RDC : Corruption en cours au Parlement en vue d’obtenir le vote dudit projet de loi électorale

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Des Organisations non gouvernementales de défense des Droits de l’Homme (ONGDH), qui « condamnent fermement les violations des droits de l’homme commises à Kinshasa et à Lubumbashi » le lundi 12 janvier 2015, « demandent vivement au Président de la République de faire poursuivre en justice leurs  auteurs ». « Nos organisations demandent au Président de la République de faire retirer le projet de la loi électorale actuellement en examen à l’Assemblée Nationale pour mettre fin à la vive tension qui règne dans le pays et prévenir d’autres violations des droits de l’homme », disent-elles dans un communiqué conjoint du mercredi 14 janvier 2015. Dénonçant « les pratiques de corruption en cours au Parlement en vue d’obtenir le vote dudit projet de loi », elles « recommandant aux commandants de la police et de l’armée de cesser toutes les attaques dirigées contre les manifestants pour ne pas engager leur responsabilité pénale individuelle au niveau national ou international ».

Communiqué de presse conjoint des ONGDH sur les événements de Kinshasa et Lubumbashi

Blessés à balles réelles, arrestations et détentions arbitraires, obstruction à l’exercice des libertés d’expression et d’opinion et au droit de manifestation publique et pacifique des membres de l’opposition politique par des éléments de la police et de la garde républicaine

Kinshasa, le 14 janvier 2015, l’Association Congolaise pour la Justice (ACAJ), la Ligue Contre la Fraude, la Corruption (LICOF), JUSTICIA Asbl, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) et la plateforme Concertation des ONG pour la Bonne gouvernance, toutes des organisations spécialisées dans la promotion et la défense des droits de l’Homme en République Démocratique du Congo, sont très inquiètes au sujet de la recrudescence des violations des droits et libertés fondamentaux reconnus aux citoyens et plus spécialement le droit à la sécurité humaine, le droit à la manifestation publique et pacifique et les libertés d’expression et d’opinion et la liberté de mouvement à Kinshasa et Lubumbashi.

• A Kinshasa

Le dimanche 11 janvier 2015, des militants de la plateforme « Sauvons la RDC » qui envisageaient organiser un meeting sur le boulevard triomphal, non loin du Palais du Peuple, ont été violemment dispersés par la police à coup de balles réelles, gaz lacrymogène, des balles à caoutchouc. Il y a eu plusieurs blessés dont M. KANZA MUKUY, Mme Mi-Claire KABEYA, le cameraman de CKTV Chaumy KASSIAMA, M. KONDE Héritier, M. Doudou KABEYA, M. Floribert MUNDEKE, M. Serge MUKUTU et M. MALALA NTAMBWE. Une trentaine des personnes furent arrêtées, brutalisés et détenus dans plusieurs cachots avant d’être relâchés. 

Le Lundi 12 janvier 2015, les membres de l’opposition politique congolaise s’étaient rassemblés dans leurs sièges respectifs sur l’avenue de l’enseignement, commune de Kasa-Vubu à Kinshasa, en vue de se diriger au Palais du peuple, siège du Parlement, où les députés nationaux devaient examiner le projet de loi portant modification de la loi électorale. L’article 8 de ce projet de loi conditionne  la tenue des élections présidentielles et législatives par l’organisation d’un recensement général de la population.

Constatant que les membres de la majorité présidentielle voudraient retarder l’organisation de ces élections et ainsi prolonger le mandat du Président Joseph KABILA qui prend fin constitutionnellement au mois de décembre 2016, les partis politiques de l’opposition ont choisi le jour de la présentation officielle du projet de loi susmentionné à l’Assemblée nationale pour manifester leur opposition à son examen.

Déjà, tôt le matin du lundi 12 janvier 2015, un dispositif important des éléments de la police nationale a été déployé sur les grands artères menant au Palais du Peuple et sur l’avenue de l’Enseignement dans la commune de Kasa-Vubu où se trouvent les sièges de plusieurs partis politiques de l’opposition pour empêcher leurs membres à se regrouper. Des jeeps de la police et des troupes d’élite de la Garde Républicaine ont tenté de disperser les manifestants. Face à la résistance des membres de l’opposition, les policiers ont tiré sur eux et en direction  des sièges des partis politiques des balles réelles, des balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes sans sommation préalable. Plusieurs personnes blessées ont été enregistrées et admises pour des soins intensifs dans certaines formations médicales dont l’hôpital général Mama Yemo, l’hôpital Saint-Joseph, Clinique Ngaliema et Cliniques SOS médecins. Parmi ces victimes nous citons M. KUDURA KASONGO,  M. Olivier IGWANGOZI, M. Guy BITUMBA, Mme MBUYI Helene, Mme MBONGO Carmel, M. Bruno KONGO.

