RDC : Eviter la honteuse image de la Cour constitutionnelle ivoirienne

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image Membres de la Cour constitutionnelle ivoirienne

L’arrêt de la Cour constitutionnelle est venu diviser davantage la clase poltique congolaise. Du côté des membres de l’Opposition, ils laissent entendre que ledit arrêt officialise le fameux glissement que cette famille politique craint depuis  que la CENI a publié son calendrier. Selon eux, conditionner l’organisation de différents autres scrutins par celle des gouverneurs de provinces démembrées est une stratégie claire de renvoyer la présidentielle après la fin du mandat de l’actuel président de la république. Ils assoient  leur argumentaire par le fait que la Cour n’a donné aucune indication quant au délai pendant lequel la CENI devrait organiser cette élection des gouverneurs. Ce flou pousse l’Opposition à rejeter  cet arrêt.

Le vrai tout premier arrêt de la Cour constitutionnelle rendu avant hier mardi 9 septembre soulève déjà des contestations au sein de la classe politique congolaise. Les juges de cette haute juridiction se sont prononcés sur la requête introduite par devers elle par la CENI à propos de l’élection des gouverneurs des provinces démembrées. La centrale électorale n’a pas pu organiser ce scrutin à la date prévue parce que le gouvernement n’a pas dégagé des moyens financiers nécessaires. Cette situation risque sans doute d’avoir des répercussions fâcheuses sur le calendrier électoral publié par la CENI au mois de février 2015. C’est pour cette srtucture a saisi la Cour constitutionnelle pour donner son avis sur la suite du processus électoral.

Malheureusement, l’arrêt de la Cour est venu diviser davantage la clase poltique congolaise. Du côté des membres de l’Opposition, ils laissent entendre que ledit arrêt officialise le fameux glissement que cette famille politique craint depuis  que la CENI a publié son calendrier. Selon eux, conditionner l’organisation de différents autres scrutins par celle des gouverneurs de provinces démembrées est une stratégie claire de renvoyer la présidentielle après la fin du mandat de l’actuel président de la république. Ils assoient  leur argumentaire par le fait que la Cour n’a donné aucune indication quant au délai pendant lequel la CENI devrait organiser cette élection des gouverneurs. Ce flou pousse l’Opposition à rejeter cet arrêt.

Pour les membres de cette plate forme, la meilleure voie de sortie de cette impasse dans laquelle la CENI se trouve est de reporter la mise en place de nouvelles provinces issues du récent découpage territorial.Ce n’est pas du nouveau dans le chef des opposants. Lors du débat sur le projet de loi portant réparttion des sièges à l’Asemblée nationale, les députés de l’Opposition ont qualifié de précipitée la mise en place des nouvelles provinces. Ils ont accusé le pouvoir d’user de toutes les manœuvres dilatoires pour retarder les élections législatives et présidentielles qu’ils jugent primordiales.

Ce n’est pas seulement les membres de l’Opposition qui contestent l’arrêt de la Cour constitutionnelle. Un éminent juriste, député national dont le parti est de la Mouvance présidentielle (MP) et dont la notoriété n’est plus à redire, a vite réagi après la décision de la haute cour. Selon lui, cette haute instance judiciaire a plus semé la confusion qu’elle n’a apportée de solution au problème lui soumis.

Sons discordants à la MP

Christophe Lutundula, c’est de lui qu’il s’agit, avait fait comprendre à ses collègues députés de la MP, lors du débat sur le projet de loi portant répartition des sièges qu’il est précipité de procéder au démembrement de quelques provinces étant donné que le gouvernement ne dispose pas des ressources nécessaires pour mener à bon port cette politique. Face à la situation actuelle, il rappelle qu’elle est la conséquence de la mauvaise approche adoptée par les députés MP. De même que l’Opposition, il préconise la mise en veilleuse de la loi sur la programmation des nouvelles provinces.

Par contre, au PPRD, les voix s’élèvent pour apprécier positivement l’arrêt de la Cour constitutionnelle. L’un de ses Secrétaires généraux adjoints a affirmé que l’arrêt de la Cour est  » équilibré « .Cette position officielle n’est que normale pour un parti phare de la famille présidentielle. Reste à savoir si les autres partis alliés dont certains membres avaient ou se préparaient à introduire leurs candidatures aux postes de gouverneurs pensent de la même manière, eux qui se voyaient au portillon du pouvoir provincial. Si le gouvernement venait à prendre des  » mesures urgentes  » telles que le lui demande la Cour dans le sens de nommer de hauts fonctionnaires à la tête de nouvelles provinces, le rang des aigris et des contestataires va sans doute s’élargir. La confusion va certainement s’installer dans le pays à cause de l’inconscience de certains acteurs politiques qui ne visent que le pouvoir pour le pouvoir.

La haute cour aurait dû  prendre toutes ses responsabilités en prenant un  arrêt aux contours flous. Est-ce que ces juristes que le peuple considère comme le dernier rempart de la démocratie en RDC ont-ils tenu compte de la l’importance de leur mission ? L’abscence à cette séance du  constitutionnaliste sur lequel la RDC compte encore est-elle le signe de divergences qui ont marqué le débat sur cette requête de la CENI ?

C’est fort dommage que pour une entrée en scène qui aurait dû asseoir la crédibilité de la Cour constitutionnelle, nous en soyons arrivés à cette levée de boucliers. Pour la suite du processus électoral, les Congolais souhaitent qu’il n’en soit pas le cas pour que la RDC ne vive pas la honteuse image de la cour constitutionnelle ivoirienne dont les membres ont été à la base des troubles post électoraux qui ont secoué ce pays.

[Rombaut Ot]


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