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Avec un système de santé chaotique : La RDC à besoin de l'accompagnement de l'OMS

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image Félix KABANGE NUMBI MUKWAMPA - Ministre de la Santé publique

Au cour de la 65ème Assemblée mondiale de la santé tenue du lundi 21 au samedi 26 mai dernier à Genève en Suisse, Dr Félix Kabange, ministre congolais de la santé, a reconnu que la RDC fait face à d'énormes difficultés d'organisation des soins de santé, difficultés dues non seulement aux dimensions semi continentales du pays mais aussi à la privatisation du secteur de la santé en 1987, situation qui a entrainé la désorganisation du système sanitaire et la limitation de l'accès de la population aux soins. Décidée à réhabiliter et à renforcer le service public dans l'administration des soins, la RDC, déclare le ministre de la Santé publique a besoin de l'accompagnement de l'Oms, de ses pays membres et de ses partenaires pour partager des expériences sur les bonnes pratiques. " Ceci pourra nous éviter de revenir sur des stratégies et expériences qui ont échoué dans d'autres pays… ", souligne-t-il. 

Près de 3000 délégués, dont des ministres de la santé et de hauts responsables des 194 Etats membres de l'OMS, ainsi que des représentants de la société civile et autres parties prenantes ont pris part à la 65ème Assemblée mondiale de la santé tenue du lundi 21 au samedi 26 mai dernier à Genève en Suisse. La couverture universelle des soins, tel était le thème retenu pour cette 65ème Assemblée de l'Oms. A cette rencontre mondiale de la santé, la RDC ne pouvait pas être absente compte tenu de la priorité que ce pays accorde à la santé. 

C'est le ministre de la Santé publique, Dr Félix Kabange Numbi qui a conduit la forte délégation congolaise. A cette assemblée de portée internationale, la présence de la RDC s'est faite remarquer notamment par l'intervention du ministre de la santé du haut de la tribune de la 65ème assemblée mondiale de la santé. Une intervention qui a passé en revue les efforts que le pays déploie pour améliorer la santé de sa population, des efforts du reste encourageants en dépit des conditions économiques difficiles, comme l'a si bien reconnu le représentant de la RDC à la 65ème Assemblée mondiale de la santé.

" Malgré les conditions économiques difficiles, mon pays a voulu montrer à tous les partenaires la volonté de la RDC d'aller de l'avant pour le renforcement de son système de santé et à l'accès aux soins de qualité. D'autres engagements sont possibles si tous les partenaires acceptent et s'engagent à utiliser les instruments nationaux et consensuels de bonne gouvernance. Des reformes importantes sont en cours dans le secteur de la santé pour améliorer la gouvernance "a fait savoir Dr Félix Kabange Numbi.

La santé étant une priorité pour ce quinquennat, Dr Félix Kabange a laissé entendre qu'aussitôt investi le gouvernement a lancé des signaux forts en amorçant le payement des arriérés des co-financements " pour honorer les engagements de la RDC dans le cadre du processus d'indépendance vaccinale. Dans le même temps, les efforts se poursuivent dans le cadre de co- financement pour le vih-sida, le paludisme et la tuberculose ". S'agissant de trois maladies sus mentionnées, il ya lieu de noter que des progrès considérables ont été réalisés. Pour ce qui est du paludisme, Dr Félix Kabange Numbi, a indiqué que tous les indicateurs sont en nette régression. 

La RDC s'engage également à capitaliser les expériences positives d'autres pays sur l'introduction des larvicides dans la lutte anti-vectorielle. Dans la lutte contre la tuberculose, on note aussi des avancées et elles seront poursuivies avec un accent particulier sur la co-infection et la multi résistance. Parlant de Vih-sida, le ministre congolais de la santé a relevé à l'assistance que le Président de la République, Joseph Kabila s'est engagé pour une génération sans sida à l'horizon 2035. " la Rdc s'engage à continuer à inverser la tendance dans la transmission mère-enfant ",a-t-il fait savoir.

