RDC : Le jusqu’au-boutisme de la MP de « Joseph KABILA »

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image Aubin Minaku, "Joseph Kabila" et Leon Kengo Wa Dondo

Avec la convocation de la session extraordinaire au Parlement consacrée à l’examen et à l’adoption de la loi sur la répartition des sièges aux élections urbaines, municipales et locales « dès le 1er juillet 2015 » à la demande du président de la République, on redoute qu’il soit désormais acté que ces scrutins se tiendront bel et bien en octobre 2015. Conformément au calendrier de la CENI, et malgré les protestations de l’opposition. Les Evêques, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), proposent à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de « n’organiser que la présidentielle, les élections législatives et provinciales (députés provinciaux, aux gouverneurs ainsi qu’aux Sénateurs) dans le cycle 2015-2016 ». C’est la même position qu’ils avaient exprimée à Joseph Kabila aux consultations présidentielles.

Pour autant, ils soutiennent la tenue d’un éventuel dialogue, à quelques heures du discours traditionnel du président de la République du 30 juin, jour anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC), dans lequel il devra inéluctablement faire le point de ses consultations.

A cette occasion, le président Joseph Kabila devra non seulement parler de la situation générale du pays mais aussi faire un point des consultations qu’il a menées personnellement durant ce mois de juin 2015. 

« Les élections locales, municipales et urbaines en 2017 »

Dans le communiqué final signé par son Secrétaire général, l’Abbé Santedi à l’issue de la 52ème Assemblée plénière qui s’est tenue à Kinshasa du 22 au 26 juin 2015 à Kinshasa, la CENCO affirme que « les élections urbaines, municipales et locales doivent être reportées pour 2017, faute de moyens et de temps matériel pour les préparer correctement ».

Elle « propose un réaménagement dans l’ordre suivant : élections provinciales (députés provinciaux, gouverneurs et sénateurs), législatives et présidentielle en 2016. Dans ces conditions, les élections locales, municipales et urbaines pourraient se tenir en 2017, en se donnant ainsi le temps et les moyens de mieux les préparer ».

En fait, à travers les consultations, Joseph Kabila voulait se faire une idée des avis et considérations de toutes les forces vives de la nation sur les enjeux de l’heure dont notamment le processus électoral. Certains acteurs de l’opposition congolaise ont boudé ces consultations pendant que d’autres, à l’instar de l’UDPS, ont exigé un dialogue où la communauté internationale serait le médiateur.

Après avoir entendu les confessions religieuses, les chefs coutumiers, la société civile, la Majorité présidentielle (MP), l’Opposition républicaine (OR), quelques acteurs de l’opposition, les parlementaires (députés et sénateurs) et les jeunes, le président de la République doit avoir suffisamment d’éléments pour faire sa synthèse et surtout se prononcer sur la convocation ou non du dialogue national.

Le jusqu’auboutisme de la MP

Avec la convocation de la session extraordinaire au Parlement consacrée à l’examen et à l’adoption de la loi sur la répartition des sièges aux élections urbaines, municipales et locales « dès le 1er juillet 2015 » à la demande du président de la République, on redoute qu’il soit désormais acté que ces scrutins se tiendront bel et bien en octobre 2015. Conformément au calendrier de la CENI, et malgré les protestations de l’opposition.

En cas d’un dialogue national, la question du calendrier électoral pourrait y être débattue. Seulement, certains observateurs craignent que,  même avec la tenue d’un dialogue, le calendrier de la CENI soit maintenu puisque soutenu par l’aile dure de la MP.

Et donc, cette énième prise de position de la CENCO sur l’impérieuse nécessité de réaménagement du chronogramme de la CENI pourrait être un coup d’épée dans l’eau face au jusqu’auboutisme du pouvoir organisateur des élections et de la MP.

Toutefois, les évêques adhèrent à la convocation éventuelle d’un dialogue. « Ils ont réaffirmé leur position de promouvoir un dialogue national dans le respect absolu du cadre constitutionnel et institutionnel en vigueur », dit le communiqué.

« En clair, ni dans son déroulement, ni dans ses conclusions et recommandations, le dialogue envisagé ne peut énerver directement ou indirectement la lettre et l’esprit de la Constitution ni ignorer les institutions républicaines prévues par elle », soutiennent les évêques.

Situation socio-pastorale de la RDC

Par ailleurs, les pères spirituels de l’Eglise catholique de la RDC ont échangé sur la situation socio-pastorale du pays, « particulièrement marquée par l’insécurité au Nord, à l’Est et au Sud du territoire national ».

A ce sujet, les Evêques ont écouté le cri d’alarme de la population du territoire de Bondo suite au massacre et aux enlèvements perpétrés par la LRA, ainsi que le message émouvant de l’Assemblée Episcopale Provinciale de Bukavu, dénonçant le silence face à trois périls majeurs au Kivu : « un climat de génocide, un foyer d’intégrisme djihadiste et un processus de balkanisation ».


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