L'Opposition congolaise veut-elle vraiment accéder au pouvoir ?

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image Opposition - Les opposants de "Joseph Kabila"

L’Opposition politique fait piètre figure. Elle se prévaut de sa pluralité mais elle se fait casser la figure par la majorité au pouvoir chaque fois qu’il y a une bataille politique ou électorale. Econduite en 2006 et 2011, elle ne prend pas le soin de tirer les leçons de ses échecs et de recadrer sa ligne de conduite. C’est à se demander si elle veut vraiment accéder au pouvoir. Alors qu’elle savait ce que mijotait la Majorité présidentielle (MP) concernant tous les sujets d’actualité, notamment le glissement du processus électoral, la révision constitutionnelle, le découpage territorial, le réaménagement du calendrier électoral global de la Ceni, le dialogue politique, l’Opposition n’a pas su parler d’une seule voix.  Ses dissensions internes ont mis à nu ses insuffisances quant à la maîtrise des enjeux politiques de l’heure et à avenir. Si pour les uns l’absence d’organisation de l’Opposition tenait au manque de ressources financières, les autres balaient d’un revers de la main cet argument en soutenant que c’est plutôt un déficit dans l’engagement politique des opposants. La politique est considérée  comme une profession qui donne accès à l’argent ou un enrichissement facile, l’on comprend pourquoi les hommes politiques sont si versatiles, corvéables à souhait.

Le fossé qui sépare le peuple et l’homme politique  se creuse davantage chaque jour  sans que ce dernier n’en fasse une préoccupation. Ce constat malheureux est fait en ce moment précis où les échéances électorales de 2016 avancent à pas de géant. Alors que la majorité au pouvoir multiplie des stratégies pour conserver le pouvoir, l’Opposition brille par l’absence d’organisation au point qu’à ce jour elle ne rassure pas quant à l’alternance politique tant attendue.

La RDC est engagée dans un processus dont le point de chute  se trouvent être les élections législatives nationales et la présidentielle en 2016. Il serait superfétatoire de s’attarder sur l’importance de ces scrutins qui vont au finish assurer l’alternance au sommet de l’Etat.

Seulement voilà. La machine électorale est grippée du fait de la classe politique. Réputée pouvoir organisateur des élections et indépendante aux termes de la loi, la Ceni (Commission électorale nationale indépendante)  bat de l’aile. Malgré la publication du calendrier électoral global, clairement assorti de contraintes juridiques, financières, matérielles, la centrale électorale peine à l’appliquer.

Au nombre de goulots d’étranglements figurent en bonne place l’absence de moyens financiers et de logistique, mais aussi la gué-guerre politique qui fait que le politicien congolais n’a plus bonne presse dans l’opinion. C’est le cas de l’Opposition dont on ne sait plus sur quel pied elle danse.

TOUJOURS DIVISÉE, L’OPPOSITION EST DÉPASSÉE

L’Opposition politique fait piètre figure. Elle se prévaut de sa pluralité mais elle se fait casser la figure par la majorité au pouvoir chaque fois qu’il y a une bataille politique ou électorale. Econduite en 2006 et 2011, elle ne prend pas le soin de tirer les leçons de ses échecs et de recadrer sa ligne de conduite. C’est à se demander si elle veut vraiment accéder au pouvoir.

Alors qu’elle savait ce que mijotait la Majorité présidentielle (MP) concernant tous les sujets d’actualité, notamment le glissement du processus électoral, la révision constitutionnelle, le découpage territorial, le réaménagement du calendrier électoral global de la Ceni, le dialogue politique, l’Opposition n’a pas su parler d’une seule voix.  Ses dissensions internes ont mis à nu ses insuffisances quant à la maîtrise des enjeux politiques de l’heure et à avenir.

Si pour les uns l’absence d’organisation de l’Opposition tenait au manque de ressources financières, les autres balaient d’un revers de la main cet argument en soutenant que c’est plutôt un déficit dans l’engagement politique des opposants.  « To be or not to be », dit un auteur anglais : être ou ne pas être). Quand la politique est considérée  comme une profession qui donne accès à l’argent ou un enrichissement facile, l’on comprend pourquoi les hommes politiques sont si versatiles, corvéables à souhait.

LE G7 TRAHI ?

