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RDC : Retour d'Ebola dite « Zaïre »

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image Joseph KABILA - President sortant de la RDC.

Six des huit prélèvements effectués sur des malades en République démocratique du Congo se sont révélés positifs au virus Ebola. Depuis le 11 août, 13 personnes sont mortes dans un secteur reculé de la province de l'Equateur, à plus de 1 000 km au Nord-est de Kinshasa. Les examens approfondis ont permis de confirmer que la souche de la maladie en RDC est bien celle, dite «Zaïre». Eric Leroy, directeur général du Centre international de recherches médicales, le laboratoire de Franceville, au Gabon, qui a réalisé le diagnostic, s’était confié à RFI, coupant court à une quelconque connexion avec l’épidémie qui sévit en Afrique de l’Ouest.

Votre laboratoire a analysé les prélèvements effectués sur les malades en République démocratique du Congo. Les résultats sont définitifs, quels sont-ils ?

Notre laboratoire a été requis en tant que centre collaborateur OMS pour diagnostiquer la fièvre hémorragique virale et donc le virus Ebola et effectivement on a confirmé les résultats obtenus par Kinshasa et donc nous avons confirmé les résultats positifs au virus Ebola Zaïre. Pour l’instant on est à l’étape de diagnostic, qui consiste juste à identifier ou non le virus Ebola à l’intérieur des prélèvements biologiques et à identifier l’espèce.

Vous savez que le virus Ebola est subdivisé en cinq espèces : Soudan, Zaïre, Côte d’Ivoire, Reston et Bundibugyo et nos systèmes nous permettent justement de différencier l’espèce. Après pour la caractérisation de la souche elle-même, on est obligé d’attendre le résultat du séquençage c'est-à-dire la caractérisation de toute la séquence du génome du virus. Là le test nous a montré qu’il s’agissait de l’espèce Zaïre et maintenant pour avoir une caractérisation plus fine de la souche, on est obligé d’attendre le séquençage que nous obtiendrons, je l'espère, d’ici le week-end.

Combien de prélèvements exactement avez-vous reçus et d’où viennent-ils ?

Nous avons reçu huit échantillons biologiques qui viennent de l’INRB (l’Institut national de recherches biomédicales à Kinshasa) qui avait effectué les premières analyses. Les huit échantillons biologiques proviennent évidemment de huit patients de la zone touchée et sur ces huit échantillons biologiques, nous avons confirmé la présence du virus Ebola dans six d’entre eux. Les deux autres, ça peut-être tout à fait une autre maladie car il faut savoir qu’Ebola exprime des symptômes qui sont tout à fait communs contrairement à ce qu’on pense et qui peuvent être confondus avec beaucoup d’autres maladies comme un simple paludisme, une gastro-entérite et puis la typhoïde. Enfin, il y a beaucoup d’autres maladies qui ressemblent à l'infection par le virus Ebola.

Est-ce qu’on peut dire que cette souche est différente quand même de la souche qui sévit actuellement en Afrique de l’Ouest ?

Tant qu’on n’a pas le résultat du séquençage, on ne peut pas être affirmatif à 100%, mais vu le contexte de l’apparition de ces derniers cas, il est quand même très fortement probable qu’il s’agit d’une souche différente. C’est un foyer qui est apparu dans un petit village donc le mouvement de population entre le petit village de la RDC et la Guinée est très, très peu probable. Si les cas étaient apparus dans une grande ville, là on aurait pu évoquer effectivement la possibilité d’une transmission de la souche. Et là c’est dans un village, donc ça évoque une nouvelle apparition, une nouvelle émergence du virus à partir d’une souche animale et donc une souche différente de celle de Guinée.

Justement, comment se fait-il que le virus apparaisse comme ça de temps en temps ?

Le virus ne peut pas vivre tout seul. Il vit comme un parasite, forcément à l’intérieur d’un organisme vivant, c’est ce qu’on appelle le réservoir. Et de très nombreux virus, pour ne pas dire la plupart, vivent à l’intérieur d’un organisme vivant qui est un animal, donc c’est ce qu’on appelle le « réservoir animal », donc l’hôte naturel du virus. Et là il vit en permanence, il n’apparaît pas, il ne disparaît pas, il est toujours présent. « L’animal réservoir » est porteur à un certain pourcentage. Ces animaux hébergent naturellement sans être malades le virus.

Et là pour ce qui concerne le virus Ebola, ce sont des espèces de chauve-souris. Donc le virus est toujours là dans les populations de chauve-souris. Par contre, il n’est pas toujours là dans l’espèce humaine. Ce qu’on appelle l’apparition d’une épidémie ou l’apparition d’une maladie, c'est lorsqu’il y a un transfert donc une transmission du virus de l’animal qui héberge en permanence le virus vers l’espèce humaine. Et les conditions de cette transmission sont connues, c'est essentiellement au niveau du dépeçage ou de la manipulation de ces animaux, que le transfert ou la transmission peut s’opérer.

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7 nouveaux cas d’Ebola à Djera

Sept nouveaux cas d’Ebola ont été confirmés par des analyses de laboratoire sur des  échantillons prélevés sur des malades  toujours à Djera, a annoncé  jeudi 28 août le ministre de la Santé, Félix Kabange. Ces nouveaux cas  portent  à treize le nombre des personnes affectées par ce virus dans le secteur de Djera, dans le Nord de l’Équateur, où l’épidémie a été déclarée. Le ministre a assuré cependant  que,  pour le moment, l’épidémie est contenue dans ce seul secteur.

«Au lieu de six, nous avons maintenant treize cas concernés. Le nombre de cas probables est toujours de treize et le nombre de suspects est de seize», a détaillé le ministre de la Santé.

Les nouveaux cas ont été confirmés après l’analyse des prélèvements effectués sur les sept cas suspects.

Par ailleurs, Félix Kabange a indiqué que des alertes au virus Ebola signalées ces derniers jours à Kinshasa et au Katanga se sont révélées fausse après analyse.

«Je voudrai signaler que nous avons eu des alertes. Le mercredi, nous avons une grande alerte au niveau des cliniques universitaires où nous avons eu deux sujets (un adulte avec un saignement du nez avec la fièvre et un enfant de 9 ans). Les deux cas ont été suspectés de fièvre hémorragique d’Ebola. Les prélèvements ont été faits par l’Institut national de recherche biomédicale. Les résultats viennent de tomber ce soir. Les deux cas sont négatifs»,  a déclaré le ministre de la Santé sur Radio Okapi.

Félix Kabange a ajouté qu’un autre cas suspecté au Katanga s’est également révélé négatif après analyse.

 «Nous avons eu un cas suspect qui est venu du Katanga. Suspicion d’une fièvre hémorragique à virus Ebola sur un adulte qui se rendait de Malemba Nkulu vers l’hôpital de Kamina. Le prélèvement a été fait et le cas est négatif», souligne-t-il, confirmant que l’épidémie  reste toujours contenue à Djera.

«Je continue à confirmer : il n’y a pas Ebola au niveau de la ville de Kinshasa. Nous continuons à confirmer que les cas positifs à Ebola sont des cas qui sont situés au niveau du secteur de Djera», a insist » le ministre.


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