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Crise alimentaire : 4,5 millions des personnes affectées en RDC

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image Le sortant - "Joseph Kabila"

La République Démocratique du Congo est confrontée à une crise alimentaire complexe et prolongée. Selon le rapport sur la sécurité alimentaire du mois de janvier dernier, cette crise  affecte 4,5 millions des personnes, dont 3,5 millions ont besoin d’assistance alimentaire d’urgence. Ces personnes sont localisées dans les zones affectées par des conflits récurrents et prolongés.

Les pluies diluviennes qui se sont abattues un peu partout sur l’ensemble du pays ont aggravé la situation humanitaire déjà précaire surtout dans l’arrière pays. A tel point qu’aujourd’hui, la République Démocratique du Congo est confrontée à une crise alimentaire complexe et prolongée.

Selon le rapport sur la sécurité alimentaire du mois de janvier dernier, cette crise  affecte 4,5 millions des personnes, dont 3,5 millions ont besoin d’assistance alimentaire d’urgence. Ces personnes sont localisées dans les zones affectées par des conflits récurrents et prolongés. Plus d’un 1,6 million de Congolais sont déplacés à l’intérieur de leur pays en raison principalement des violences. En plus de conflits internes, la RDC doit faire face aux afflux de réfugiés venus des pays voisins, notamment du Sud Soudan, du Burundi et de la République Centrafricaine.

Le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés renseigne que  la RDC compte 247033 personnes déplacées. En décembre 2015, Le PIB a été en hausse de 7,7 pourcent. L’inflation est estimée à 1,53 pourcent. Quant à l’inflation alimentaire, elle est de 3,3 pourcent.

Par rapport à l’évolution du marché mondial, la baisse des cours des matières premières, notamment des minerais, souligne-t-on, devrait affecter négativement les performances macroéconomiques du pays.

De même, redoute-t-on, les incertitudes autour du processus électoral pourraient accroître les tensions sociales, notamment des zones déjà affectées par les conflits intercommunautaires, comme à l’Est du pays.

En fait, les enquêtes menées sur le terrain et analyses au regard des besoins humanitaires des populations, de conflits, de mouvements de populations et insécurité alimentaire, des solutions urgentes s’imposent.

Le mois de janvier dernier a été  marqué particulièrement par un regain de tensions intercommunautaires dans le Nord-ivu, notamment celle survenue dans la localité Miriki. Il est évident que la situation alimentaire demeure toujours fragile dans plusieurs territoires du pays: Bafwasende (58 pourcent), Mambasa (46 pourcent).

Les victimes des conflits les plus affectées

Il est clairement établi que les personnes victimes des conflits sont les plus affectées par l’insécurité alimentaire. Dans le Nord-Kivu, la récente enquête conduite par le Programme alimentaire mondial et le Gouvernement indique que 26 pourcent des personnes déplacées sont très vulnérables à l’insécurité alimentaire.

Dans la province du Tanganyika, plus de 40 pourcent des déplacés ont une consommation alimentaire pauvre et limitée. Ces ménages s’appuient sur des sources de revenu et de nourriture précaires.

Par ailleurs, dans les camps de réfugiés des provinces du Nord et Sud-Ubangi, abritant des ressortissants centrafricains, la situation alimentaire est toujours préoccupante. Dans ces camps, selon une enquête conjointe d’ACTED et du PAM, 36 pourcent des ménages réfugiés centrafricains ont une consommation alimentaire pauvre.

Une évaluation multisectorielle réalisée par ACTED dans la province du Sud-Kivu a confirmé qu’une forte proportion de ménages a une consommation alimentaire pauvre : Bomongo (40 pourcent), Ngawanza (30 pourcent).

Cette évaluation indique que seulement 25 pourcent des ménages ont accès à des semences améliorées.  Dans la province du Sud-Kivu, le camp de Lusenda accueille 140000 réfugiés. L’évaluation faite par le Programme mondial alimentaire au mois de décembre dernier  indique que 83 pourcent des ménages réfugiés burundais ont une consommation alimentaire pauvre et limitée. Ces ménages appliquent des stratégies de survie sévères et ont des sources de nourriture et de revenu précaires.

Comme partout à travers le monde, le changement climatique a des incidences fâcheuses sur la pratique de l’agriculture et sur la santé. L’allusion est faite au  mois de janvier  dernier, marqué par des pluies normales  au dessus de la normale. Elles ont occasionné des inondations et autres catastrophes.  Au 31 janvier 2016, près d’un demi-million de personnes ont été affectées par ces pluies dont plus de 50000 personnes déplacées internes.

Ces inondations ont occasionné la destruction de plus de 9000 ha de terres cultivées. Des destructions de stocks alimentaires ont été également rapportées. La Tshopo et le Haut-Lomami sont les provinces les plus touchées. Ces pluies diluviennes accentuent les risques de maladies hydriques qui affectent la situation alimentaire et nutritionnelle des ménages.

Plus de 3,1 millions de ruraux congolais sont potentiellement exposés aux conséquences de ces catastrophes naturelles. Cette situation est la base de la flambée observée actuellement des prix de denrées alimentaires sur le marché notamment dans les zones touchées.

En effet, constate-t-on, les marchés des céréales congolais sont caractérisés par une faible intégration et une forte volatilité des prix. Les comparaisons de l’évolution des prix sont faites par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Il s’observe que  le prix de la farine de manioc est en hausse de  plus de 33 % à Bukavu et en baisse de  moins de 5 % à Goma. Le prix des cossettes de manioc est en baisse de moins de 23 % et  de moins de 5 % respectivement à Butembo et Kabalo tandis qu’une hausse significative est observée sur le marché d’Uvira, soit de 27%.

Perspectives et actions prioritaires

Alors que  sur le marché de Bukavu et de Kabalo, le prix du haricot est en hausse respectivement de  plus de 6 % et de plus de 3 %, dans la province de l’Ex-Equateur on enregistre une basse importante de production de riz. Le prix du riz local est en baisse  sur les marchés de Libenge (-20 %) et Gbadolite (- 24 %). Le riz importé est suivi sur le marché de Lubumbashi où le prix est en baisse de  moins de 4 %. Tandis que la farine de maïs est en baisse de  moins de 28 % à Zongo et stable à Butembo (0 %).

Même le carburant entre en ligne de compte. Officiellement le prix du gazole est fixé par l’Etat. La décision récente du Gouvernement de baisser le prix du gazole contribuera certainement à stabiliser les prix des produits alimentaires.

En ce qui concerne les perspectives et actions prioritaires, l’évolution de la situation du Burundi sera déterminante pour la sécurité alimentaire des ménages du Sud Kivu. Une arrivée importante de réfugiés affectera les marchés et les autres sources d’accès à la nourriture dans les zones d’accueil.

En outre, les baisses de la production agricole occasionnées par les intempéries  en Zambie et en Afrique du Sud devraient affecter l’approvisionnement en maïs des marchés congolais, notamment dans l’ex-province du Katanga. Les pluies devraient s’intensifier dans la partie Ouest du pays, avec l’augmentation des risques de nouvelles inondations. Enfin, dans les zones affectées par tous ces chocs, l’accès à court terme à la nourriture et à moyen terme aux intrants agricoles sera déterminant pour relancer la production agricole.

[Dovin Ntelolo Diasonga]


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ducant jerome on 28/06/2016 06:10:03
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C'est une honte ! :(www.jeux-2-filles.com
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