RDC : Vague de pressions politiques à la CENI

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image CASE - Un membre de la Commission africaine pour la supervision des élections (CASE)

Commission africaine pour la supervision des élections (CASE), qui s’inquiète des derniers développements de la situation à la Commission électorale nationale Indépendante (CENI), dénonce « une vague de pressions politiques qu’elle subit depuis quelques semaines, visant manifestement sa déstabilisation par les grandes tendances politiques » de la RD Congo. « Les démissions imposées ou ordonnées par les composantes politiques viennent affaiblir le niveau d’indépendance de la Centrale électorale au point qu’elle s’en trouve gravement affectée », stigmatise la CASE dans une Déclaration signée par son président Simaro Ngongo Mbayo, le 02 novembre 2015.

Elle fonde son inquiétude sur le fait que « la démission confirmée du vice-président de la CENI en la personne de Monsieur André Mpungwe Songo, après celle décidée depuis son lit d’hôpital par Monsieur l’Abbé Apollinaire Muholongu Malumalu, plongent actuellement la CENI dans une profonde déconfiture avec le risque d’exposer le pays dans une crise politique et électorale dangereuse ».

A cet effet, la CASE « met en alerte tous ses Observateurs par rapport à la vague de déstabilisation de la CENI ».

La RDC exposée à « une crise politique et électorale dangereuse »

De l’avis de la CASE, « les démissions imposées ou ordonnées par les composantes politiques viennent affaiblir le niveau d’indépendance de la Centrale électorale au point qu’elle s’en trouve gravement affectée ».

« La démission confirmée du vice-président de la CENI en la personne de Monsieur André Mpungwe Songo, après celle décidée depuis son lit d’hôpital par Monsieur l’Abbé Apollinaire Muholongu Malumalu, plongent actuellement la CENI dans une profonde déconfiture avec le risque d’exposer le pays dans une crise politique et électorale dangereuse. Il en est de même de la lettre signée en date du 31 octobre 2015 par le Secrétariat général de la Majorité présidentielle dont les motivations visibles replongent le pays dans une nouvelle spirale de crise de confiance autour de l’Institution de gestion des élections en RDC », relève-t-elle.

Disant être « vivement préoccupée par les menaces de plus en plus accrues sur les membres de la CENI », la CASE « observe qu’aucune réaction de condamnation ne semble arrêter cette machine de déstabilisation du processus électoral ».

C’est la raison pour laquelle elle « appelle tous ses membres répartis dans les 74 réseaux opérationnels de la Société civile sur l’ensemble du territoire national à redoubler de vigilance et à renforcer leurs dispositifs d’observation autour des possibles dérives électorales, partout où ils se trouvent ».

Elle demande notamment à ses « observateurs long terme de bien veiller sur les attitudes, comportements, agissements et faits des acteurs politiques et de la Société civile par rapport au processus électoral afin de mieux cerner les responsabilités des uns et des autres dans ce blocage quasi-consacré du processus électoral ».

Elle rappelle à tous les acteurs en présence à l’ordre « afin que cessent toutes les pratiques susceptibles de fragiliser la machine électorale et les invite à la sagesse dans la responsabilité qui leur incombe pour ne pas porter à eux seuls la responsabilité de la déstabilisation du pays ».

Recommandations

Au regard de ce qui précède, la CASE recommande à la classe politique congolaise (Majorité Présidentielle et Opposition Politique) de :

- Tirer les leçons de leurs agissements de ces derniers mois qui ne font qu’aggraver la situation politique du pays et exacerber les déchirements politiques en leurs seins ;

- Prendre leur responsabilité dans le choix des futurs animateurs  de la CENI en remplacement des membres démissionnaires en tenant compte des critères prioritairement de compétence, de maîtrise des questions électorales et de préservation des acquis électoraux du pays ;

- Communiquer suffisamment de leurs actions à la population afin d’éviter tout déviationnisme au sein de la population ;

- S’entendre définitivement autour des priorités électorales du pays et de libérer la CENI de toute campagne de déséquilibre et de déstabilisation.

A la Société civile congolaise, la CASE demande de :   

- S’assumer devant la nation et devant l’histoire en pesant de tout son poids afin de barrer la route aux politiciens qui développement des plans macabres contre le processus électoral ;

- S’assumer également dans le comportement à adopter en cette période de grave fragilité électorale ;

- Se concerter de toute urgence dans un forum de sauvetage du processus électoral afin de donner de la voix tous, ensemble, pour un recadrage électorale en RDC.

La CASE exhorte les Confessions religieuses à :

-Prodiguer des sages conseils aux acteurs politiques qui sont du reste leurs propres fidèles, afin que ceux-ci assument publiquement leurs actes en cette période difficile ;

- Renforcer la cohésion inter-religieuse en promouvant la Commission d’Intégrité et Médiation Electorale (CIME) et en accordant leurs violons autour de la candidature en remplacement du Président de la CENI.

Au Gouvernement, la CASE demande de :

- Veiller au renforcement des mécanismes de mobilisation des ressources financières et de sécurisation du pays pour un processus électoral apaisé.

Au parlement de la République, elle recommande de :

- Tirer les conséquences des lois précédemment votées et dont la mise en application complique la tâche à la nation. Cas de la loi organique de la CENI qui ouvre gravement la voie aux forces politiques avec le risque de bloquer la machine électorale par ces derniers ;

- Accélérer la procédure d’entérinement du Président de la CENI pour permettre une stabilisation de la situation administrative de l’institution ;

- Voter sans délai la loi modifiant celle de 2004 portant sur l’identification et l’enrôlement des électeurs afin de permettre une rapide programmation de l’enrôlement des nouveaux majeurs et des compatriotes de la Diaspora.

La CASE recommande au Président de la République, Chef de l’Etat, de :

- Convoquer immédiatement le Dialogue National afin de régler sans attendre la question relative à l’installation des nouveaux animateurs à la CENI et de baliser la voie à un processus électoral inclusif, global, crédible et apaisé.

Enfin, elle invite la communauté internationale à « accompagner la RDC et la CENI dans cette étape de reconfiguration de la CENI et du dialogue ».


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