Réélection de « Joseph KABILA » : La faute à l’Opposition

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image Joseph KABILA - President de la RDC lors de la campagne electorale a l'Est du pays

Après la victoire écrasante de l’actuel chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange (48,95%) contre Etienne Tshisekedi (32,33%), l’opposition regrette déjà les 52% du scrutin partis en fumée. Pendant qu’ils auraient pu unir leurs forces au lieu d’aller en ordre dispersée. Sachant bien que les règles du jeu avaient changé, passant d’un scrutin à un seul tour, l’opposition n’a pas réussi à présenter de candidature unique, faisant alors le lit de la Majorité présidentielle. Au lieu de préparer son dossier et saisir la Cour suprême de justice comme le veut la loi électorale, Etienne Tshisekedi s’autoproclame président de la République et promet ne pas recourir à cette Institution qui, selon lui, est acquise à la cause de Joseph Kabila. Il considère la publication des résultats partiels faite par Daniel Ngoy Mulunda comme " une véritable provocation du peuple ".

Après l’organisation des élections présidentielles et législatives du 28 novembre dernier, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a publié les résultats partiels, avant d’annoncer les résultats provisoires le 09 décembre 2011. Il s’agit d’un pari que la CENI a tenu pour ces deuxièmes élections qui étaient annoncées de « dangereuses » pour un pays qui a connu la guerre, ayant causé plusieurs dégâts humains et en termes d’infrastructures.

Selon ces résultats rendus publics par le pasteur Daniel NgoyMulunda devant les Ambassadeurs, les Chefs de missions diplomatiques et les journalistes, l’actuel chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange vient en tête, avec 48,95%, suivi de son principal rival, Etienne TshisekediwaMulumba, avec 32,33%. Vital Kamerhe se classe troisième avec 7,74%. Joseph Kabila gagne au Katanga (2.823.243, soit 89,979%), au Maniema (433.482, soit 86,97%), au Sud-Kivu (599.825, soit 44,74%), en province Orientale (1.279.912, avec 62,28%) et améliore son score dans certains bastions réputées de l’opposition, comme Kinshasa, l’Equateur, les deux Kasaï et le Bas-Congo. Signalons que Vital Kamerhe gagne au Nord-Kivu, pendant que Léon Kengo l’emporte en Equateur.

Tout juste après la publication des résultats partiels, soit le jeudi 09 au vendredi 10 décembre 2011, la capitale Kinshasa a ressemblé à une ville morte, ainsi que d’autres coins de la République ont connu des violences qui se sont caractérisées par le pillage et la destruction de quelques unités de production des congolais et de ceux qui ont choisi la Rd Congo comme leur seconde patrie.A l’étranger,l’on a aussi noté des violences à Bruxelles suivies des arrestations.

Des comportements qui sont du reste condamnables, par le simple fait que les pillages de triste mémoire ont détruit l’outil de production et plongé le pays dans un marasme économique considérable. Entre-temps, la Majorité a remercié le peuple congolais qui a fait le choix de la continuité. Et ce, lorsqu’on sait que la démocratie c’est la loi de la majorité par rapport à la minorité. « La solution de la sagesse est celle que les Congolais ont trouvée, pour permettre à Kabila de continuer avec son œuvre », indique une source. Son œuvre, ce sont les 5 chantiers qui ont atteint une vitesse de croisière. Même si à ce jour, Kabila n’a pas tout fait, la sagesse chinoise nous apprend qu’une randonnée de 1.000 Km commence avec un pas. Et même si l’on ne mange pas les routes, comme d’aucuns le prétendent, disons que dans l’état où se trouvait la Rd Congo, il était difficile, voire impossible de manger sans les routes.

« Je me considère comme le président élu »

Dans une déclaration faite à plusieurs médias étrangers, Etienne TshisekediwaMulumba considère la publication des résultats provisoires par le pasteur Daniel NgoyMulunda comme « une véritable provocation du peuple », avant de s’autoproclamerprésident élu de la Rd Congo. Il a remercié les Congolais, avant de promettre de donner un mot d’ordre dans l’intérêt supérieur de la nation. Il a fini par demander à la Communauté internationale de prendre des dispositions nécessaires pour non seulement trouver solution, mais aussi pour que le sang des Congolais ne puisse pas couler. Cette façon d’agir d’Etienne Tshisekedi n’étonne aucunement les observateurs de la scène politique du pays, qui savent que déjà le 6 novembre 2011, celui-ci avait tenu des propos plus ou moins troublants, alors qu’il était en Afrique du Sud, en s’autoproclamant président de la République. Et ce, au mépris de toutes les lois du pays.S’il s’était déjà autoproclamé président de la République le 06 novembre dernier, pourquoi pose-t-il encore le même geste aujourd’hui ? N’est-il pas sûr de sa nouvelle fonction ? Et pourquoi un mois après, il revient à la même décision ?

