RDC : Biographie de NANGAA, le remplaçant de MALUMALU a la CENI

Font size: Decrease font Enlarge font
image Corneille Nangaa

Né en 1970 à Bagboya en Province orientale, M. Corneille Nangaa Yobeluo, nouveau secrétaire exécutif national adjoint (SENA) de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a 13 ans d’expérience professionnelle dont 8 en démocratie et les élections aussi bien au niveau national qu’international. Il était jusque là, directeur des programmes à l’Ecole de formation électorale en Afrique centrale (EFEAC).

Facilitateur, expert BRIDGE depuis 2010, fonctionnaire international et consultant par moment, il a travaillé dans le domaine d’assistance technique électorale en tant que consultant avec la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES), l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électoral (IDEA), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Côte d’Ivoire, au Niger, au Gabon, en République de Guinée, au Ghana, au Kenya, au Burundi, au Cameroun et à Madagascar.

Il évolue dans le domaine des élections depuis 2005 en occupant le poste de Superviseur technique national à l’ancienne CEI, et il a eu à coordonner les opérations électorales sur le terrain dans toutes les provinces de la République démocratique du Congo.

Nommé coordonnateur du Réseau du savoir électoral en Afrique centrale en 2007, Corneille Nangaa Yobeluo a conduit sous l’autorité du Président de la Commission électorale indépendante (CEI) l’installation de ce réseau au sein de tous les Organes de gestion des élections (OGE) des 9 pays de la région d’Afrique centrale. Il est détenteur d’un diplôme de licence en Sciences économiques de l’Université de Kinshasa. Parfait bilingue Français-Anglais, il parle également Lingala et Swahili.

C’est par la décision n°002/CENIRDC/AP/13 du 28 septembre 2013, signée des mains de l’abbé Malumalu, alors président de la Ceni, que MM. Flavien Misoni Mbayahe et Corneille Nangaa Yobeluo, ont été nommés respectivement aux postes du Secrétaire exécutif national (SEN) et Secrétaire exécutif national adjoint (SENA) de la Commission électorale nationale indépendante.

Les deux personnalités ont remplacé à ces postes MM. Dave Banza et Béchir Bungu, qui ont assumé ces fonctions autrefois. L’ancien SEN, Dave Banza a été affecté à l’Unité technique spéciale de la planification tandis que l’ancien SENA, M. Béchir Bungu a été muté à l’Unité technique spéciale de la cartographie. 

Succession de l’abbé Malumalu

Corneille Nangaa a été désigné par consensus par les confessions religieuses pour remplacer Apollinaire Malumalu. Cela en attendant la poursuite de la procédure qui prévoit le vote favorable de l’Assemblée nationale et la confirmation par une ordonnance présidentielle. Toutefois, jointe au téléphone, une source proche de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) ne décolère pas : « La Cenco n’est pas concernée par ce choix imposé ». Dans les heures qui suivent, a affirmé notre interlocuteur, « un communiqué officiel sera rendu public, pour donner la position de la Cenco ». Encore une fois, les Catholiques se réservent sur le choix porté par les six autres confessions religieuses sur la personne qui devra présider  désormais aux destinées de la Ceni. 

La succession de l’abbé Malumalu est sur le point d’être dénouée. Des sources concordantes rapportent que les confessions religieuses sont parvenues, après plus d’une semaine de délibérations, à se mettre d’accord autour d’un nom.  C’est sur Corneille Nangaa Yobeluo, actuel secrétaire exécutif national adjoint de la Ceni, que les confessions religieuses ont jeté leur dévolu. C’est hier mercredi dans la soirée que la nouvelle a été divulguée par voie de presse.

Selon Mgr Milenge Mwenelwata, évêque de l’Eglise du Christ au Congo, repris par radio Okapi, les tractations entre différents délégués des confessions religieuses se sont déroulées en toute convivialité. Le clergé protestant précise que, dans leurs délibérations, les confessions religieuses ont pris en compte les impératifs de la loi, en s’appuyant sur la technicité  et la probité morale.

Tout compte fait, de l’avis des confessions religieuses, Corneille Nangaa réunissait tous ces critères. Aussi un compromis s’est-il facilement dégagé autour de sa candidature.

Une coïncidence qui fait tiquer

Il y a cependant quelques remarques. De prime abord, l’on se rend compte que depuis son installation au terme de l’endossement en 2002 de l’accord global et inclusif à Sun City (Afrique du Sud), la Ceni a toujours été dirigée par un ressortissant de l’Est. Est-ce sur base d’une disposition non écrite que cette pratique géopolitique est respectée ? Difficile à dire. Néanmoins, ce détail intrigue. C’est ce grand arbre, soutiennent d’aucuns, qui a toujours caché la forêt des opérations électorales menées par la Ceni.

En 2006, c’est l’abbé Malumalu, ressortissant du Nord-Kivu, qui a été coopté comme président de la Ceni. En 2011, c’est le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, originaire du Katanga, qui lui a succédé, avant que le même Malumalu ne retourne aux affaires en 2013. Au terme de sa démission de la présidence de la Ceni, c’est sur un autre originaire de l’Est, plus précisément de l’ancienne province Orientale, que pourraient être probablement confiées les commandes de la Ceni.

 Lorsqu’une pratique tend à être institutionnalisée, on ne peut que s’interroger. La coïncidence fait tiquer. Au nom de la transparence et de l’indépendance dont la Ceni doit se prévaloir.

Pour l’instant, la procédure pour la succession de Malumalu à la tête de la Ceni est lancée. Après l’étape des confessions religieuses, le prochain round se joue à l’Assemblée nationale où les députés nationaux doivent valider ce choix, avant que le chef de l’Etat ne l’investisse par voie d’ordonnance.

Dans l’opinion, l’on espère que le choix porté par les confessions religieuses ne va pas obstruer la voie qui conduit à des élections véritablement libres, transparentes et démocratiques.

Nommé en 2013 comme secrétaire exécutif national adjoint de la Ceni, Corneille Nangaa jouit, à première vue, d’une certaine expertise pour des questions électorale. Reste cependant à éprouver son indépendance et ses capacités à mener la barque de la Ceni sans penchant ni compromission.

Seulement voilà. Jointe au téléphone par notre rédaction, une source proche de la Conférence épiscopale nationale du Congo(Cenco)  affirmé que l’Eglise catholique ne se reconnaît dans le choix rendu public hier par les confessions religieuses concernant la désignation de Corneille Nangaa comme successeur de Malumalu à la tête de la Ceni. Elle soupçonnerait une manipulation des délégués qui ont pris part aux tractations qui ont été menées en l’absence de l’Eglise catholique. « La Cenco n’est pas concernée par ce choix imposé », a dit notre interlocuteur tout en promettant un communiqué officiel de sa structure dans les prochaines heures.  

Par ailleurs, un flou persiste quant à l’appartenance de Corneille Nangaa à une quelconque confession religieuse.

[lePotentiel]


Cet article a été lu 16554 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
3.00