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RDC : Le durcissement de la grève des médecins

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image Hôpital General de Kinshasa

Depuis le lundi 16 septembre 2013, la grève des médecins déclenchée par le SYNAMED, une semaine auparavant, est entrée dans sa phase radicale. Le service minimum que les grévistes mettent en place pour encadrer les cas d'urgence, a été supprimé. Et nous apprenons même que le Syndicat national de médecins qui a initié la grève, a même fermé les salles d'urgences jusqu'à nouvel ordre.

 Ce qui, vous vous en doutez, augure une catastrophe humanitaire dans nos hôpitaux surtout publics où l'on va assister à l'aggravation des cas de maladies et à la mort incalculable des patients. Et déjà beaucoup de familles enregistrent le décès de leurs parents dans ces hôpitaux, faute d'assistance médicale.

La République démocratique du Congo qui compte déjà beaucoup de morts dans sa partie orientale et pour lesquelles d'ailleurs, le chef de l'Etat a daigné  convoquer les concertations nationales, c'est le moment qu'a choisi le SYNAMED pour déclencher sa grève. Ce qui, comme nous l'avons souligné, provoque de nombreux nouveaux cas de morts sur les bras.

En effet, même si le droit à la grève est reconnu par la loi ici au pays, le moment était-il bien choisi ? Se demande nombre d'observateurs avertis qui pensent que le SYNAMED devrait observer une retenue avant de se lancer dans cet arrêt de travail qui occasionne encore de nombreuses pertes en vies humaines.

S'il est vrai que les médecins ont droit de jouir des conditions optimales de travail à cause de la complexité de leur métier, mais ils ne peuvent pas non plus prétendre qu'ils soient aujourd'hui les mal aimés de la République ou les moins payés. Les médecins aujourd'hui comptent parmi les catégories socioprofessionnelles ou plutôt les fonctionnaires les mieux rémunérés à l'instar des professeurs d'universités, des magistrats. Le chef de l'Etat l'a dit à Kingakati en octobre 2011 à la veille des élections générales de novembre de cette même année.

Il y a peut être des aspects ou des détails qui n'avaient pas été réglés, c'est vrai, c'est inhérent à toute entreprise humaine. Le travail est perfectible. Mais le gouvernement de la République, à travers son ministre du Budget, Daniel Mukoko Samba s'est dit ouvert aux négociations avec le corps médical. Et a même promis de prendre en compte les désidérata des médecins dans les prévisions budgétaires de l'exercice 2014 qui seront bientôt sous examen au cours de cette session parlementaire de septembre qui s'est ouverte lundi 16 au Palais du peuple.

Ce qui, à notre avis, devait donner espoir aux dirigeants du SYNAMED (Syndicat national des médecins) et revoir leurs ambitions à la baisse. Et ce n'est qu'une affaire de peu de temps.

Le SYMECO dit  non à la grève de médecins

Le Symeco, un autre syndicat des médecins a, quant à lui, dit non à la grève. Pour son secrétaire général, le Dr. Mwanda Nlenda : il ne trouve aucune raison objective justifiant cette grève. En plus, son syndicat n'a jamais déposé un préavis de grève au gouvernement.

Voilà pourquoi, il a lancé un pressant appel aux médecins des services publics de l'Etat à faire confiance au gouvernement et à continuer à vaquer à leurs occupations. La vie d'un homme, d'un malade n'a pas de prix s'est-il exclamé.

Dans une conférence de presse que le Dr. Muanda et son secrétaire général adjoint, le Dr. Kembala ont animé dimanche au siège de leur syndicat à Kintambo, ils ont demandé à leurs membres affiliés de faire recours à leurs qualités intellectuelles pour l'analyse objective et dépassionné de leur situation.

Le SYMECO a invité tous les médecins de services publics à s'abstenir de tout acte ou comportement susceptible d'altérer le climat de ses négociations et de celles du SYNAMED avec le gouvernement et de compromettre leur issue heureuse.

Le Syndicat des médecins du Congo qui n'est pas distrait a, à cette occasion, annoncé sa demande au gouvernement de convoquer une plénière de la commission adhoc chargée de  l'analyse et du suivi du cahier des charges de médecins des services publics de l'Etat. Cette demande l'est, en vue de l'analyse et de l'adoption, par cette commission, des propositions de celle-ci et de l'examen des dossiers spécifiques restés pendants, notamment celui relatif à la paie des médecins par un syndicat et à ses conséquences.

Le Symeco a plaidé en faveur de la mise en place du cadre formel des négociations inclusives. Ce cadre selon ce syndicat, doit traiter, non seulement le dossier des nominations à la nouvelle nomenclature et aux grades actualisés mais aussi tous les autres dossiers pendants notamment le dossier de la régularisation de la situation administrative et financière des nouvelles unités, des litiges financiers et des conditions de travail etc. Le Syneco qui a pratiquement les mêmes revendications que l'autre syndicat des médecins, privilégie plutôt le dialogue au lieu d'un bras de fer aux conséquences incalculables.

Jean-Pierre Seke


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