épidémie 42 jours après l'enregistrement du dernier malade, soit deux fois la période d'incubation.

Mais le décès ces derniers jours au Mali de trois personnes sur quatre testées positives à l'Ebola, après une toute première victime fin octobre, fait craindre une propagation de l'épidémie à ce vaste pays d'Afrique de l'Ouest.

Cette hypothèse a été jugée "inquiétante" par la France qui a dépêché d'urgence au Mali la secrétaire d'Etat chargée du Développement, Annick Girardin, et a demandé à ses ressortissants d'éviter de se rendre à Bamako et Kayes, dans l'ouest du Mali.

La France qui abrite une importante communauté malienne a également étendu samedi ses contrôles dans les aéroports parisiens aux passagers en provenance de Bamako.

"Pas suffisant"

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta s'est félicité samedi de l'appui de la France pour "bouter" Ebola hors de son pays et d'Afrique, dans une déclaration à la presse.

Réagissant à l'annonce du G20, des ONG se sont déclarées sceptiques, voire "très déçues", à l'image d'Oxfam.

Cette dernière a estimé qu'il y a avait "un vrai risque que la bonne volonté du G20 et ses préoccupations ne débouchent sur pas grand chose de concret pour ceux dont la vie est menacée, au Sierra Leone, au Liberia et en Guinée".

L'organisation ONE a relevé pour sa part que l'engagement du G20 n'était "pas suffisant au regard de l?ampleur de la crise".

"Où sont les actions concrètes sur lesquelles s?engage chaque Etat membre du G20 pour contrôler l?épidémie et aider les pays à se remettre de cette crise?", a interrogé Friederike Röder, directrice de ONE France parlant pour l'ensemble de l'organisation.

D'autres se sont mobilisés. A Londres une trentaine de vedettes du rock et de la pop britanniques ont commencé à enregistrer une chanson destinée à lever des fonds.

Bono, Chris Martin, Harry Stiles de One Direction et Robert Plant ont répondu à l'appel de Bob Geldof, le chanteur irlandais qui a ressuscité le Band Aid 30 ans après l'avoir créé pour lutter à l'époque contre la famine en Ethiopie.

Par ailleurs, le Sénégal, qui avait fermé le 21 août ses espaces aérien et maritime aux avions et bateaux en provenance de Guinée, Liberia et Sierra Leone en raison de l'épidémie, a annoncé vendredi leur réouverture partielle.

Le Liberia, pays le plus touché par l'épidémie, avait franchi jeudi une étape décisive avec la levée de l'état d'urgence, après le net ralentissement de la propagation d'Ebola dans le pays et l'annonce de premiers essais de traitements clinique du virus.

Enfin, le ministère russe de la Défense a annoncé que Moscou allait envoyer "rapidement" un hôpital de campagne et des médicaments en Guinée, l'un des pays les plus touchés par l’épidémie.

29 millions d'euros pour aider l'Afrique occidentale à lutter contre Ebola

La Commission européenne a annoncé lundi une nouvelle enveloppe de 29 millions d'euros pour aider l'Afrique occidentale à lutter contre Ebola, alors que l'épidémie a gagné le Mali, où la Croix-Rouge internationale a annoncé l'envoi d'experts.

Sur le total des nouveaux crédits dégagés, 12 millions d'euros sont destinés à "aider les Etats voisins des pays touchés à se préparer au risque d'une épidémie via la mise en place d'une détection précoce et de mesures de sensibilisation du public", a précisé la Commission dans un communiqué.

Dernier pays gagné par l'épidémie, le Mali est voisin, tout comme le Sénégal et la Côte d'Ivoire, avec le centre de l'épidémie, qui regroupe Guinée, Sierra Leone et le Libéria.

La Croix-Rouge internationale devait y dépêcher "dès lundi une équipe d'experts internationaux, pour assister la Croix-Rouge locale à planifier les opérations permettant de contenir" l'épidémie, a pour sa part annoncé un de ses responsables, Birt Hald.

"Nous menons des missions de préparation dans tous les pays alentours" des zones touchées, a-t-il souligné dans un point de presse à Bruxelles.

Limitrophe de la Guinée, le Mali a mis sous surveillance sanitaire lundi plus de 440 personnes, après avoir enregistré quatre morts sur cinq cas, tous liés à un homme et une fillette venus de Guinée.

Après la France, les Etats-Unis ont étendu lundi leurs mesures de contrôle aux passagers des vols en provenance de ce pays.

Les 17 millions restants dégagés lundi par la Commission européenne vont s'ajouter aux crédits jusque là débloqués en faveur des trois pays foyers de l'épidémie. Ils financeront le transport d'équipements, les éventuelles opérations de rapatriement des humanitaires étrangers et la formation de personnel soignant sur place, a précisé la Commission.

La Commission a ainsi porté à 373 millions le total des fonds consacrés à la lutte contre Ebola après une mission sur place la semaine dernière de ses commissaires au Développement et à la Santé, Christos Stylianides et Andriukatis Vytenis.

La contribution promise au total par l'Union européenne dépasse un milliard d'euros, mais nombre d'ONG, ainsi que la Croix-Rouge dénoncent des versements qui tardent à se concrétiser.

Il n'y a pas de traitement connu contre Ebola, une fièvre hémorragique extrêmement virulente, mais plusieurs médicaments sont actuellement testés. L'épidémie actuelle en Afrique de l'Ouest, la plus grave depuis la découverte du virus en 1976, a déjà fait plus de 5. 160 morts essentiellement en Guinée, Sierra Leone et au Liberia.

[Afp]


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