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RDC : Déficits alimentaires, risque de malnutrition aiguë à Irumu

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image FDLR - Un rebelle hutu rwandais, Est de la RDC.

On ne le dira jamais assez, les conflits armés avec leur lot d’insécurité qu’ils créent, ont toujours de conséquences néfastes pour les populations civiles. Les populations du Sud du territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri, en font  depuis plusieurs années déjà une douloureuse expérience.

Les populations du Sud d’Irumu sont quotidiennement victimes des attaques des groupes armés au point de voir leur train de vie complètement affecté. Aujourd’hui à cause des effets pervers consécutifs à la présence des groupes armés, un ménage sur cinq dans le sud Irumu connaît des déficits alimentaires extrêmes, entrainant entre autres une malnutrition aiguë très élevée ou une mortalité excessive.

A l’analyse de ces résultats, l’on constate que la persistance de l’insécurité a maintenu le Sud Irumu dans la même phase que lors du dernier semestre de 2014. Depuis 2014, une assistance d’urgence est apportée aux personnes affectées. Mais beaucoup d’acteurs humanitaires estiment que des projets d’urgence souvent de courte durée ne permettent vraiment pas d’avoir un impact réel pour résorber l’insécurité alimentaire.

Pour pallier à cette situation, Ils préconisent notamment la mise en œuvre des projets de longue durée, la coordination entre les acteurs et le renforcement des capacités des partenaires locaux.

Dans ce territoire, on enregistre une moyenne de trois attaques chaque jour, comme attestent les rapports de suivi de protection. Ces attaques, souligne-t-on, s’accompagnent de violations des droits humains notamment pillages, viols, tueries…

Outre la sécurité des personnes et leurs biens, cette situation affecte également les secteurs de la sécurité alimentaire et de la nutrition. D’ailleurs, les experts de la sécurité alimentaire ont classé le territoire du Sud Irumu en phase d’urgence, c’est-à-dire la phase 4. Plus ou moins 150 800 personnes dont des déplacés, retournés et des membres de communauté d’accueil sont affectées.

La vie rythmée par des affrontements armés

Dans l’ensemble plus de 308 000 personnes se trouvent en crise alimentaire, soit la phase, dans l’ex Province Orientale, d’après les résultats du 13ème cycle du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), publié au mois de  septembre dernier.

Depuis le mois de septembre 2013, révèle le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), la vie des populations du Sud du territoire d’Irumu est rythmée par des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les miliciens du Front de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI).

Les combats entre les forces gouvernementales et ce groupe rebelle ont poussé environ 150 000 personnes en déplacement dans la zone.  Le malheur ne vient jamais seul, dit-t-on, plus de 44 000 personnes, soit 8 900 ménages de deux chefferies, dans le territoire de Mahagi, ont perdu leurs cultures de manioc, haricot, maïs, patate douce, bananier, soja, caféier et autres, à la suite d’une pluie de grêle qui s’est abattue le 8 octobre dernier sur la contrée.

En soutien aux paysans sinistrés et pour faire face à cette catastrophe naturelle, les responsables de l’Inspection de l’agriculture, pêche et élevage (IPAPEL), recommandent aux autorités nationales et acteurs humanitaires d’apporter une assistance en intrants agricoles et vivriers.

Les dégâts étaient tellement énormes qu’ils redoutent une situation de famine lors de la prochaine saison culturale A. D’autant plus que les paysans ont perdu plus de 75 % de leurs récoltes, principalement le haricot, maïs et patate douce, qui constituent leurs aliments de base et une source de revenu.

Par ailleurs, à Dungu, territoire de la province de la Tshopo, environ 2 000 personnes sont sinistrées depuis le mois de septembre dernier, où quelque 3 500 personnes dans la localité de  Banalia centre seraient aussi affectées par des inondations depuis début du mois de novembre courant, rapportent des sources locales.

Jusque là, constate-t-on, aucune assistance n’est apportée aux personnes sinistrées. Dans l’entre-temps, signale-t-on, les organisations non gouvernementales internationales se sont désengagées depuis 2012 dans la province du Haut-Uele. Alors que les organisations locales ne disposent pas de capacités, ni de ressources pour faire face à cette crise.

Face aux besoins humanitaires exprimés et se trouvant pratiquement seules sur le terrain impuissantes, les organisations non gouvernementales locales fustigent la faible implication des autorités locales dans la gestion de cette crise à Dungu.

Il faut craindre la résurgence des maladies d’origine hydrique et autres dégâts avec ces pluies abondantes qui s’étaleront sur le prochain trimestre dans le Haut-Uele. C’est dans cette perspective que OCHA est en contact avec ces acteurs locaux pour le partage des informations afin de connaitre l’impact de cette catastrophe et les besoins.

En fait la cité de Dungu connait des inondations récurrentes pendant la saison de pluies. Erigée en ville depuis près de deux ans, un plan d’aménagement avec l’implication des autorités pourrait redéfinir les zones habitables afin d’éviter les conséquences des inondations sur la population.

Plus de 20000 personnes victimes d’inondations

Il convient également de savoir que des inondations survenues en 2012 dans la ville de Dungu et dans plusieurs autres localités des territoires de Dungu et de Niangara avaient touché plus ou moins 20 000 personnes. Pour soulager les foyers sinistrés, une aide multisectorielle avait été organisée par les acteurs humanitaires.

C’est dans cette circonstance que la Division provinciale de la santé (DPS) de la Tshopo a fait état de  518 cas choléra dont 50 décès enregistrés dans sept zones de santé de la Tshopo entre le 1er septembre et le 8 novembre courant. Une quantité de médicaments permettant de prendre en charge des personnes affectées a déjà été livrée.

Certainement pour prévenir une large propagation de la maladie, face aux pluies abondantes enregistrées dans les zones les plus exposées aux épidémies de choléra et autres maladies hydriques, les intervenants dans la lutte contre le choléra plaident auprès des bailleurs pour un financement additionnel afin de renforcer les activités liées à l’assainissement de l’eau, la promotion de la santé et de l’hygiène ainsi que la paie des prestataires locaux temporaires.

Malheureusement, la réponse à une éventuelle explosion de l’épidémie reste sujet à caution, pour la simple et bonne raison que la Division provinciale de la santé (DPS) de la Tshopo est confrontée aux difficultés d’ordre financier et matériel, qui handicapent le fonctionnement du Comité de surveillance mis en place.

[Dovin Ntelolo Diasonga]


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