RDC, un chaos profile à l’horizon

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image Clement Kanku Bukasa

« Les acteurs politiques congolais savent bien que les élections ne seront pas possibles dans moins de 12 mois dans un pays comme la RDC, sans infrastructures de transport adéquates, sans administration électorale rodée et sans argent », selon des observateurs avisés de la scène politique congolaise. Et même si l’argent était disponible, il ne faut pas se voiler la face et penser qu’il est encore possible d’organiser les élections crédibles en si peu de temps qui reste. Il est indéniable que, pour des raisons techniques, les élections de 2016 pourraient être différées de quelques mois. Si tel est le cas, c’est maintenant qu’il faudrait commencer à réfléchir sur les dispositions à prendre pour gérer cette situation. Pour prévenir le chaos qui se profile à l’horizon, si jamais les élections n’ont pas lieu telles que prévues, un des scénarii possible serait d’envisager maintenant la possibilité de former un gouvernement de transition, pour éviter de s’empêtrer de nouveau dans une nouvelle crise.

Le président du Mouvement pour le renouveau (MR), le député national Clément Kanku a  appelé mercredi 04 novembre 2015 la classe politique de la République démocratique du Congo (RDC) à une table ronde électorale, à la faveur du lancement de son « Plan MR de sortie de crise » politiquye et électorale.

Clément Kanku, qui a noté que le dialogue qui pourrait intervenir dans la deuxième quinzaine du mois en cours devrait porter essentiellement sur les questions électorales a souhaité que ces assises soient inclusives. Il propose quelques garanties à donner aux pro et anti-dialogue pour la sortie de crise.

« La garantie, la première, c’est le respect de la Constitution, du délai constitutionnel. La deuxième garantie, c’est que les choses se passent en toute transparence en ne parlant que des matières qui touchent aux élections parce que ne pas circonscrire cette table-ronde, ce forum ou ce dialogue autour d’un thème précis, c’est une porte ouverte à toute forme de dérive, je dirais même mieux à touts ce que les gens craignent aujourd’hui, c’est-à-dire, le fameux glissement », a confié le président du MR.

Clément Kanku a estimé qu’il est important de régler le problème « tout de suite parce qu’il pense que « le statut quo n’arrange rien ».

« Parce que le statut quo, c’est comme si nous avons différé nos problèmes et nous allons le régler après. Nous, nous pensons au Mouvement pour le Renouveau qu’il faut régler la question toute suite », a-t-il précisé.

Les sujets qui pourraient être traités dans ce dialogue politique

Le dialogue politique sur le processus électoral pourrait être convoqué d’ici le 15 novembre 2015, à en croire certains députés nationaux. Ces assises se tiendraient à Kinshasa ou à Muanda, dans le Kongo central.

Concernant les sujets qui pourraient être traités dans ce dialogue politique, des élus interrogés mercredi par Radio Okapi citent notamment :

  • Le calendrier électoral,
  • L’enrôlement de nouveaux majeurs,
  • La sécurisation du processus électoral,
  • Le budget des élections.

Un scénario possible de sortie de crise

« Les acteurs politiques congolais savent bien que les élections ne seront pas possibles dans moins de 12 mois dans un pays comme la RDC, sans infrastructures de transport adéquates, sans administration électorale rodée et sans argent », selon des observateurs avisés de la scène politique congolaise.

Et même si l’argent était disponible, il ne faut pas se voiler la face et penser qu’il est encore possible d’organiser les élections crédibles en si peu de temps qui reste. Il est indéniable que, pour des raisons techniques, les élections de 2016 pourraient être différées de quelques mois.

Si tel est le cas, c’est maintenant qu’il faudrait commencer à réfléchir sur les dispositions à prendre pour gérer cette situation. Pour prévenir le chaos qui se profile à l’horizon, si jamais les élections n’ont pas lieu telles que prévues, un des scénarii possible serait d’envisager maintenant la possibilité de former un gouvernement de transition, pour éviter de s’empêtrer de nouveau dans une nouvelle crise.

Ainsi, les acteurs politiques et ceux de la société civile congolaise devraient s’accorder sur l’éventualité de convoquer rapidement un dialogue politique, tel que déjà souhaité par un certain nombre d’entre eux, pour débattre de toutes ces questions.