Dans sa stratégie apocalyptique, « Ya Tshitshi », comme aiment bien l’appeler ses sympathisants, a décliné son droit de saisir la Cour suprême de justice pour faire valoir son droit, se contentant de dire que celle-ci était acquise à la cause de Joseph Kabila. « Je ne peux pas recourir à une Institution privée de Kabila », a-t-il déclaré. Et pourtant, l’article 73 de la loi électorale lui donne ce pouvoir, lorsqu’il stipule : « Peuvent contester les résultats provisoires de l’élection présidentielle, dans un délai de deux jours après l’annonce par la Commission électorale nationale indépendante, le parti politique ou le regroupement politique ayant présenté un candidat ou son mandataire ; le candidat indépendant ou son mandataire ».

Même si Ya Tshitshi en appelle à la Communauté internationale qui a du reste soutenu et accompagné les élections en Rd Congo, il devra savoir que la même Communauté internationale s’est investie totalement en insistant sur la nécessité de tenir les élections dans les délais. Elle a mis le paquet pour non seulement financer les élections, mais aussi sensibiliser la population à aller aux élections. Elle a déployé plusieurs missions d’observations pour veiller à ce que les élections crédibles et transparentes aient lieu. Ceci, même si la responsabilité première d’organiser les élections incombait au Gouvernement congolais. La RDC en tant qu’Etat souverain, ne redeviendra plus une colonie d’un Etat étranger quelconque. En plus, il ne faudra pas penser que toutefois que le Congo aura à tousser, l’on devra directement penser à la tuberculose. Et pourtant, le fait de tousser peut être provoqué par autre chose.

La faute à l’opposition

C’est ici qu’il faut souligner que des semaines durant, il y a eu des tentatives pour que l’opposition se dessine à présenter une candidature unique. Une question s’est vite posée : Tshisekedi allait-t-il accepter de s’effacer au profit de quelqu’un d’autre ?C’est la théorie évoquée par l’opposition aile Sultani qui s’était dotée d’un programme commun, mais jamais de candidature commune. Cette opposition pensait aussi que le candidat commun devait répondre à un certain nombre de critères. Les plus pragmatiques pensaient à l’organisation des primaires, comme il est le cas au parti socialiste de la France. Mais qu’est-ce qu’on n’a pas constaté ? Un peu comme lors de la Conférence nationale souveraine, au début des années 1990, le lidermaximo est resté sur une position inflexible : les autres derrière moi, ou rien, même s’il jouait sa dernière carte. N’a-t-il pas répété à l’attention de tous ceux qui l’interpelaient ce qui suit : « qui vous dit que c’est parce que l’opposition va en ordre dispersé qu’elle va perdre les élections ? » Et pourtant, l’opposition réunie a fait 52%. Si tout ce score était dirigé à l’endroit d’un seul candidat de l’opposition, l’actuel chef de l’Etat ne pouvait pas l’emporter selon les estimations. Surtout qu’il n’a eu que 48,95%.

Toujours en ce qui concerne l’opposition, dans une élection à un seul tour, elle était dans l’obligation de s’unir autour de celui qui avait le plus de chances. De ce point de vue, Etienne Tshisekedi, en s’imposant comme le candidat naturel et historique, n’a pas joué le jeu. Il fallait s’entendre sur un candidat et sur une juste répartition des postes en cas de victoire. Au lieu de cela, on a eu un président sortant qui tient les rênes de l’Etat et une dizaine de représentants de l’opposition aux programmes flous et qui passent une bonne partie de leur temps à se taper dessus. Ceci pour dire que Tshisekedi aura raté un énième rendez-vous avec l’histoire. C’est ce comportement irresponsable et suicidaire qui a garanti en quelque sorte la victoire ou la réélection du chef de l’Etat sortant Joseph Kabila Kabange. Certains d’entre les candidats présidents de la République n’ont même pas battu campagne, et d’autres ne l’on fait qu’en dernière minute avec tous les risques possibles. D’autres encore étaient même étonné des voix qu’ils ont récoltéesà travers le pays.

Au regard de tout ce qui précède, l’opposition ainsi que des combattants d’Afrique du Sud, de la Belgique, de la France et de la Grande Bretagne devraient s’en prendre à l’opposition, plutôt qu’aux capitales étrangères et autres compatriotes qu’ils accusent d’être de mèche avec le pouvoir en place à Kinshasa et qui n’ont rien influé à ce que Joseph Kabila soit réélu. D’autant que Tshisekedi seulet l’opposition derrière lui n’ont pas joué franc-jeu. Les opposants ont plus privilégié la politique du « moi d’abord » dont on sait qu’elle ne paie pas, en lieu et place de l’intérêt général de la population.

