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RDC : La campagne de distribution des moustiquaires imprégnées contraste avec l’environnement

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image Moustiquaires imprégnées - Des lots de moustiquaires d'un des sites de distribution gratuite de l'ex arrondissement de Boulmiougou à Ouagadougou.

La campagne de distribution des moustiquaires imprégnées à Kinshasa contraste avec l’environnement. C’est vrai que des efforts sont consentis pour maintenir la ville propre. Malheureusement, la même attention de l’autorité urbaine semble se limiter à la Gombe ainsi qu’aux grandes artères des communes environnantes. Par conséquent, cantonner les travaux d’hygiène environnementale seulement dans une partie d’une aussi vaste agglomération comme Kinshasa, il y a risque de ne pas en ressentir les effets.

Les autorités sanitaires de la ville de Kinshasa ont organisé en décembre 2013, une opération de distribution gracieuse des moustiquaires imprégnées d’insecticide. Accommodée avec l’appui du Fonds mondial de lutte contre le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida, cette énième campagne s’était inscrite dans le cadre d’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Avec à la clef, la réduction de 50 % du taux de mortalité causée par le paludisme, d’ici à 2015.

Du point de vue des principes, cette opération ne peut que mériter le soutien et l’implication de tous les acteurs sociaux. Quoi de plus normal quand on sait qu’il s’agit d’une action sociale à impact positif direct sur la santé communautaire. Depuis, la campagne se poursuit à merveille à travers des spots télévisés tournés avec des comédiens bien vendus dans la capitale. Ces personnages, dans une approche quelque peu pédagogique, diffusent des messages sur le mode d’emploi et de conservation desdites moustiquaires. 

Tout le problème, cependant, est que la campagne de distribution des moustiquaires imprégnées à Kinshasa contraste avec l’environnement. C’est vrai que des efforts sont consentis pour maintenir la ville propre. Malheureusement, la même attention de l’autorité urbaine semble se limiter à la Gombe ainsi qu’aux grandes artères des communes environnantes. Par conséquent, cantonner les travaux d’hygiène environnementale seulement dans une partie d’une aussi vaste agglomération comme Kinshasa, il y a risque de ne pas en ressentir les effets. 

La situation actuelle entre la Gombe et les autres communes de Kinshasa en est une parfaite illustration. Depuis plusieurs mois, cette partie de la capitale congolaise resplendit. Et, quiconque y arrive après plusieurs années de séjour en dehors de la RD Congo, se croirait dans une autre ville. Pas de flaque d’eaux malodorantes. Pas d’herbes sauvages. Pas non plus de montagnes d’immondices. 

Dans plusieurs quartiers de la Gombe, après la pluie reste égal à avant la pluie. Dans ces conditions, une campagne de lutte contre le paludisme, notamment par la distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide, ne peut que venir en appui à l’hygiène de l’environnement, assurée en amont.

L’IMMOBILISME DES BOURGMESTRES 

Pour si peu que nous nous redisions, l’insalubrité est assez manifeste dans le tiers de la ville. Et même dans la commune tant vantée de la Gombe. En témoigne, l’environnement du Grand Marché. C’est vrai que ce haut lieu de négoces, le plus important de la capitale congolaise, a le malheur d’être bordé par des communes listées parmi les entités les plus sales de la ville. En l’occurrence, les communes de Kinshasa et Barumbu. Mais ce n’est pas là une excuse pour que le marché central soit malpropre. 

La problématique de l’assainissement de l’environnement à Kinshasa relance les débats sur le travail des dirigeants à la base. La question tourne essentiellement autour des responsabilités des bourgmestres. 

Il est vrai qu’il existe des travaux dont l’exécution relève soit du Gouvernement central, soit de l’Exécutif provincial. Il reste pour autant vrai aussi que certaines tâches relèvent des autorités communales. Malheureusement. Il est constaté globalement que trois bourgmestres de Kinshasa sur cinq, sombrent dans une léthargie ahurissante. Un amorphisme sans nom qui donne l’impression qu’ils n’ont pas de devoirs vis-à-vis des entités politico-administratives confiées à leurs gestions. Moralité, les communes sont sales. Pure métonymie. 

Tout bien considéré, certains analystes tranchent qu’aussi longtemps que le pari de l’hygiène environnementale ne sera jamais gagné en amont, toute initiative de lutte contre le paludisme à Kinshasa risquera de ne pas atteindre les objectifs poursuivis. Dès lors que les immondices coupent certaines grandes avenues, notamment dans les communes périphériques de la capitale, à partir du moment où les eaux de pluie stagnent et n’attendent que de fortes chaleurs qui viendraient les dessécher...

On ne saurait donc se contenter d’une opération de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide et laisser l’environnement sale. Arithmétiquement, l’opération se présenterait de la manière suivante : « moustiquaire imprégnée + environnement sale = 0 résultat ». N’est-ce pas ?

[Laurel KANKOLE]


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