S’inspirer des élections de 2006 et 2011

Les acteurs politiques congolais ont suffisamment d’expériences de conflits armés et d’où ils ont amené le pays, pour savoir qu’en démocratie, les problèmes ne peuvent se régler autrement que par un dialogue politique.

Les Congolais méritent mieux. Ils ont un pays, béni de Dieu, qui dispose de tous les atouts possibles pour devenir un pays émergent où il fait bon vivre. Malheureusement, les Congolais qui dorment sur d’immenses ressources naturelles doivent se résigner de toujours tendre la main vers l’Occident, même pour des obligations qui affirment l’exercice de la souveraineté d’un État.

« En tout état de cause, les 580 millions de dollars américains programmés par le gouvernement dans le budget de l’exercice 2016 devraient financer uniquement la présidentielle et les élections législatives prévues dans la Constitution pour respecter le délai constitutionnel, tel que cela a été fait en novembre 2011 », soutiennent des analystes impartiaux.

Ils rappellent que « c’est pour des considérations analogues que la présidentielle et les législatives, combinées aux élections provinciales au second tour de la présidentielle, avaient été organisées en 2006 ».

Gouvernement transitoire des technocrates

Dans une situation de crise politique, l’avantage d’un gouvernement transitoire composé des technocrates voire des acteurs politiques vertébrés est, entre autres, qu’il a un temps bien limité avec un mandat clair de proposer des pistes de solutions pour régler les problèmes actuels et futurs au bénéfice de l’intérêt général.

La proposition d’un gouvernement de cohabitation pacifique en lieu et place de celui des technocrates  est une solution qui a le mérite d’être soutenue par des experts avisés.

«Le dialogue est une manœuvre avec les gens qui veulent goûter au pouvoir»

La première convention de la Dynamique de l’Opposition, une plate-forme constituée des partis d’opposition comme l’UNC, le MLC, l’Ecidé…s’est ouverte mercredi 5 novembre 2015 à Kinshasa. Ces partis réaffirment leur détermination à faire échec à toute tentative de glissement du mandat du chef de l’Etat et rejette à cet effet le dialogue politique annoncé par le pouvoir.

Pendant trois jours, « la dynamique de l’opposition compte définir des actions à mener afin d’arracher le respect de la constitution et sauver l’ordre qui la fonde », a  affirmé Martin Fayulu, modérateur de la Dynamique de l’Opposition.

«Le dialogue est une manœuvre avec les gens qui veulent goûter au pouvoir», a souligné Martin Fayulu, cité par Radio Okapi.

100 participants attendus au Dialogue politique

A en croire des députés nationaux, près de 100 personnes sont attendues à ces assises qui ne devraient pas dépasser deux semaines.

Ils font état d’un médiateur, qui a été désigné pour faciliter ce dialogue. Le nom de Saïd Djinnit, Envoyé spécial des Nations Unies dans les Grands Lacs, a déjà été proposé. D’autres sources évoquent une médiation de la Monusco.

La médiation internationale était l’une des exigences de l’UDPS pour prendre part à ces assises.

Concernant les sujets prévus à l’ordre du jour de ce dialogue politique, les élus interrogés par Radio Okapi citent notamment :

  • Le calendrier électoral,
  • L’enrôlement de nouveaux majeurs,
  • La sécurisation du processus électoral,
  • Le budget des élections.

A cette liste, s’ajoutent la restructuration de la Commission électorale et probablement la constitution d’une nouvelle équipe gouvernementale.

À l’issue d’une réunion des chefs de principales institutions de la RDC autour du président Joseph Kabila, le ministre de l’Intérieur a annoncé lundi 26 novembre 2015 que le dialogue politique sur le processus électoral « pourrait être convoqué incessamment ».

Ce dialogue initié par le chef de l’Etat est soutenu par la Majorité présidentielle et certains partis de l’opposition, dont l’UDPS de l’opposant historique Etienne Tshisekedi.

Une autre partie de l’opposition rejette ce dialogue. Réunie en convention à Kinshasa depuis le mercredi 4 novembre, la Dynamique de l’opposition, une plate-forme qui regroupe plusieurs politiques dont l’UNC, le MLC, l’Ecidé et l’Envol, a fait savoir que ce dialogue ne pourra que favoriser le glissement du mandat présidentiel qui aboutirait à un report des élections prévues en 2016.


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