RDC : Somme faramineuse pour organiser les élections

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image Abbé Apollinaire MALUMALU

Quand on sait que le budget national est 9 milliards USD, comment le Gouvernement pourrait-il réunir cette somme faramineuse pour organiser les élections dans les délais constitutionnels ? Ce qui n’exclut pas la possibilité tant redoutée d’un glissement de ce calendrier au-delà des délais constitutionnels. Quelles sont les garanties qu’a la CENI, à ce jour, que les contraintes liées à la mise en œuvre du calendrier seraient satisfaites dans les délais ? Questions capitales qui renvoient à la responsabilité des uns et des autres afin de faciliter la tenue, en RDC, des élections crédibles et surtout transparentes. Les finances sont une condition sine qua non pour y arriver.  Or, la CENI a publié un budget de 1.145.408.680 Usd arrêté avec le gouvernement pour la tenue des élections de 2011. 1,1 milliard Usd, plus d’un dixième du Budget national. Ces crédits seront-ils disponibles avant les 18 mois ? Quelle est la fourchette des contritions des partenaires extérieurs ? Vont-ils délier les cordons de leur bourse au prorata de ces besoins ? Autant de questions qui laissent perplexe. 

On est sorti d’une longue nuit d’attente mêlée d’incertitude et surtout ponctuée de moult pressions de la Communauté internationale. La publication du calendrier électoral global, réclamé à tue-tête dans toutes les chapelles politiques et à la Société civile. C’est enfin hier qu’à la surprise générale la Centrale électorale a décidé de sortir de sa tour d’ivoire où elle s’était cloitrée depuis longtemps pour rendre public le calendrier global tant réclamé. 

Officiée par le rapporteur de la CENI, Jean-Pierre Kalamba, la grandiose cérémonie a eu lieu au siège de la CENI, sur le Boulevard du 30 Juin, à Kinshasa. On retient grosso modo que le séquençage de différentes étapes respecte bel et bien les prescrits de la Constitution du 18 février 2006 qui prévoit, à l’article 73, la convocation du corps électoral 90 jours avant la fin de la mandature en cours.

Partant, la présidentielle, qui a fait couler des tonnes d’encre et de salive, est fixée au 27 novembre 2016, dans la fourchette constitutionnelle. Le même jour que les législatives comme lors des scrutins précédents. Tandis que les sénateurs seront élus par les grands électeurs, c’est-à-dire au second degré le 17 janvier 2016, soit dans 11 mois à dater de ce jour. Pour leur part, les gouverneurs seront élus au scrutin indirect le 31 janvier 2016.

LA BALLE DANS LE CAMP D’AUTRES INSTITUTIONS

Quant aux provinciales, tout comme les locales, municipales et urbaines, elles auront lieu fin 2015. Jusqu’ici, la CENI peut se taper la poitrine en disant que ce faisant elle a rempli sa part du contrat. La balle est désormais lancée dans le camp d’autres institutions comme le gouvernement et le Parlement, par exemple. 

A l’Exécutif, composé du Président de la République et du gouvernement, le calendrier global lui assigne beaucoup d’obligations. Comme par exemple, les moyens financiers qui sont le nerf de la guerre. Faute de les acquitter dans les délais prévus par la CENI, il lui serait impossible de respecter les délais du calendrier. 

C’est là que se pose la question du respect même de ce calendrier avec ses différents échéanciers, c’est-à-dire le timing. A ce titre, le document publié hier est purement théorique car sa matérialisation est tributaire de diverses contraintes majeures que la CENI a égrenées lors de sa publication. 

Là, c’est le revers de la médaille qui est l’aspect le plus difficile qui reste à accomplir. Les contraintes essentielles incombent au gouvernement. Ce qui fait de ce dernier un acteur incontournable dans la mise en œuvre de ce calendrier global. 

C’est là où s’impose la création d’un cadre de concertations au niveau de toutes les parties prenantes. Celui-ci devra évaluer à chaque étape, le chemin qui reste à parcourir et surtout l’institution qui ne s’est encore acquittée des contraintes mises à sa charge dans le calendrier.

L’APPLICATION LIEE A DES CONTRAINTES

Comme on le voit, une chose est d’avoir le calendrier global mais une autre et la plus difficile est son application. Or, comme démontré ci-haut, celle-ci est liée à des contraintes. Ce qui n’exclut pas la possibilité tant redoutée d’un glissement de ce calendrier au-delà des délais constitutionnels. 

Quelles sont les garanties qu’a la CENI, à ce jour, que les contraintes liées à la mise en œuvre du calendrier seraient satisfaites dans les délais ? Questions capitales qui renvoient à la responsabilité des uns et des autres afin de faciliter la tenue, en RDC, des élections crédibles et surtout transparentes. Les finances sont une condition sine qua non pour y arriver. 

Or, la CENI a publié un budget de 1.145.408.680 Usd arrêté avec le gouvernement pour la tenue des élections de 2011. 1,1 milliard Usd, plus d’un dixième du Budget national. Ces crédits seront-ils disponibles avant les 18 mois ? Quelle est la fourchette des contritions des partenaires extérieurs ? Vont-ils délier les cordons de leur bourse au prorata de ces besoins ? Autant de questions qui laissent perplexe. 

On sait que tous les bailleurs de fonds traditionnels de la Rdc avaient posé comme condition la publication du calendrier global avant tout appui financier. On peut espérer aussi que leurs contributions iront au-delà de 20 millions Usd annoncés par les USA, qui sont minimes, eu égard au budget présenté par la CENI et surtout au statut de superpuissance économique de Washington. 

[KANDOLO M.]


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