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Pas d’épidémie d’Ebola en RDC

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image Félix Kabange Numbi - Ministre de la Santé publique

L’ampleur que prend l’épidémie de fièvre hémorragique à virus d’Ebola qui sévit déjà dans quatre pays de l’Afrique de l’Ouest à savoir Guinée-Conakry, Sierra-Leone, Liberia et Nigeria provoque l’alerte dans d’autres pays qui prennent  des mesures en cas d’éventuelle épidémie. C’est pour cette raison  que la RDC vient d’augmenter son seuil de surveillance en se dotant d’un plan de contingence de la maladie.

Présenté le jeudi 31 juillet par le ministre de la Santé publique, le Dr Félix Kabange Numbi aux différents acteurs impliqués dans la lutte contre la maladie, ce plan a fait l’objet d’une réunion hier 11 août  au ministère de la Santé publique, réunion présidée par le directeur du cabinet du ministre de la Santé publique, Shadrak Baitshura.

A l’issue de cette réunion qui a passé en revue le niveau de mise en œuvre des recommandations du plan de contingence, le secrétaire général à la Santé publique, le Dr Pascal Mukengeshay qui a pris part à cette rencontre a apaisé la population congolaise en ces termes :   » il n’y a pas  d’épidémie d’Ebola à Kinshasa  »

La RDC, renchérit-il, est un pays qui a connu six vagues d’épidémies à virus Ebola. Nous avons maitrisé ces épidémies et nous avons un réseau de surveillance. Ce qui signifie qu’il ya des dispositions qui sont prises dans toutes les provinces du pays pour renforcer de la surveillance, il y a un réseau de surveillance d’Ebola qui existe déjà dans le pays et fonctionne normalement.

Il est vrai qu’il n’y a pas de cas suspect d’Ebola en RDC mais il faut se préparer, car un cas suspect a été déjà signalé à Kigali au Rwanda.  Malgré l’existence de ce cas actuellement sous examen, la RDC n’a pas à craindre. Tout l’arsenal sanitaire est en éveil. En cas d’épidémie, rassure le Dr Pascal Mukengeshay, la RDC a tous les moyens pour faire face, parce que nous avons  l’expertise. D’ailleurs, poursuit-il, il ya même une équipe de congolais qui séjourne toujours en Guinée pour prêter main forte à ce pays. Aussi, avons-nous un réseau qui existe et fonctionne normalement.  Il y a aussi un personnel formé.  » Nous sommes prêts au cas où il y aurait une épidémie qui serait signalée en RDC « .

Parlant du suivi des recommandations contenues dans le plan de contingence, le Dr Pascal Mukengeshay note que la plupart de ces recommandations sont en cours d’exécution. Ce plan  qui est un draft devra être  finalisé avec des enrichissements du ministre de la santé publique et des partenaires impliqués dans la gestion de cette question. C’est le mercredi que ce plan sera validé.

Le directeur de la direction chargée de la maladie, le Dr Benoit Kebela qui faisait partie de l’équipe d’experts  congolais qui s’était rendue  en Guinée souligne que toutes les provinces du pays sont en alerte. Il n’ ya pas à craindre. Toutefois, il laisse entendre qu’il ne sert à rien d’avoir beaucoup de sites d’isolement. Le mieux serait d’avoir un nombre réduit de sites qui remplissent les normes.  » il faut avoir un site qui sécurise le personnel soignant et la communauté environnante. Quand on a plusieurs sites, on risque de propager l’épidémie au lieu de la contenir

Le plan de contingence  de la RDC pour la lutte contre Ebola vise à empêcher l’introduction  du virus Ebola en RDC à partir des foyers épidémiques déclarés en Afrique de l’Ouest. C’est ainsi que ce plan mettra en place les mesures préventives générales et spécifiques, détecter tous cas suspects d’Ebola au niveau des points d’entrée, mobiliser les ressources nécessaires pour la mise en œuvre du plan de contingence…

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Des examens médicaux très approfondis

Le gouvernement provincial du Nord-Kivu a décidé, mardi 12 août 2014 à Goma, de « soumettre toute personne ayant séjourné dans les pays (de l’Afrique de l’ouest) touchés par la fièvre hémorragique à virus Ebola à des examens médicaux très approfondis dès son arrivée au poste frontalier ».

Le ministre provincial de la Santé et des Affaires sociales a indiqué, au sortir de la réunion extraordinaire du Conseil, que « d'autres mesures ont déjà été arrêtées à partir de la réunion technique tenue récemment à l'intention de l'équipe cadre de la division provinciale de la Santé.

« Il s'agit principalement des mesures préventives au niveau de chaque zone de santé. Ces mesures consistent en l'observance des règles d'hygiène, notamment le lavage des mains et la protection des agents oeuvrant aux postes frontières », a indiqué Symphorien Kahindo Muthethe Mundenga cité par l’ACP.

