Elections : Glissement automatique du régime «KABILA»

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image PPRD - Soutien des jeunes au president "Joseph Kabila"

La Majorité présidentielle peut s’estimer heureuse d’avoir réussi la gageure de retarder l’élection présidentielle au-delà du délai constitutionnel. Et pour bien s’assurer que cette stratégie marchera, à coup sûr, tout a été mis en place pour que la date butoir du 17 octobre 2015 qui consacre les treize mois avant les scrutins présidentiels et législatifs. Si la volonté de tenir la présidentielle existe encore, la Ceni a l’obligation de rendre public le calendrier réaménagé avant cette date. Ne pas le faire enclenche automatiquement le glissement du calendrier tant redouté. Selon des experts qui en ont fait la démonstration, les opérations préalables à des scrutins différents de ceux organisés par la Ceni de Ngoy Mulunda et Jacques Djoli, nécessitent un délai incompressible de treize mois. Ne pas le faire revient à jouer le jeu du glissement. Et sur ce registre, la famille politique du chef de l’Etat a joué une partition payante.

A partir du 17 octobre 2015, le compteur du glissement s’enclenche automatiquement. A moins de treize mois, il est quasi-impossible de tenir des scrutins crédibles, transparents et équitables. Le chrono qui se mettra en marche dès ce 17 octobre 2015 permet techniquement à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) d’entrevoir un calendrier qui franchira la date butoir du 27 novembre 2016 prévue par la centrale électorale dans son calendrier du 12 février 2015. Pour n’avoir pas pu contrer la MP, toutes les déclinaisons de l’Opposition doivent sortir du sommeil dogmatique dans lequel ils sont tous plongés. Elles ont perdu la bataille du glissement.

La Majorité présidentielle peut s’estimer heureuse d’avoir réussi la gageure de retarder l’élection présidentielle au-delà du délai constitutionnel. Et pour bien s’assurer que cette stratégie marchera, à coup sûr, tout a été mis en place pour que la date butoir du 17 octobre 2015 qui consacre les treize mois avant les scrutins présidentiels et législatifs. Si la volonté de tenir la présidentielle existe encore, la Ceni a l’obligation de rendre public le calendrier réaménagé avant cette date. Ne pas le faire enclenche automatiquement le glissement du calendrier tant redouté. Selon des experts qui en ont fait la démonstration, les opérations préalables à des scrutins différents de ceux organisés par la Ceni de Ngoy Mulunda et Jacques Djoli, nécessitent un délai incompressible de treize mois. Ne pas le faire revient à jouer le jeu du glissement. Et sur ce registre, la famille politique du chef de l’Etat a joué une partition payante.

Distraite par d’autres débats sans importance stratégique à ce stade, l’Opposition ne s’est même pas rendu compte qu’une date importante ouvrirait la voie au glissement du calendrier tant redouté. Tout se joue ce 17 octobre 2015. Cette date innocente pour les uns, les distraits de l’Opposition, n’a pas échappé aux stratèges de la Majorité qui, dans le laboratoire, jubilent déjà.

Pourquoi le 17 octobre ?

Pendant que s’organiseront les élections au bureau de l’Assemblée nationale pour le remplacement de Mwando Nsimba et Norbert Ezadri, une date importante va passer inaperçu, elle consacrera le début du glissement. Loin de faire de la fiction ou encore du mysticisme sur une date, il est question d’une démonstration éminemment technique. Si la Ceni se décide de publier son calendrier et que les dates précises sur la matérialisation des préalables arrêtés, tout peut se faire dans l’intervalle contenue entre le 17 octobre 2015 et le 27 novembre 2016, date de la présidentielle couplée aux législatives nationales. L’opération d’enrôlement de nouveaux majeurs prévue et voulue par l’ensemble de la classe politique pourrait prendre cinq mois. Ainsi, peut débuter l’opération de collecte des données de la mise à jour du fichier électoral ; le contentieux des listes électorales après fermeture du centre d’inscription ; ramassage et transcription des CDS finaux à l’antenne et centre national de traitement ; traitement et consolidation des données par le centre national de traitement (centralisation) ; détection des doublons biométriques potentiels. Des activités prévues par la Ceni dans son propre calendrier du 12 février 2015.

Puis viendra la grande échéance parlementaire de répartition des sièges dont le projet doit être préalablement préparé par le gouvernement avant d’être déposé au bureau de l’Assemblée nationale. Bien malin est quiconque oserait déterminer, à l’avance, le temps que les débats pourraient prendre. Entre l’adoption et la promulgation, le temps qui pourrait s’écouler n’est pas maîtrisé par les analystes. Ce qui n’empêche pas de considérer qu’environ quatre à cinq autres mois vont s’écouler.

Les étapes de convocation de l’électorat et l’ouverture de l’inscription des candidatures ; le retrait des formulaires et dépôt des dossiers de candidature ; délai officiel de l’enregistrement, de vérification, de traitement et de validation ; ajout et substitution des candidatures ; transmission des données et délibération par l’assemblée plénière du bureau de la Ceni ; l’audit du fichier électoral mis à jour ; publication des listes provisoires des candidats aux élections générales (présidentielle et législatives) ; contentieux des candidatures (dépôt et traitement des recours) ; publication des listes des candidats aux élections présidentielle et législatives nationales ; les préparatifs techniques de l’impression de bulletins, des procès-verbaux et des fiches des résultats ;nettoyage et consolidation de la base des données des candidats…

La formation des membres des bureaux de vote et de dépouillement ; installation du matériel et aménagement du bureau de vote sont autant d’activités qui se déploient sur les treize mois. Et comme démontré, il ne s’agit pas d’une partie de plaisir pour la Ceni. Privée de moyens financiers, ainsi que le démontre la correspondance du vice-président Mpungwe adressée au gouvernement en date du 9 octobre, il est illusoire de considérer que ce glissement serait le fait d’un accident. Il existe bel et bien un artiste, un metteur en scène, un planificateur de ce fameux glissement qui commence dès ce 17 octobre 2015.

L’Opposition doit cesser les discussions stériles sur qui se serait positionné le premier ou le dernier loin de la Majorité. L’enjeu consiste à obliger la Majorité à se dévoiler davantage dans ses réelles intentions. S’il est vrai le mandat a commencé à courir à la validation des mandats des députés, il est acceptable qu’un glissement de quatre mois soit acté de manière consensuel. Cela n’est possible que si les partis acceptent de dégager d’abord les responsabilités dans la non-organisation des élections à l’échéance et entrevoir la possibilité de ce glissement pour rattraper le temps perdu. Agir autrement, c’est vouloir violer intentionnellement la Constitution ou se faire complice de cette violation. Tout le monde est avertit, le glissement commence !

[lePotentiel]


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