Pas d’argent pour les élections : Risque de glissement en RDC

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image Léon LOBITCH KENGO WA DONDO et "Joseph KABILA"

Que Kengo et « Joseph Kabila », l’un ou l’autre, ou les deux à la fois donnent l’air d’en apercevoir aujourd’hui ou avant, qu’ « il n’y [aurait] pas d’argent pour toutes les élections », importe peu mais son verdict, son couperet dissimilé, met en exergue le fait accompli. Que les uns ont pris ou sont au « pouvoir » et que les autres devraient s’en accommoder, et ce, peu importent les conditions. Kengo et « Joseph Kabila » annoncent par la désormais phrase de Léon que tant que la bande sera là, où elle croit être, du côté du « pouvoir », et même si c’est avec le concours de ceux à qui elle rende compte, rien de déterminant n’amendera le statu quo, la structure du « pouvoir » tel qu’il se présente et qu’il est là aussi longtemps que l’état des faits ne sera ni admis, ni accepté. Kengo et « Joseph Kabila », les deux sont au pouvoir. Et il en sera ainsi. Je retrouve là le fameux « J’y suis, j’y reste » du feu Jean De Dieu Nguz-A-Karl-I-Bond. 

Léon, pour ceux qui le connaissent, a tendance de ne rien entreprendre au hasard. Il ne pourrait se permettre ce genre de sortie, de déclaration quand l’homme n’a aucune assurance, aucune garantie, « que rien ne changera », de la part de ses maîtres. Après la fuite du Marechal et celle de Léon, ce avant même l’entrée du conglomérat d’aventuriers dont il embrasse la cause aujourd’hui, Kengo signe son retour à Kinshasa après s’être rassuré et assuré de son poste du vice-président de la RD-Congo ou comme vous le voulez du président du Sénat. Tout le reste et qui suit relève du maquillage pour la consommation du petit peuple et de la masse. Il en faut aussi le cas quand Kengo s’engagea dans « la troisième voie » à travers ses représentants au sein de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale (l’USOR). C’est après s’être rassuré que le poste du premier ministre contre Etienne Tshisekedi lui était acquis même si Mobutu n’en voulait pas parce qu’il le considérait comme une imposition de leur maître : l’Occident. Et tout ceci se passait avant le fameux sommet de La Baule de Mitterrand. En plus, Kengo est le seul « homme politique » que les Belges ont reçu et associé à la célébration de la fête d’indépendance du royaume de la Belgique. En résumé, tout ce qui vient d’être dit démontre à suffisance que la désormais phrase de Léon Kengo accuse le schéma qui est depuis longtemps en cours et conforte certaines convictions profondes que si un coup d’État contre le régime « pouvoir-os » n’intervient à Kinshasa, ceux qui le combattent risquent de rester durablement des « résigné-réclamants » (Attali, 2014 : 152).

La dernière sortie de Kengo vide aussi le « dialogue » de tout son objet si on serait forcé de croire aux revendications de ceux qui se font passer pour les « opposants » du « pouvoir-os » qui récemment encore justifiaient la tenue du dialogue par l’organisation des élections, - et lesquelles ( ?)- aujourd’hui où le « pouvoir-os » s’interroge ironiquement « Où allons-nous trouver de l’argent pour organiser toutes les élections prévues au cours de cette année ? », propos de Léon Kengo Wa Dondo, et ce, juste après sa rencontre avec son chef hiérarchique. Il n’y a pas d’argent disent Mende, Pierre Lumbi, Lukiana Mufwankol, Christophe Lutundula, Raymond Tshibanda, Edo Mokolo Wa Pombo, Mutinga, etc….

Et nonobstant la clarté du message du camp Kengo et « Joseph Kabila », je ne suis pas étonné qu’il y ait encore des gens pour parler du calendrier électoral alors que leurs compères sur qui l’opposition institutionnelle ou pas comptait pour les organiser se présentent bredouilles, et ce, devant eux. 

Ce jeu de ping-pong entre les deux faces d’une même pièce de monnaie entretient et prolonge la longue distraction pour laquelle elles sont instituées. Pourquoi un nouveau dialogue quand ce serait la rencontre d’un même groupe d’individus qui hier encore avaient pris part à la CNS, aux concertations politiques du Palais du peuple et j’en passe (Sun City et autres), et qui risquent de se retrouver et non pour reconduire les travaux de la CNS, mais, et ce comme ils le disent, pour en produire d’autres qui sonneraient différents et meilleurs que ceux auxquels ils participèrent à la CNS et ailleurs. Chercher l’erreur ? Quelles sont les reproches que Kengo, que Pierre Lumbi, que Mokolo Wa Pombo, que Christophe Lutundula, que Raymond Tshibanda, que Lambert Mende, qu’Alexis Tambwe, que Lukiana Mufwankol, adressent à l’encontre de la CNS, de Sun City, et de je ne sais plus quoi pour que de nouveau ils s’investissent à une aventure-retrouvaille d’amis, et ce, pour les mêmes débats philosophies, juridiques et économiques, devenus presque monotones et improductifs. L’impasse actuelle de l’ensemble des dominés réunis dans un même camp en est la preuve.

Je ne voudrais ici insulter personne, ni me rabaisser à ce niveau-là, mais mes propos s’adressent à eux en les interpellant. Je leur rappelle l’histoire en soulignant que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le 17 mai 1997, pour les mêmes raisons et les complaisances de même nature, certains d’entre eux optèrent pou une situation légère : prendre leurs jambes au coup. Mais on dit souvent, jamais un sans deux, deux sans trois et même trois sans quatre. Non, je ne voudrais paraître pour un naïf, un innocent qui chaque fois se plaint du rabâchage de l’histoire, mais je me demande plutôt comment, de quelle manière, cette fois-ci elle se reproduira ? Ma phrase est une interrogation et non une affirmation. Pendant que nous étions tous en train de jouer au Palais du Peuple et en 1994, et peut-être en toute naïveté, l’Occident, lui et le même, préparait déjà l’après Mobutu qui intervint 3 ans plus tard.

Ni l’Occident, ni ses amis, ni l’élite Tutsi du Rwanda aux commandes de la RD-Congo, les trois réunis ne se distinguent à monter des coups de ce genre. On peut certes en rire, mais likambo oyo eza likambo ya mabele. Il s’agit de notre terre à nous tous. Il y a eu 2006. Il y a eu 2011. Alors quel type de justification encore et ce pour l’avenir ? Avec Arnaud Montebourg dans le journal JDD, nous disons à notre tour et en ce qui concerne la RD-Congo : « Oui, nous allons droit vers le désastre »

Likambo ya mabele Likambo ya makila

[Mufoncol Tshiyoyo]


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