Près d’un millier de morts en Afrique de l’ouest

L’épidémie à virus Ebola a déjà causé près d’un millier de morts en Afrique de l’ouest où les pays touchés « espèrent pouvoir recourir à un anticorps expérimental ou un vaccin en cours d’élaboration ».

« Le Liberia, qui a décrété le 6 août l’état d’urgence pour 90 jours, a inauguré un centre d’appels téléphoniques pour améliorer la prévention, essentielle pour limiter la propagation du virus à l’origine de cette fièvre hémorragique », rapporte l’Afp.

Selon la porte-parole du centre, Barkue Tubman, « les opérateurs travaillent dans un +centre de ressources+ installé dans les locaux d’une agence étatique à Monrovia et créé pour coordonner +tous les efforts+ dans la lutte contre Ebola ».

« En Sierra Leone, quelque 1.500 militaires et policiers ont été déployés sous le nom de code +Opération Octopus+ (pieuvre) pour veiller à l’application stricte des mesures anti-Ebola. Ces mesures bouleversent le quotidien: lieux de loisirs fermés, déplacements limités, transport et distribution de produits de base perturbés. Des dispositions durement vécues surtout à Kailahun et Kenema (est), zones agricoles et minières en quarantaine », signale l’Afp.

Elle cite aussi le Nigeria (pays le plus peuplé d’Afrique) qui a « déjà enregistré deux morts d’Ebola, cherche à tout prix à éviter une propagation du virus, a suspendu les vols de la compagnie nationale gambienne sur son territoire, jugeant ses mesures de précaution +insatisfaisantes+ alors qu’elle opère notamment au Liberia et en Sierra Leone ».

En ce qui la concerne, « la Guinée avait annoncé samedi la fermeture de ses frontières terrestres avec Liberia et Sierra Leone, mais elle est revenue sur cette décision quelques heures plus tard, car elle veut éviter une multiplication de déplacements transfrontaliers clandestins ».

Quant au Sénégal, pays voisin de la Guinée, l’Afp renseigne que « l’analyse des prélèvements sur un malade présentant les symptômes d’une fièvre hémorragique et mis en quarantaine dans la région de Matam (nord du Sénégal) ont exclu la présence du virus Ebola ».

Historique de la fièvre hémorragique à virus Ebola

« Le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 à Nzara au Soudan ainsi qu’à Yambuku au nord du Zaïre (RDC aujourd’hui). De juin à novembre 1976, le virus Ebola a infecté 284 personnes au Soudan faisant 117 morts. Au Zaïre, il y eut 318 cas dont 280 décès de septembre à octobre. Un cas isolé s'est déclaré à Tandala au Zaïre en 1977 et une seconde flambée a éclaté au Soudan en 1979 », rappelle Caducee.net.

En 1989 et 1990, un filovirus, baptisé Ebola-Reston, fut isolé chez des singes macaques mis en quarantaine dans des laboratoires à Reston (Virginie), à Alice (Texas) et à Philadelphie (Pennsylvanie) aux USA. Ces singes provenaient tous dune quarantaine dexportation située près de Manille aux Philippines où le virus fut également isolé.

Selon Caducee.net, « une épidémie de grande ampleur est survenue à Kikwit au Zaïre en 1995, on dénombrait 315 infections dont 244 décès ; un cas isolé de fièvre hémorragique d'Ebola et une épidémie chez des chimpanzés ont également été observés en Côte d'Ivoire en 1994 ».

Au Gabon, la première épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola fut identifiée en 1994, d’autres épidémies furent documentées en février 1996 et en juillet 1996. Aucune infection par le virus Ebola n’avait été rapportée jusqu’à ce qu’éclate l’épidémie de Gulu en Ouganda à l’automne 2000.

Au total, environ 1.100 cas dont 800 décès ont été identifiés depuis que la découverte du virus.

« Les virus des fièvres hémorragiques se répartissent en quatre familles : les flaviridés, les bunyaridés, les arénaviridés et les filoviridés qui sont les plus longs virus que l'on connaisse. Ebola appartient à la famille des filoviridae, au genre des filovirus qui comprend plusieurs biotypes différents : les virus débola Zaïre (dite Mayinga), Ebola Soudan et Ebola Reston », souligne Caducee.net.

« Le virus Ebola est un virus à ARN monocaténaire enveloppé (nucléocapside hélicoïdale) dont la morphologie est semblable au virus de Marburg mais dont la structure antigénique diffère. Il peut mesurer jusqu'à 1500 nm de long pour un diamètre de 80 nm », précise-t-il.

[avec Blandine Lusimana T]


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