« Joseph KABILA » : Un mandat de plus ? Un mandat de trop !

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image Joseph KABILA - President de la RDC, le 30 Juin 2011 à Lubumbashi

L’heure est grave. Accorder à « Joseph KABILA » un mandat de plus. Ce qui serait, de toute évidence, le mandat de trop !, le pays a besoin, en extrême urgence, d’hommes nouveaux, capables d’agir vite et bien (...) pour le bien-être des Congolais.

L’Europe est belle, l’Amérique fait rêver, l’Afrique du Sud fascine, pendant que la République Démocratique du Congo, jadis oasis de paix, vit une agonie permanente et même se meurt à petit feu. Toute une jeunesse a vu ses espoirs émigrer et ses ambitions d’épanouissement se réduire à quelques travaux pour une sécurité illusoire dans des eldorados lointains !

Déjà depuis l’époque de Mobutu, la République du Zaïre allait très mal, mais du moins le système D du «Débrouillez-vous» était en pleine effervescence. Mais, depuis la guerre de 1997, dite de libération, le mal congolais a vraiment explosé. L’insécurité s’est installée dans tout le pays. Et même dans la forêt tropicale dont je suis originaire, les serpents et autres reptiles qui auparavant étaient une menace pour l’homme, doivent, à leur tour, prendre la fuite à la moindre sensation de présence humaine, de peur d’être tué et immédiatement consommé !

Tous ceux qui le peuvent désertent le Congo, pays pourtant scandaleusement pourvu par la nature, mais qui semble frappé par une fatalité, une gangrène qui le ronge chaque jour et le consume !

Personne donc n’est capable de vaincre cette apparente fatalité. La subir ou la fuir n’est que l’évidente résignation.

Le Congo est aujourd’hui à l’abandon. C’est le pays qu’on assassine. En effet, la situation empire, le gouvernement agité par Joseph Kabila, en dépit de ses cinq chantiers, ne tient pas ses promesses. Ce gouvernement n’ouvre aucune porte qui puisse espérer un avenir meilleur.

Mon récent voyage à Kinshasa pour participer au Congrès de l’UNC au mois de juillet dernier, après 12 années d’absence au pays, m’a donc largement édifié sur l’ampleur de la crise que vit la République Démocratique du Congo depuis l’avènement de Joseph Kabila à la tête du pays il y a maintenant dix ans : les institutions républicaines inefficaces, le socio-économique exsangue, les attributs de l’Etat inopérants et un déficit de la pensée de l’élite, étouffée et devenue incapable, par l’énergie de son idéologie, de nous guider vers l’avenir et d’organiser les énergies de notre action pour gagner le combat crucial du présent, délétère et chaotique.

Pendant ces dix ans de règne de Joseph Kabila, la démission des autorités politico-administratives, face à leurs devoirs de réfléchir et de proposer au pays une vision pour sortir le pays du sous-équipement, n’a pas du tout abouti. Bien au contraire, pour organiser tout événement à caractère politique, pour le devenir de la Nation, nos acteurs politiques devraient, dans chaque circonstance, se rendre à Addis-Abeba, en Afrique du Sud, en Belgique, à Londres, en France et aux USA pour recevoir les instructions et directives essentielles afférentes à la conduite de l’Etat. Puisqu’incapables, par devers nous-mêmes, de régler certains conflits internes.

Quel type d’héritage et/ou de mode de compromis léguerons-nous à nos enfants, sachant que l’homme n’est pas éternel ? A quelle fin cette accumulation de richesses servira-t-elle finalement ? Pourtant, l’on sait que le coffre fort n’a jamais suivi le corbillard.

Les élections du 28 novembre prochain placent tout le monde au carrefour de l’Histoire et donnent l’opportunité pour les acteurs politiques congolais de se remettre en question afin qu’ils réfléchissent sur la part de responsabilité de chacun dans la déchéance du pays. A coup sûr, ils devront prendre la résolution de s’aligner aux côtés du peuple, pour le faire sortir du gouffre, au lieu de s’évertuer à élaborer des stratégies pour créer des dynamiques qui n’auront pour simple rôle que le maintien des dinosaures au pouvoir et par le fait même de Joseph Kabila qui incarne le mal congolais d’aujourd’hui.

On se souviendra comment, jour après jour, je ne cessais de dire haut et fort, que ce régime, ou ce gouvernement, dirigé par Joseph Kabila devait à partir du 6 décembre 2011, cesser de gérer les affaires de l’Etat, puisqu’il s’était montré largement incapable de le faire durant la décennie passée. Ce gouvernement maffieux, affairiste et hautement criminel, qui a transformé la République Démocratique du Congo en Casino, doit absolument disparaître dans la mémoire collective des Congolais qui ont tant souffert de l’incurie de leurs prédateurs et maîtres à penser.

A l’heure qu’il est, il appartient au peuple congolais, et à lui seul, de prendre sa destinée en main, en se donnant les dirigeants qu’il voudra, bien se choisir lui-même, sans pression ni chantages machiavéliques.

A quelques jours du début de la campagne, le baromètre électoral indique déjà, Etienne Tshisekedi, Vital Kamerhe et Léon Kengo wa Dondo comme étant des personnalités fortes, capables de gagner dans la transparence ces élections contre Joseph Kabila chancelant, mais en se choisissant à trois, loyalement, un "candidat commun" de l’opposition, pour permettre au peuple congolais, dans sa large majorité, de légitimer la contestation à venir, même si Daniel Ngoy Mulunda, président de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) dissimule à peine son rêve d’octroyer à Joseph Kabila un nouveau bail.

