Elections : 22 millions USD pour l’acquisition des kits en RDC

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image Elections - Ouverture des urnes

La Commission électorale nationale indépendante, CENI, a lancé, mercredi 10 février 2016, un appel d’offres international pour l’acquisition des kits devant lui permettre l’enrôlement des électeurs, en vue de la fiabilisation du fichier électoral. Le coût de ces matériels est estimé à 22 millions de dollars US. Les firmes intéressées par cet avis ont trois mois devant elles pour déposer leurs offres de prix.

Tous les Congolais en âge de voter sont concernés par cette opération, c’est-à-dire ceux qui étaient déjà qualifiés lors des élections de 2011, ceux qu’on appelle  » nouveaux majeurs « , les Compatriotes résidant à l’étranger et, enfin, ceux qui étaient majeurs en 2011 et qui ne sont plus de cette terre. Ces derniers doivent donc tout simplement être élagués du fichier.

L’opération, d’après le président de la CENI, ne prendra pas moins de 16 ou 17 mois. Lorsqu’on se rend compte que les élections sont tributaires de cette fiabilisation du fichier, le non-dit est donc que l’on ne doit pas s’attendre à des élections dans ce pays avant le dernier trimestre de l’année 2017. Au plus tôt.

Corneille Nangaa a présenté, à cette même occasion, le spécimen de la nouvelle carte d’électeur. Deux cartes ne pouvant pas avoir cours légal au même moment, cette nouvelle carte suppose donc que les cartes actuellement en cours sont appelées à disparaître bientôt. En clair, un appel sera lancé à tous les Congolais en âge de voter de se faire enrôler. Cela prendra du temps, beaucoup de temps, comme on l’a vu en 2005 et 2010.

On espère vraiment que ce sera l’occasion de marquer enfin une nette différenciation entre la carte d’électeur et celle d’identité. Une carte d’électeur n’est pas une pièce d’identité. Il n’est pas galant de voir les Congolais présenter la carte d’électeur là où, comme dans les banques, les agences de transfert d’argent, voire lors des contrôles de police, il faut normalement une pièce d’identité.

Il est donc grand temps que de véritables cartes d’identité soient conçues et mises à la disposition des citoyens congolais. Mais tout doit être informatisé.

L’enregistrement de nouvelles naissances doit également désormais être informatisé. Automatique. Dans cette éventualité, l’enregistrement de nouveaux majeurs ne posera plus aucun problème. C’est chaque année (autant dire chaque jour) qu’il y a de nouveaux majeurs. On ne doit pas attendre la veille des opérations électorales pour penser aux nouveaux majeurs.

Il ne faut donc pas que cela devienne un casus belli à l’approche des élections, quelles qu’elles soient.

L’informatisation de l’identification des citoyens empêchera aussi des faits comme les cartes d’électeurs de la RDC retrouvées sur des étrangers.

Option dialogue

Le dialogue national inclusif convoqué depuis plusieurs mois déjà par le Président Kabila continue à faire des vagues. Pro et anti-dialogue s’opposent et se rentrent dedans. L’opposition congolaise, fidèle à sa nature, s’est fissurée. Une frange est d’accord pour participer au dialogue. Pour elle, il y a beaucoup de divergences entre les familles politiques, mais elles doivent, elles devraient, être aplanies justement dans le cadre d’un forum rassemblant tous les fils et toutes les filles de ce pays représentés.

Pour l’autre frange qui, jusqu’ici, s’oppose catégoriquement à la tenue d’un quelconque forum de ce genre avant les élections, le dialogue convoqué n’est qu’une distraction doublée d’une savante manœuvre de contourner la Constitution en renvoyant sine die la tenue des élections, surtout celle présidentielle, le souci de l’actuelle majorité étant, d’après ces opposants, la pérennisation au pouvoir de Joseph Kabila.

Après le passage entouré d’un opaque flou artistique de Saïd Djinnit et la présence aux contours mitigés d’Edem Kodjo, il faut à présent espérer que l’arrivée tant attendue par les uns comme par les autres sera le sésame qui débloquera la situation, en contentant tout le monde.

Le principe sacré d’une négociation est, en effet, que chaque partie se dote de la volonté de marquer un pas vers l’autre. Si réellement tous les acteurs sont là pour servir, c’est-à-dire qu’ils œuvrent avec abnégation, ayant le souci de leurs populations meurtries, déterminés à sortir ce pays, leur appartenance commune la plus importante, de l’ornière, une solution satisfaisante ne pourra pas ne pas sortir. Cette grandeur, cette candeur, nous manque beaucoup.

[Jean-Claude Ntuala]


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