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RDC : Flambée de l'épidémie de la rougeole au Katanga

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image Rougeole

Les irruptions fréquentes des épidémies restent  un vrai problème de la santé publique dans la  province du Katanga. C'est le cas de la flambée  de la rougeole qui sévit actuellement dans cette province avec 1209 cas déjà enregistrés dont 13 décès, depuis le début de l'année jusqu'au 8 février dernier, révèle le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Sur les 1209 personnes atteintes par cette maladie, 700 étaient diagnostiquées à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga, ce qui représente 57 pourcent des cas. En ce moment, les acteurs humanitaires prennent en charge des cas simples et ceux jugés graves ou compliqués sont acheminés à l'hôpital général de référence Jason Sendwe à Lubumbashi, où la prise en charge est évaluée à 100 dollars américains. Pour une population démunie, cette somme est exorbitante et pousse malheureusement la plupart des malades à se rabattre à la médecine traditionnelle pour se soigner.

" Pour remédier à cette situation, la communauté humanitaire prévoit d'introduire dans les jours à venir, une prise en charge gratuite des cas compliqués dans cet hôpital ", a déclaré  le chargé de l'information publique adjoint auprès d'OCHA, Sylvestre Ntumba Mudingayi, mercredi 12 février, au cours du point de presse hebdomadaire conjoint des Nations Unies à Kinshasa.

Toujours au Katanga, indique-t-on, près de 2000 incidents de protection ont été rapportés dans cette province en 2013, suite à la multiplication des attaques de différents groupes armés Maï Maï et de la milice Bakata Katanga.

Ces groupes armés ont commis  plusieurs exactions et des violations graves des droits de l'homme contre les populations civiles dans la période considérée, allant de viols, meurtres, enlèvements, extorsions des biens, vols, pillages et aux incendies des habitations.

Le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) souligne que ces attaques ont provoqué des déplacements cycliques de populations et aggravé la situation de protection.

Les partenaires humanitaires renseignent que sur plus de 770 cas dus aux violences sexuelles, plus de 70 %, soit près de 500 cas, ont été enregistrés dans le district du Tanganyika. Il est à noter que  près de 70 %  des victimes des attaques des groupes armés sont des déplacés.

L'action des acteurs humanitaires affectée par l'insécurité

Cette insécurité, relève-t-on, affecte également l'action humanitaire. La distribution de vivres qui était initialement prévue le 5 février courant à Kitu, localité située à 85 kilomètres au Sud-est de Manono, a été reportée. Pour cause, un chef Maï Maï aurait exigé d'organiser lui-même une distribution à Kahongo, localité située à une vingtaine des kilomètres de Kitu, où se trouveraient également ses hommes.

Par ailleurs, Sylvestre Ntumba Mudingayi a rappelé le lancement du plan d'action 2014 de la communauté humanitaire de la République démocratique du Congo, intervenu la semaine dernière. Un plan qui nécessite pour son exécution, 832 millions de dollars pour renforcer la protection de la population civile et améliorer l'accès aux vivres, aux biens et services de base dans les zones affectées par les conflits armés, les violences et les catastrophes.

Cette enveloppe, si elle est mobilisée, soutient-t-on, permettra également de réduire la morbidité et la mortalité dues à la malnutrition et aux épidémies.

Par ailleurs, OCHA rapporte que plus ou moins 6000 personnes fuyant l'insécurité dans la province du Maniema  sont arrivées dans la province voisine du Sud Kivu.  5910 habitants de la province du Maniema, fuyant les exactions des éléments rebelles Rahiya Mutomboki, sont arrivés depuis la mi-janvier dernier dans plusieurs localités du territoire de Shabunda, au Sud Kivu.

Tels sont les premiers constats de la mission humanitaire d'évaluation rapide effectuée du 20 janvier au 5 février dernier dans la région de Mapimo, dans le cadre du mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP). 

La même mission indique également que plus de 26000 habitants de la région du Nord de Shabunda sont retournés dans leurs villages d'origine depuis la fin de l'année 2013, suite à la réinstallation des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). 

Ces personnes, ajoute-t-on, qui avaient fui depuis le mois de décembre dernier des exactions des éléments du groupe rebelle Rahiya Mutomboki, ont besoin d'articles ménagers essentiels, de vivres, de soins médicaux et de la scolarisation de leurs enfants.

De même, a-t-on remarqué, l'accès aux soins continue d'être un problème dans cette région depuis plus de deux semaines, les infirmiers titulaires des centres de santé de Katanti, Mapimo, Masanga et Minoro ne pouvant plus s'approvisionner en médicaments depuis Lulingu, par crainte pour leur sécurité. Les autorités en charge de la sécurité des personnes et de leurs biens sont donc interpellées. C'est à elles d'agir pour le bien-être de la population.

[Dovin Ntelolo Diasonga]


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