Je sais que les candidats présidentiables sont en train de subir des pressions de tout genre et de toutes parts. Je sais aussi que le pays est sous occupation par des forces étrangères venues des pays limitrophes. Mais en tant qu’acteur politique, je vous recommande de vaincre la peur, car vous avez l’obligation impérative et la responsabilité de donner au peuple les moyens d’une légitime modification pour le Congo de demain. 

Suivez mon regard ! Je rappelle à mes compatriotes congolais, que bon nombre de nos frères et sœurs ont été tués dans la province du Bas-Congo, dans la ville de Kinshasa, ainsi que chaque jour à l’Est du pays. Aucune justice équitable n’est rendue à ce jour, pour élucider ces tueries.

Et Joseph Kabila doit retenir que la population qui l’acclame au cours de ses déplacements n’est pas d’accord ni avec les cinq chantiers, ni avec son système de gouvernance. Ne dit-on pas que le peuple affamé et meurtri fait toujours semblant d’être content devant son bourreau et attend toujours le moment opportun pour se débarrasser de la personne qui leur confisque leurs libertés ?

A cet égard, il est plus que temps que Vital Kamerhe, Léon Kengo wa Dondo et Etienne Tshisekedi se mettent en ordre de bataille pour gagner coûte que coûte les élections du 28 novembre 2011.

Les yeux des Congolais sont maintenant tournés vers les trois personnalités citées ci-dessus, dont le charisme et la popularité ne sont plus à démontrer ! Il est de toute évidence que les conseillers et les membres de la dynamique autour de ces candidats de première facture doivent revêtir l’habit de la sagesse et du discernement, indispensables pour qu’il y ait des compromis pragmatiques honnêtes et courageux, au lieu de se détruire inutilement en oubliant la véritable cible, Joseph Kabila.

La République Démocratique du Congo n’a besoin que d’un seul Président de la République, qui ne doit pas se transformer après en dictateur potentat, tentation à laquelle les trois derniers présidents dont Mobutu Sese Seko, Laurent Désiré Kabila et Joseph Kabila ont succombé, affolés par l’ivresse du pouvoir. Cela reste un frein et un handicap au bon fonctionnement de l’Etat républicain et démocratique. Ce préalable accepté, l’opposition politique congolaise peut, dès lors, vaincre certaines craintes afin d’atteindre une coalition politique salutaire.

L’heure est grave. Elle n’est plus aux atermoiements inconsidérés et aux tergiversations préjudiciables, le pays a besoin, en extrême urgence, d’hommes nouveaux, capables d’agir vite et bien, afin de rendre inutiles et injustifiables les actions violentes qui, malheureusement et pour l’heure, seront bien compréhensibles et inévitables si une union sacrée de l’opposition ne se fait pas.

Comme j’ai eu à le signaler ci-dessus, le Congo est sous occupation des forces armées étrangères, prêtes à mater tout soulèvement qui conduirait le pays au printemps de son renouveau démocratique. Voilà ce qui donne des insomnies à Joseph Kabila mais cela est l’occasion à saisir par Etienne Tshisekedi, Vital Kamerhe et Léon Kengo wa Dondo pour se dépasser, en prenant le chemin de la sagesse africaine qui veut qu’au bout de la palabre, une solution de paix et de salut pour tous soit trouvée et que l’on s’en félicite en trinquant ensemble fraternellement.

Cette vision des choses est peut-être nouvelle pour la politique en République Démocratique du Congo. Epris de paix et de justice, nos trois leaders sont au tournant de l’histoire qui les invite à mesurer leur véritable idéal politique et qui leur impose de se mettre au service du peuple, assoiffé de liberté et de bonheur.

Agir autrement serait donc un acte suicidaire, c’est-à-dire celui du refus incompréhensible de la nouvelle route de notre destinée.

Ce serait accorder à Joseph Kabila un mandat de plus. Ce qui serait, de toute évidence, le mandat de trop !

Bamba-di-Lelo

Docteur en Sciences politiques de l’UCL

Analyste des questions politique du Congo

Adresse de contact :

GSM : 0479/64 54 87

E-mail : badiljb@hotmail.com


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jacks7 on 19/10/2011 08:06:14
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Mpnsieur Bamba vous avez un bon titre académique Docteur en science pô, un fils du pays félicitation mais vous savez dans un etat de droit il faut respecter les lois hors Mr Lobic Léon alias Kengo et Vital Kamerere sujets rwandais n'ont pas des parents congolais.
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Tutti on 19/10/2011 02:57:03
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Facile à dire quand bien même le "DR" sait que la soit disante base de son Président national Vital Kamerhe, le Pacificateur?, ne veut pas de cette alliance. Ayez le courage, "DR" de dire au Prezo prédateur de cesser de jouer le jeu de Joseph Kabila à qui il continue de rendre service. Le pouvoir pour le pouvoir! J'espère qu'il a renoncé aux indemnités de sortie que réclament ses élèves de l'Assemblée Nationale. Cela me rappelle le huis clos que décrétait VK quand il s'agissait de se donner les émoluments au Palais du Peuple. Non! Que dis-je : Palais du Pauvre Peuple!
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