La diaspora congolaise ne doit pas s’illustrer par des actes de violence qui ne sont profitables à personne, mais devrait plutôt se comporter comme la diaspora juive. Car en effet, partout où les juifs sont passés, ils ont cherché le meilleur. Surtout que leur détermination était de ramener à leur mère patrie ce qu’ils ont appris ailleurs. De ce fait, la diaspora doit revenir pour qu’ensemble soit construit un Congo meilleur qui fera le bonheur de tout le monde. Il faut aussi dire que l’ambivalence de la position de Jean-Pierre Bemba, leader incontesté du Mouvement de libération du Congo (MLC), a joué en défaveur de l’opposition qui avait pourtant besoin de capitaliser ces précieuses voix. Et ceci, sans oublier que toutes les stratégies développées par l’opposition pour contrer Joseph Kabila, notamment celle de l’encerclement par le Nord, l’Est, l’Ouest et le Sud n’ont pourtant pas fonctionné.

Laver les écuries

Après que tous les Congolais l’aient porté une fois de plus à la tête de la Rd Congo, Joseph Kabila partirait la tête haute pour nettoyer ses écuries. Il faudrait aussi qu’il soit bien conseillé, même si au Congo ou partout ailleurs, ce sont souvent les plus proches qui font le plus de tort. D’autant plus que selon une sagesse, le vrai chef de l’Etat n’a ni amis ni famille, il n’a que des collaborateurs qu’il peut récuser à sa guise. Le camp du chef de l’Etat devra éviter le triomphalisme et demander à ce dernier d’être rassembleur. Les 48,95% qui l’ont élevé à ce poste représentent les Congolais de tout bord qui ont fait un choix de la continuité. « Laissons-lui encore 5 ans au pouvoir pour qu’il finisse le travail amorcé », c’est un réflexe légitime qu’on a constaté dans le chef de certains Congolais. Qu’à cela ne tienne, si réajustements il y aura, ils dépendront du chef de l’Etat et de son premier ministre. Il s’agit des réajustements qui favoriseront plus d’efficacité dans le travail.

Le chef de l’Etat devra aussi se séparer de tous les extrémistes. Ceux-là qui veulent l’enfermer dans un carcan qui ne lui permet pas de bien réaliser son ambitieux programme des cinq chantiers. Même si les 5 chantiers ne sont pas exclusifs et ont des effets d’entrainement sur d’autres secteurs, il faudra dépasser ce stade pour non seulement moderniser la Rd Congo, mais aussi s’intéresserau social du congolais moyen.

L’Avenir


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Kanachien on 12/12/2011 19:29:05
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Meme contre un chien Kabira aurai perdu du moment ou le chien serait congolais.
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Makengo René on 12/12/2011 16:20:30
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Stop n'ecrivez pas des betises vous savez bien que Kabila n'as pas gagner les éléctions , alors ne renconté pas des idiotie . La CENI avait dejà planifié un plan pour faire gagner Kabile quelques soit les conditions . Mais je vous rassure que jamais Kabila vas dirigé le Congo , nous sommes prêt à tout pour l'empecher.Qui vivra veras
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motomoke on 12/12/2011 14:51:03
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cette theorie de l'efficacité de l"opposition en ordre disperssée ou en bloc n'est qu'un debat creux car Kabila etait claire et sur de son complot avec la CENI en disant que " l'opposition unie ou desunie sera battue" IL Y A PAS PHOTO donc ce discours tendancieux ne nous interesse plus OU C EST LE CHANGEMENT OU ALORS LA DICTATURE ! reflechissons peuple Congolais.
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ives on 12/12/2011 14:29:10
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kabila kabange kanambe joseph hypolite ne passera pas!
kabila kabange kanambe joseph hypolite ne passera pas!
kabila kabange kanambe joseph hypolite ne passera pas!
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TSHISEKEDI PRESIDENT ELU: VICTOIRE

vraiment, quel sort un tricheur de grand chemin comme kabila pourra reserver au peuple congolais si ce n"est le pillage massif et collectif des nos richesses.
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machiavel1983 on 12/12/2011 11:11:18
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Est ce que l'auteur pense réellement que si l' opposition s'était unie, les résultats auraient été différent et que Kanambe aurait tranquillement accepté sa défaite et pris son baluchon pour retourner en Tanzanie ?

Est ce que l'auteur pense réellement que saisir la cour suprême changerai quoique ce soit ?

L'auteur ne comprend -t-il pas que nous entrons dans un schéma insurrectionnel ?

Soyons sérieux !

Vive le Congo libre, la liberté ou la mort nous vaincrons !!!
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