Renseignements pris, d’aucuns ont fait savoir que  la plupart des grandes gueules de l’Opposition  qui tentaient de susciter l’espoir  dans l’opinion par des prises de position audacieuses finissaient toujours par tomber face aux offres alléchantes. Dès lors, il y a lieu de s’interroger si on fait la politique pour son ventre ou pour améliorer le vécu quotidien du souverain primaire.

La dernière défection  de sept partis de la MP, désormais connus sous l’appellation de G7, a été accueillie comme  un baume au cœur faible de l’Opposition. Curieusement, ce souffle nouveau peine à se faire sentir, au grand dam de la grande masse qui nourrissait déjà beaucoup d’espoir. Le fond du problème, c’est que l’Opposition n’a pas réussi à se départir de ses tares, notamment la méfiance, l’égocentrisme, la suspicion et la trahison. Aussi l’organisation ne répond-elle pas au rendez-vous.

Alors que l’arrivée du G7 devait être mise à profit pour resserrer les rangs qui ne cessent de s’agrandir, les leaders de l’Opposition tardent à aplanir leurs divergences de vue, minimiser leurs différences et se mettre d’accord autour d’une vision commune. Il nous revient que ces leaders en mal de positionnement politique ne voudraient pas faire des concessions en ce qui concerne les ambitions politiques. Comment peut-on se permettre de mettre la charrue devant le bœuf face à un pouvoir qui s’est enraciné comme celui de la Majorité actuelle ? Le pouvoir sait frapper les opposants au bon endroit, c’est-à-dire le ventre. Aussi, des passages aux toilettes avant un vote en plénière édifient sur la détermination des opposants congolais. Pire, il est fait état de bulletins photographiés à l’isoloir pour prouver que tout le monde avait respecté le mot d’ordre. Pourquoi donc un opposant photographierait son bulletin dans l’isoloir ?

S’INSPIRER DE L’EXEMPLE GUINÉEN

Comment peut-on dans ce contexte, déplorent des observateurs avisés, imaginer construire une force politique qui peut bousculer le pouvoir en place et se définir comme l’alternance politique attendue en 2016 ? Si l’histoire récente du pays ne les inspire pas, ils devraient au moins jeter un coup d’œil du côté de la Guinée-Conakry. Pour avoir commis les mêmes erreurs, l’Opposition guinéenne a mordu la poussière.

Les analystes prédisent qu’il en sera de même en Côte d’Ivoire où l’Opposition n’arrive pas s’organiser et présenter un candidat unique face à celui du pouvoir en place. Les erreurs ne payent pas ; au contraire elles mènent à la déconfiture. La pluralité politique ne peut en aucun cas justifier  des candidatures indépendantes plurielles sans assises  sociologiques avérées.

PISTE DE SOLUTION : CONSENSUS AUTOUR D’UN CANDIDAT UNIQUE

Suite à tout ce qui précède, l’Opposition a tout intérêt à se surpasser. Elle doit éviter et surtout renoncer à sa tendance d’aller en ordre dispersé vers les échéances importantes.

L’on sait que la crise existe dans le pays,  qu’elle est même chronique mais l’éthique devrait interpeller les hommes politiques à se garder de la corruption, surtout celle qui humilie et avilit. Les opposants doivent éviter de tourner en rond et de tomber sous les charmes de n’importe quel séducteur politique.

En rapport avec les enjeux actuels, l’Opposition devrait se résoudre à disposer d’une vision commune laquelle devra déboucher sur la présentation d’une seule candidature à la présidentielle et des candidatures concertées aux législatives. C’est seulement dans ce cas précis qu’elle peut prétendre prendre en compte le sort de la population et cesser d’être regardé de manière indifférente par cette dernière. L’avenir de l’Opposition réside dans sa capacité de se rassembler, d’éviter des suspicions, de s’évaluer objectivement et de bien identifier l’adversaire.  Les querelles puériles, encastrées dans des égos surdimensionnées est en faveur de la Majorité, car c’est elle qui en tire profit. Le peuple qui n’est pas dupe n’est nullement rassuré par cette opposition qui devrait porter ses espoirs. Il est temps de changer de fusil d’épaules en se mettant en position de répondre aux attentes de la population qui se déclinent en termes d’alternance politique, de consolidation de la démocratie,  de diffusion de la croissance au profit de tous.

[lePotentiel]


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