RDC : Elections présidentielle en 2019 ?

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image Le sortant - "Joseph Kabila"

En République démocratique du Congo (RDC), le doute s’installe dans la Majorité présidentielle. Paniquée par les échecs successifs et acculée par le temps, la famille politique du Chef de l’Etat sort du bois et ne désarme pas dans son objectif de violer la constitution plébiscitée par plus 85% des Congolais. 

Tantôt, ses ténors s’accrochent à l’article 70 de la constitution pour espérer voir leur autorité morale conserver le pouvoir au-delà de la fin de son mandat sans au préalable organiser la présidentielle. Tantôt, ils attendent du dialogue un consensus qui repousserait les élections même en 2019.

Le temps devient le meilleur ennemi de la Majorité présidentielle (MP). Simplement, parce que la fin du deuxième et dernier mandat du président de la République avance à grand pas. Les caciques du régime paniquent et ne cessent de commettre des fautes.

Les brimades et persécutions à l’endroit des opposants par-ci. Des parodies de justice et les restrictions des droits et libertés fondamentaux des citoyens se font par-là.

Cependant, tous ces faits et gestes observés depuis janvier 2015 traduisent en réalité du pouvoir à violer la Constitution de la République pour permettre à l’Autorité morale de la MP de rempiler indéfiniment à la destinée du géant Congo.

Pour cet ultime objectif, tout y passe : obscurantisme, diktats, interprétation biaisée de la constitution, abus de pouvoir, intimidations, corruption des adversaires politiques et même des hommes de Dieu.

Tout ceci isole davantage le pouvoir au point que la Communauté internationale est unanime sur le respect de la constitution. Elle a pris en son compte la volonté légitime du peuple congolais que l’alternance à la présidence de la République soit effective au 20 décembre 2016.

La RTNC en campagne contre la Constitution

Au cours de l’émission « Actualité de la semaine » du vendredi 4 mars dernier à la chaîne publique RTNC, le Secrétaire général adjoint du PPRD, Me Tundawa Kasende, a exprimé, à des termes on ne peut plus clairs, ce que son parti attend du dialogue national inclusif convoqué par le chef de l’Etat.

Il met sur un même pied d’égalité le référendum au Sénégal, demandé par le Chef de l’Etat Macky Sall pour réduire le mandat présidentiel de 7 à 5 ans, avec le dialogue attendu en RDC. Bien que juriste, ce haut cadre du PPRD estime qu’un référendum légalement organisé par un président de la République, du reste qui est à son premier mandat, a la même légitimité qu’un « dialogue extraconstitutionnel » auquel la MP tient.

Comparant donc, le référendum au Sénégal et le dialogue attendu en RDC, Me Tundawa Kasende a déclaré : « Le président Macky Sall appelle le peuple sénégalais au référendum pour avancer de 7 ans à 5 ans la durée du mandat présidentiel. Lorsque le peuple sénégalais se sera prononcé, le mandat du président au Sénégal ne sera plus de 7 ans mais de 5 ans.

De la même manière, la République démocratique du Congo, pour des raisons impérieuses telles que nous les avons ici. Parce que Nous avons vraiment des raisons qui peuvent justifier que nous ne pouvons pas organiser les élections avant novembre 2016. Et que nous disons que nous allons  repousser ces élections en janvier 2017 ou bien Aout 2018 ou en 2019, ça dépend ».

« Le dialogue va fixer un nouveau délai constitutionnel »

Pour préciser sa pensée, Me Tunda ajoute : « Quand on se sera mis d’accord (Ndlr : au dialogue). Ce consensus sera consigné dans le texte. Et Ce nouveau consensus va engager l’ensemble non seulement de la communauté nationale mais aussi de la communauté internationale.

C’est ça le délai constitutionnel. Donc, le délai constitutionnel ne signifie pas qu’il y a quelque part où l’on a mis une date (Ndlr : reniement de l’article 73 de la Constitution qui stipule que « le scrutin pour l'élection du Président de la République est convoqué par la Commission électorale nationale indépendante, quatre-vingt-dix jours avant l'expiration du mandat du Président en exercice ». Ce qui est mis quelque  part (Ndlr : dans la constitution) peut bouger selon ce que le peuple lui-même veut ».

Voilà qui met à nu les intentions réelles du parti présidentiel. Pour le PPRD Tundawa Kasende, le dialogue va fixer  « le nouveau délai constitutionnel » que tout le monde va accepter.

Poursuivant son analyse biaisée des articles de la constitution, le Secrétaire général adjoint du PPRD a encore lâché que l’article 70 de la constitution permet en fait la « continuité ». « Cet article est simple » à comprendre. « Il y a continuité. Celui qui estime qu’il y aura un vide, il se trompe », soutient-il.

A cette question, le professeur André Mbata, constitutionaliste et organisateur du colloque international sur les dix ans de la constitution, précise : « c’est vrai que la constitution stipule  « le président sortant reste en place jusqu’à l’installation du nouveau président élu ».

Cela, dans le respect des délais constitutionnels. Jamais la constitution n’a prévu que le président sortant doit rester en fonction jusqu’à l’élection du nouveau Chef de l’Etat. Il faut éviter de faire une mauvaise lecture de la loi fondamentale du pays qui se veut sacrée ».


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