La RDC ayant souscrit aux objectifs du millénaire pour le développement dont l'échéance est fixée en 2015, devra donc s'activer pour répondre à ce rendez-vous mondial. Raison pour laquelle, le ministre de la santé a renouvelé l'engagement du pays quant aux efforts à fournir pour atteindre ces objectifs. " La RDC s'engage à fournir plus d'efforts pour diminuer la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle et l'accès aux médicaments essentiels ". aussi, renchérit-il, le pays réfléchit déjà sur des stratégies innovantes qui permettront de financer son système de santé. En outre, des mutuelles de santé s'organisent déjà au niveau du secteur de l'enseignement primaire et secondaire " et bientôt au niveau de la fonction publique, de la police et de l'armée. 

A coté de ces avancées combien significatives, Dr Félix Kabange a, par ailleurs, reconnu que la RDC fait face à d'énormes difficultés d'organisation des soins de santé, difficultés dues non seulement aux dimensions semi continentales du pays mais aussi à la privatisation du secteur de la santé en 1987, situation qui a entrainé la désorganisation du système sanitaire et la limitation de l'accès de la population aux soins. Décidée à réhabiliter et à renforcer le service public dans l'administration des soins, la Rdc, déclare le ministre de la Santé publique a besoin de l'accompagnement de l'Oms, de ses pays membres et de ses partenaires pour partager des expériences sur les bonnes pratiques. " Ceci pourra nous éviter de revenir sur des stratégies et expériences qui ont échoué dans d'autres pays… ", souligne-t-il. 

De nombreuses mesures en faveur de la santé mondiale A la clôture de travaux de la 65ème assemblée mondiale de la santé, d'importantes mesures ont été prises en faveur de la santé mondiale. Les participants ont adopté 21 résolutions et trois décisions portant sur un large éventail de questions sanitaires notamment sur les mariages précoces, les urgences humanitaires, les maladies non transmissibles et les objectifs du millénaire pour le développement.

S'agissant des mariages précoces et grossesses chez les jeunes filles, les participants ont reconnu que plus de 30% des jeunes filles de pays en développement sont mariées avant l'âge de 18 ans et 14% avant l'âge de 15 ans. De nombreux délégués ont ainsi demandé à l'OMS de continuer à sensibiliser sur le problème des mariages précoces et des grossesses chez les adolescentes et à leurs conséquences pour les jeunes femmes et leurs enfants. Et plusieurs États Membres ont noté l'importance qu'il y a à mettre en œuvre des lois et des politiques et à renforcer l'éducation sexuelle pour mettre un terme à ces mariages qui constituent une violation des droits de l'enfant. 

Dans le volet Urgences humanitaires, l'Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution réaffirmant le rôle central de la santé dans l'action humanitaire et entérinant le rôle de l'OMS en tant qu'institution chef de file du groupe de responsabilité sectorielle Santé. Au sujet des Objectifs du Millénaire pour le développement, Les États Membres ont approuvé le rapport sur les progrès dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé et les objectifs sanitaires mondiaux après 2015. Toutefois, il ya lieu de dire que si le rythme des progrès s'est accéléré dans de nombreux États Membres, il a également été reconnu qu'il y a encore beaucoup à faire au cours des trois années qui restent pour atteindre les objectifs.

Des résolutions importantes ont été aussi adoptées en ce qui concerne les maladies non transmissibles. A titre illustratif les délégués ont approuvé l'élaboration d'un cadre mondial de suivi pour la lutte contre les maladies non transmissibles, comprenant des indicateurs et un ensemble de cibles mondiales. Les États Membres ont convenu d'adopter comme cible mondiale une réduction de 25% d'ici 2025 de la mortalité prématurée par maladies non transmissibles telles que les maladies cardio-vasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires chroniques. Au cours de cette assemblée, Dr Margaret Chan a été reconduite pour un second mandat de cinq ans comme Directeur général de l'OMS par 98% des voix des États Membres. Le nouveau mandat du Dr Chan prendra effet le 1er juillet 2012 et se terminera le 30 juin 2017. 

Blandine Lusimana T.


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