Environ 51 personnes ont été arrêtées, dont 44 ont été acheminées à l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) et 7 au camp Lufungula. La plupart d’entre elles ont été relâchées tard dans la nuit de la même journée. Des défenseurs des droits de l’homme qui observaient ces manifestations dont Messieurs Timothée MBUYA et Amédée BOBOTOBI ont été maltraités par les éléments de la police, alors qu’ils revenaient de la permanence de l’UNC où se trouvaient séquestrés plusieurs leaders de l’opposition et trois blessés asphyxiés par le gaz lacrymogène et sans possibilité de recevoir l’évacuation médicale.  Le dimanche 11 comme le lundi 12 janvier 2014, les téléphones, documents et argent trouvés sur ces victimes ont été extorqués par les policiers.

• A Lubumbashi 

Nos organisations ont noté la répression des manifestations pacifiques, l’arrestation et le mauvais traitement des personnes soupçonnées s’opposer à la révision de la constitution ou au troisième mandat du Président Joseph KABILA ou encore à sa prolongation au-delà du terme constitutionnel depuis la déclaration du Gouverneur de province du Katanga Moïse KATUMBI sur les trois faux penaltys faite le 23 décembre 2014 à Lubumbashi. C’est le cas du député horaire, Président de l’association socio-culturelle Lwanzo Lwa Mikuba et membre de la majorité présidentielle Vano KIBOKO, arrêté et est détenu à la prison de Makala pour s’être opposé à la révision constitutionnelle et avoir soutenu la candidature de Moîse KATUMBI à l’élection présidentielle. Il en est aussi celui de M. Georges MAWINE, ancien membre du PPRD, qui a été enlevé et ligoté par des personnes non autrement identifiées avant d’être jeté dans un canal d’eau à Lubumbashi. Nous mentionnons enfin le cas du Bâtonnier Jean-Claude MUYAMBO, président de SCODE et ancien membre de la majorité présidentielle, qui a reçu plusieurs menaces de mort pour s’être opposé à la révision constitutionnelle, au troisième mandat du Président Joseph KABILA et au projet de loi électorale en discussion à l’Assemblée nationale.

A Lubumbashi, des personnes habillées en T-shirt de l’équipe Tout puissant Mazembe (appartenant au Gouverneur Moïse KATUMBI), de Saint Eloi Lupopo ou du parti politique UNAFEC du président de l’Assemblée provincial M. Gabriel KYUNGU WA KUMWANZA, sont assimilées à une milice et font l’objet d’enlèvements et de mauvais traitements de la part des militaires identifiés comme de la garde républicaine. A titre d’exemples, nous citons les cas des M. MBUTA MADIAKUDIAKU, artiste comédien enlevé et tabassé le 31 décembre 2014; M. KIBAMBE SALUMU; M. Gabin MIJI; M. NGOIE DJEMO; M. LEMALE; M. Augy KABELU; M. KAYEMBE Jacques (hospitalisé à ce jour à l’hôpital Sendwe) et M. KASONGO LUYOYO (hospitalisé à ce jour à l’hôpital Sendwe).

Plusieurs missions d’enquête de gestion décidées par le Gouvernement central et ciblant principalement le Gouverneur Moïse KATUMBI depuis qu’il a fait connaitre son opposition à la révision constitutionnelle et au troisième mandat du Président Joseph KABILA y sont envoyées. La dernière en date est celle que le Premier Ministre Matata en personne y a conduit avec le Ministre des finances, et à l’issue de laquelle nous avons noté plusieurs suspensions responsables provinciaux des services générateurs de recettes dont la DGDA, l’OCC, DGRAD.

Nos organisations condamnent fermement ces violations des droits de l’homme commises à Kinshasa et à Lubumbashi, et demandent vivement au Président de la République de faire poursuivre en justice leurs auteurs ;

Nos organisations demandent au Président de la République de faire retirer le projet de la loi électorale actuellement en examen à l’Assemblée Nationale pour mettre fin à la vive tension qui règne dans le pays et prévenir d’autres violations des droits de l’homme ;

Nos organisations dénoncent toutes les pratiques de corruption en cours au Parlement en vue d’obtenir le vote dudit projet de loi ;

Nos organisations recommandant aux commandants de la police et de l’armée de cesser toutes les attaques dirigées contre les manifestants pour ne pas engager leur responsabilité pénale individuelle au niveau national ou international ;

Nos organisations prennent leurs dispositions afin de s’associer aux autres mouvements de forces vives de la Nation afin de faire respecter les droits et libertés fondamentaux des citoyens, contribuer à faire échec au projet de loi électorale et au troisième mandat du Président Joseph KABILA, et faire poursuivre tous les plus hauts responsables des violations des droits de l’homme  devant la justice internationale;

Fait à Kinshasa, le 14 janvier 2015.

Pour tout contact presse :

-ACAJ: Me Georges KAPIAMBA, téléphone : +243 81 404 36 41, kapiambag@gmail.com

-LICOF: Oscar RACHIDI, téléphone: +243 81 60 57 319, rashidiyuma@gmail.com

-JUSTICIA: Me Timothée MBUYA, téléphone :+243 81 470 91 84, timmbuya11@gmail.com

-NSCC: Robert KABAKELE, téléphone : +243 99 99 14 958

-Plateforme des ONG pour la Bonne gouvernance: Jean-Luc KAYOKO, téléphone: +243 99 70 40 0950, jlkayoko@gamail.com


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