Elections : « KABILA » promet la victoire à sa majorité

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image Prestation de serment - "Joseph KABILA", Kinshasa, 2011

Le président Kabila ne voit pas une force capable de le battre par voie d’élection. La Majorité doit être prête pour les affronter, a indiqué le président de la RDC. Et Joseph Kabila considère que seule sa famille politique est capable de gagner les prochaines élections. Difficile de se taire lorsque les coups de semonces de G7 continuent de produire leurs effets dévastateurs dans l’opinion, faisant allusion à un suicide collectif de la Majorité. Et Kabila de rassurer : « Je ne peux donc pas amener la MP vers un suicide politique. La Majorité a plutôt vocation à aller de victoire en victoire ».

Le président Kabila vient de lever un pan de voile sur ses intentions liées aux nouvelles étapes du processus électoral en cours. Dans une construction savamment alignée, l’Autorité morale de la Majorité présidentielle (MP) a d’abord calmé la tempête imposée par le groupe de 7 (G7). Le chef de l’Etat promet la victoire à sa majorité lors des prochaines élections, sans se prononcer clairement sur sa (non)candidature. Il a nié l’existence d’éventuelles messes noires contre la Constitution. Une seule conséquence découle de cette posture : Joseph Kabila a déjà son candidat pour la présidentielle de 2016.

Joseph Kabila vient de resserrer les rangs au sein de sa famille politique, la MP. Il a dressé le décompte des troupes restées encore fidèles. Et ils étaient 315 députés et 47 sénateurs à avoir répondu à l’invitation du président de la République dans sa ferme privée de Kingakati. Recourant au lexique de la deuxième République, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, affirme que « Ces parlementaires sont allés témoigner leur loyauté et leur fidélité au chef de l'Etat ». Le pèlerinage de Kingakati n’avait donc rien d’un simple échange. Il portait plutôt un poids politique évident par rapport à la tourmente du moment qui a fragilisé la famille politique du chef de l’Etat.

Dans une brève adresse, le président Kabila a battu le rappel des troupes. Il a commencé par calmer les esprits dans les rangs. Ignorant superbement la fronde qui a lézardé la plate-forme politique, avec le départ du G7 et la démission du gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moïse Katumbi, il s’est concentré sur le dialogue politique en perspective et l’organisation des élections.

Pour le chef de l’Etat, il ne voit pas une force capable de le battre par voie d’élection. La Majorité doit être prête pour les affronter, a indiqué le président de la RDC. Et Joseph Kabila considère que seule sa famille politique est capable de gagner les prochaines élections. Difficile de se taire lorsque les coups de semonces de G7 continuent de produire leurs effets dévastateurs dans l’opinion, faisant allusion à un suicide collectif de la Majorité. Et Kabila de rassurer : « Je ne peux donc pas amener la MP vers un suicide politique. La Majorité a plutôt vocation à aller de victoire en victoire ».

Au décryptage, il apparait que le président Kabila table sur une victoire de sa famille politique à tous les échelons. Il écarte toute possibilité de défaite électorale pour son camp politique. En fait, suivant cette posture, il est donc indécent de soupçonner des potentiels gagnants d’éviter des élections qu’ils sont assurés de remporter haut la main. Pour le président de la République, la peur des élections ne peut pas habiter son camp. Loin de là. Les tergiversations ne peuvent être que l’œuvre de ceux qui ne sont pas rassurés de gagner le moindre siège. Il s’agit en effet des « braillards » de l’Opposition et ceux qui l’accusent de vouloir se pérenniser au pouvoir au-delà du délai constitutionnel, voire de briguer un troisième mandat, contrairement à l’esprit et à la lettre de la Constitution en vigueur.

Des phrases troublantes

Malgré la limpidité supposée de la compréhension du discours pris dans son ensemble, des phrases isolées trahissent un état d’esprit qui transpire à travers les faits et gestes posés par le président Kabila.

« Je suis prêt pour les élections, même demain ». Disqualifié au niveau électoral, mais consacré par la Constitution comme « sénateur à vie », le président Kabila compte encore participer et gagner quelle élection ? Une interrogation qui, à n’en point douter, perturbe tous ceux qui observent les derniers actes posés par le président Joseph Kabila. Le fait de relativiser sa pensée dans la même phrase n’altère en rien le contenu des mots qui ont précédé.

A ce jour, le président Joseph Kabila est l’unique personnalité congolaise qui connait son sort après 2016. Il est le premier élu de la République démocratique du Congo pour le prochain mandat, conformément à l’article 104 de la Constitution qui stipule : « les anciens présidents de la République élus sont de droit sénateurs à vie ». En se disant « prêt pour les élections », serait-il candidat aux législatives ?

« Je ne vous ai jamais demandé de réviser la Constitution », a-t-il nuancé.  Mais, lorsque le chef de l’Etat s’interroge : « Pourquoi les gens ont peur de moi? », il a en tête les élections. La peur se situe justement à ce niveau puisque pour ses opposants, ils redoutent la violation de la Constitution à travers une candidature – la sienne justement – pour un troisième mandat.

Ces phrases troublantes, notamment sur une éventuelle « guerre » à mener sèment le doute voire une certaine psychose dans les esprits. D’ailleurs, le député UNC Baudouin Mayo ne s’explique pas les raisons pour lesquelles le président Kabila ne se montre pas si prompt à déclarer qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle de 2016, laissant le soin à ses partisans de l’annoncer sans ambages.

En réalité, le fait pour le président de la République de promouvoir et de garder tous ceux qui l’invitent à demeurer au pouvoir (Kabila totondi yo naino te), le co-auteur de la proposition de loi sur le référendum promu vice-ministre après le dernier remaniement ministériel, sont autant de gestes qui confirment un faible pour la tendance d’un maintien ad vitam aeternam.

Pour conforter davantage cette tendance, ceux qui ont osé l’inviter au respect de la Constitution, particulièrement sur le nombre des mandats, ont été carrément défenestrés et une artillerie lourde s’occupe d’eux, depuis. Des phrases troublantes couplées à des actes tout aussi troublants font effectivement peur.

[lePotentiel]


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