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RDC : L'épidémie de choléra refait surface à l'Equateur et au Bandundu

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image Choléra - Un homme entrain de se laver les mains pour lutter contre le Choléra

L'épidémie de choléra fait des ravages. Signalé à l'Ouest de la République démocratique du Congo depuis mars 2011, ce fléau a semé mort et désolation dans plusieurs localités de la Province Orientale et des provinces du Bandundu et de l'Equateur ainsi qu'à Kinshasa. D'où, la forte mobilisation du Gouvernement central et de plusieurs organismes internationaux.

Maladie endémique à l'Est de la RDC, particulièrement dans les zones côtières du Lac Kivu, du Lac Tanganyika et du Lac Albert, le cholera sévit pratiquement chaque année, pendant les périodes pluvieuses, dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, ainsi qu'au Katanga. "Une situation que nous suivons depuis une dizaine d'années", rapporte Dr Benoît Kebela, responsable de la 4ème Direction du ministère congolais de la Santé chargée de la lutte contre la maladie.

Si l'Est du pays s'est familiarisé avec le choléra, il n'en est pas de même avec la partie occidentale du Congo, explique Benoît Kebela. Le premier cas de choléra, enregistré en mars 2011 dans la ville de Kisangani, a déclenché une épidémie qui, jusque fin septembre, a du mal à s'estomper. Suivant le parcours du fleuve Congo, la propagation du choléra est passée de Kisangani à Kinshasa, via Mbandaka (Equateur), Yumbi et Mushie (Bandundu).

Le service d'épidémiologie en alerte

Cette propagation rapide a mis en alerte le service d'épidémiologie du ministère de la Santé qui a mobilisé une équipe pour suivre pas à pas l'évolution de la maladie dans les différentes contrées du pays. Tous les jours, des données statistiques sur le nombre de cas signalés, comprenant l'effectif des patients et des décès, sont centralisées et archivées au niveau de la 4ème Direction à Kinshasa.

Les données recueillies auprès du ministère de la santé font état de la propagation du choléra dans plusieurs zones de santé de la Province Orientale depuis le mois de mars. C'est le cas à Bafwasende, Basali, Basoko, Isangi, Kabondo, Linga, Lubunga, Mahagi, Makiso-Kisangani, Mangobo, Opala, Tchomia, Tshopo, Yahisuli, Yakusu, Yaleko et Yalimbongo. 

Jusque début septembre 2011, les statistiques faisaient état de 1590 cas enregistrés dont 82 décès. "Pour le moment, la situation est sous contrôle", rassure Dr Benoît Kebela qui salue l'implication des autorités provinciales qui ont déboursé à deux reprises 15.000 dollars pour soutenir les équipes du personnel soignant déployées sur le terrain.

Résurgence de l'épidémie

A l'Equateur par contre, l'implication des autorités provinciales et d'autres institutions (Regideso…) ne sont pas de la même envergure. D'où, la résurgence de l'épidémie avec le retour des pluies fin septembre. Au total, signalent les statistiques, 2.395 cas ont été répertoriés sur toute la province à la troisième semaine du mois de septembre. Sur cet effectif, on a enregistré 131 décès. Mais contrairement à la Province Orientale, la situation est toujours ici en alerte.

En somme, 24 zones de santé sont touchées par l'épidémie dans la province de l'Equateur. C'est le cas à Mbandaka, à Wangata, à Bolenge, Mampko, Makanza, L.Bobangi, Lukolela, Pimu, Lisala, Bikoro, Bosondjo, Ndage, Djombo, Irebu, Bolomba, Bulu, Bumba, Ingende, Yamongili, Monkoto, Mawiya, Yamaluka, Bosomondanda et Bongandanga.

Dans la province du Bandundu, des progrès remarquables sont palpables. Dans plusieurs zones de santé, l'épidémie a été maîtrisée, note le ministère congolais de la Santé. Toutefois, selon Dr Benoît Kebela, qui s'est rendu dans la province fin septembre, quelques cas de choléra ont refait surface à Bolobo et Yumbi, nécessitant une intervention d'urgence, de peur que la maladie ne se propage vers les provinces du Kasaï, en empruntant la rivière Kasaï.

Milieux propices à la contamination

A Kinshasa, la capitale, l'épidémie de choléra est entrée en juin 2011 par la commune de Maluku, révèle Dr Benoît Kebela. Le premier cas venait de Bolobo. Il s'est agi d'un passager d'une baleinière dans la capitale après avoir fait ses navettes en province. D'autres cas similaires vont se signaler dans les communes qui jouxtent le fleuve Congo. Outre Maluku, le quartier Kingabwa, dans la commune de Limete, sera une cible privilégiée.

A la 4ème Direction du ministère congolais de la Santé, on s'est aperçu que le choléra se développe davantage dans les milieux où les notions d'hygiène font défaut. Les embarcations qui sillonnent le fleuve s'avèrent des lieux propices pour la contamination. "On y trouve à peine deux latrines, rarement de l'eau potable et les centaines de passagers y sont confinées, regrette Dr Kebela. Au moindre accostage, ils vont se soulager dans la brousse et se lavent dans l'eau du fleuve".

Dans les autres localités du pays, l'absence des latrines, de l'eau potable et des notions d'hygiène exacerbent la situation. Dans les cuisines de fortune, on sert les clients une nourriture préparée dans un environnement insalubre. A Kinshasa, on les appelle "malewa". Les clients se servent sans laver les mains, et s'ils le font, ils se passent parfois du savon. Les salutations cordiales, les poignées des mains… sont régulièrement au rendez-vous, sans songer au préalable à la propreté.

Messages de prévention

Conscient de ce danger, le ministère de la Santé a pris l'option, depuis une dizaine de mois, de multiplier des réunions de concertation avec ses partenaires. Trois fois par semaine (lundi, mercredi, vendredi), le ministre de la Santee rassemble autour de lui les délégués de l'OMS, de l'Unicef, des Médecins sans frontières, de l'INRB, de la 4ème Direction… pour parler de l'évolution de l'épidémie de choléra, de la rougeole et de la poliomyélite.

Les stratégies sont, dès lors, prises pour mieux sensibiliser la population par la communication. Trois messages clefs sont de rigueur : apprendre aux gens le mode de contamination, leur expliquer comment éviter le choléra et que faire lorsqu'on constate les premiers signes qui nécessitent d'acheminer vite le patient au Centre de traitement de choléra le plus proche (CTS). 

Yves KALIKAT


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