Elections en RDC : Russ Feingold crève l’abcès

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image Russ FEINGOLD et Joseph KABILA

Parlant des élections 2011 en RDC, l’envoyé de Barack Obama pour la région des Grands Lacs relève : « Les élections, bien sûr de 2011, étaient assez sérieusement viciées. Elles ne répondaient pas aux normes d’élections transparentes et équitables ». Et d’ajouter que les Etats-Unis d’Amérique soutiennent le respect de la Constitution actuelle de la RDC dans l’organisation d’ici 2016 de prochaines élections qu’il souhaite libres, transparentes et équilibrées.

L’Envoyé spécial de l’administration Obama revient, une fois de plus, sur l’impératif fait aux dirigeants africains de respecter les Constitutions de leurs pays respectifs. Cette insistance des Etats-Unis vise la stabilisation pour des raisons évidentes de business. En prévision du sommet USA-Afrique, Russ Feingold rappelle aux partenaires de son pays le nouveau cahier des charges démocratiques auquel ils sont soumis pour passer à travers les mailles américaines, répulsives de toute éternité aux commandes des Etats.

La question de l’alternance aux affaires en Afrique se pose avec acuité. Souvent, il est reproché aux chefs d’Etat d’aller au-delà des mandats leur accordés par le souverain primaire après des élections gagnées aux suffrages universels. Ce cycle d’élections suivies de contestations puis de modifications de la Constitution est loin d’être vertueux. Cela en termes de démocratie et d’Etat de droit. Au contraire, ces déviations contribuent à l’instabilité dans les Etats africains, éloignant les chances du développement socioéconomique de ces pays.

Souvent, si pas toujours, il résulte de ces processus électoraux en Afrique des tensions récurrentes qui aboutissent à des guerres meurtrières. C’est dans cet ordre d’idées que les Etats-Unis se sont mis en branle afin de sauver ce qui peut encore l’être, quand bien même, au finish, ils anticiperaient sur la défense de leur propre territoire.

A la suite de la persistance de plusieurs dérapages qui ne pouvaient plus laisser indifférente la communauté internationale, les Etats-Unis ont décidé de se pencher sur la question. Dans un premier temps, ils ont procédé par de sages conseils. Ces conseils sont prodigués aux partenaires africains par le président Obama, par ses collaborateurs interposés. L’objectif poursuivi, soutiennent plusieurs sources crédibles, serait de baliser la voie à la rencontre au sommet prévu en aout 2014, qui réunira autour du président américain 47 chefs d’Etats africains.

C’est dans ce sens qu’il faut placer les sorties publiques de l’envoyé des Etats-Unis. S’exprimant en partenaire, Russ Feingold n’embouche pas la langue de bois. Encore faut-il savoir s’il en a dans sa poche ! De toutes les manières, cela implique un devoir de vérité et de transparence vis-à-vis des destinataires des messages de son gouvernement. 

Dans le cas d’espèce, Russ Feingold  crève l’abcès afin de permettre à ses interlocuteurs de saisir la portée exacte de l’option prise par son gouvernement envers l’ensemble des pays de la région. L’ancien sénateur martèle en des termes clairs et limpides : « J’ai toujours encouragé vivement les présidents africains afin qu’ils respectent les mandats qui leur ont été assignés. La loi fondamentale, bien sûr, se portera mieux si elle n’est pas modifiée pour qu’un troisième mandat puisse être accordé ».

Se confiant à nos confrères de la radio Okapi, l’envoyé de Barack Obama pour la région des Grands Lacs relève : « Les élections, bien sûr de 2011, étaient assez sérieusement viciées. Elles ne répondaient pas aux normes d’élections transparentes et équitables ». Et d’ajouter que les Etats-Unis d’Amérique soutiennent le respect de la Constitution actuelle de la RDC dans l’organisation d’ici 2016 de prochaines élections qu’il souhaite libres, transparentes et équilibrées.

VOLER AU SECOURS DE LA CENI

Ce rappel à l’ordre des Etats-Unis ne doit pas occulter l’autre versant du problème, à savoir la mise à disposition de la CENI des moyens financiers pour une meilleure organisation des élections. En effet, il ne suffit pas pour l’administration Obama de marteler à tout vent qu’il faut tenir l’élection présidentielle en 2016. Le risque est énorme de tomber dans les mêmes travers connus par le prédécesseur de M. l’abbé Malumalu, le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda. Ce dernier n’avait pas eu suffisamment de moyens suffisants voire, il ne les a pas obtenus à temps pour une organisation efficiente des scrutins.

Puisqu’ils montent au créneau, les USA doivent, cette fois-ci,  se montrer également conséquents en ce qui concerne les moyens. Le budget en cours d’élaboration par M. l’abbé président de la CENI et son bureau cherche désespérément preneur pour être bouclé. La tournée qu’effectue Apollinaire Malumalu vise justement la sensibilisation des partenaires. Les USA feraient œuvre utile en associant à ces multiples rappels, des gestes de soutiens au budget électoral.

Les déclarations politiques de Washington, en tant que partenaire, devraient s’accompagner des actes qui favorisent un meilleur avancement des affaires d’autant plus que ce qui est vrai pour la République démocratique du Congo l’est aussi pour tous les autres pays africains.


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