RDC : La communauté internationale ne jure que par la tenue d’élections dans les délais constitutionnels

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image Francois HOLLANDE et Barack OBAMA

La communauté internationale, dans son ensemble, a fait bloc pour la tenue, en cette année 2016, des élections en République démocratique du Congo. Dans les milieux internationaux, tous les partenaires extérieurs ne jurent que par la tenue d’élections dans les délais constitutionnels, c’est-à-dire avant décembre 2016 ; échéance probable de la fin de la mandature en cours. A plusieurs reprises, la communauté internationale est sortie de ses gonds, appelant de vive voix toutes les parties congolaises à s’impliquer davantage pour conduire à bon port le processus électoral. L’on se souvient qu’après la déclaration de quatre organisations internationales, un quartet regroupant les ambassadeurs de la Belgique, du Canada, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne en RDC, a saisi l’opportunité qu’offrait la célébration le 18 février 2016 de 10 ans de la Constitution pour appeler les autorités congolaises à prendre soin de cette « loi suprême » dans l’effort de consolidation de la démocratie congolaise.

A dix mois de la fin constitutionnelle du mandat du président Joseph Kabila, l’étau se resserre sur la Céni, pressée de s’en tenir strictement aux délais fixés par la Constitution. Inscrite dans la logique du glissement, la Majorité doit apprendre en même temps à contenir la foudre au-dessus de sa tête. Après les élections « à bonne date » - termes évoqués par l’ONU, l’UA, l’OIF et l’UE dans une déclaration conjointe du 16 février 2016 - les Etats-Unis reviennent à la charge en insistant sur la tenue d’élections dans « un vrai délai constitutionnel ».

La communauté internationale, dans son ensemble, a fait bloc pour la tenue, en cette année 2016, des élections en République démocratique du Congo. Dans les milieux internationaux, tous les partenaires extérieurs ne jurent que par la tenue d’élections dans les délais constitutionnels, c’est-à-dire avant décembre 2016 ; échéance probable de la fin de la mandature en cours.

A plusieurs reprises, la communauté internationale est sortie de ses gonds, appelant de vive voix toutes les parties congolaises à s’impliquer davantage pour conduire à bon port le processus électoral. L’on se souvient qu’après la déclaration de quatre organisations internationales, un quartet regroupant les ambassadeurs de la Belgique, du Canada, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne en RDC, a saisi l’opportunité qu’offrait la célébration le 18 février 2016 de 10 ans de la Constitution pour appeler les autorités congolaises à prendre soin de cette « loi suprême » dans l’effort de consolidation de la démocratie congolaise.

« A titre de loi suprême du pays, écrivaient-ils, ce texte fondamental et visionnaire consacre le souhait du peuple congolais d’être gouverné selon les normes démocratiques après avoir souffert des décennies sous un régime de parti unique, décennies qui se sont terminées par une période de grande turbulence politique et de conflits violents ».

Washington récidive

Et comme si cela ne suffisait pas, Washington vient d’enfoncer le clou sur la ferme volonté de la communauté internationale de voir la Céni organiser les élections dans le strict respect des délais constitutionnels. A l’instar de l’ONU, l’UA, l’OIF et l’UE qui ont vivement appelé à la tenue des élections « à bonne date », les Etats-Unis recadrent en insistant plutôt sur les élections « dans un vrai délai constitutionnel ».

C’est par la voix de Thomas Perriello, l’envoyé spécial du président Barack Obama dans la région des Grands Lacs, que les Etats-Unis se sont exprimés. Ce dernier a été, mardi 22 février, au Palais du peuple, l’hôte des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Le choix du siège du Parlement est sans nul doute, une manière subtile de lancer un message à toute la classe politique qui a l’obligation de s’assumer afin d’éviter tout naufrage du processus électoral.

Les déclarations de Perriello ne sont donc pas à prendre à la légère. Envoyé spécial du président américain, sa prise de position reflète celle de toute l’administration américaine. L’on ne devrait pas s’y tromper !  En des termes ne prêtant à aucune confusion, l’envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands Lacs a invité, sans détours, la classe politique à travailler pour un consensus en vue de l’organisation des élections dans « un vrai délai constitutionnel ».

Selon radio Okapi, l’envoyé spécial de Barack Obama est d’avis que la tenue des élections avant fin 2016 est un « enjeu majeur » pour éviter au peuple congolais de revivre des guerres liées à la conquête du pouvoir. « Nous estimons que toutes les structures du gouvernement sont essentielles pour essayer de trouver une solution en cette période très cruciale du processus électoral dans ce pays », a-t-il déclaré.

Suivant de très près l’évolution du processus électoral, et visiblement agacé par de nombreuses contraintes qui risquent de plomber le travail de la Céni, Washington estime que les prochaines élections constituent « une opportunité importante et historique pour les populations de la République démocratique du Congo, qui ont passé beaucoup d’années de guerres ».

En fin diplomate, Thomas Perriello ne pense pas que les Etats-Unis pourront s’arroger le droit de décider à la place du peuple congolais. Aussi lance-t-il un appel aux Congolais à se saisir de l’occasion de la tenue d’élections afin de décider de « la voie à suivre pour un avenir plus sûr et radieux mais également penser au développement économique de leur pays ».

S’il semble accorder un certain crédit au dialogue tant espéré par le camp présidentiel, Thomas Perriello a néanmoins un point de vue nuancé. Le dialogue, pense-t-il, ne pourrait servir à désamorcer les tensions que s’il était « bien tenu », a précisé l’envoyé spécial des Etats-Unis dans la région des Grands Lacs.

Le dialogue n’est pas une panacée

Peut-on supposer à première vue que les Etats-Unis adhèrent au projet du dialogue ? Oui, mais pas le dialogue version Joseph Kabila. Tenir le dialogue, a indiqué Perriello, ne devait être qu’« un moyen de trouver une bonne perspective afin d’organiser les élections dans les délais les plus constitutionnels qui soient ».

C’est dire que, quelles que soient les procédures à mettre en œuvre, pour Washington, le respect des délais constitutionnels reste intangible. Par conséquent, non négociable.

Comprend-on cela de la même manière du côté de la MP? Difficile à dire. Car, dans la capitale congolaise, chacun y va suivant son prisme, selon que l’on est de la Majorité ou de l’Opposition.  A la seule différence que, dans les rangs des partenaires extérieurs, le dialogue – s’il s’avère indispensable – ne pas servir de prétexte pour renvoyer les élections au-delà des délais constitutionnels ; en l’occurrence, la présidentielle, dont les limites sont clairement consignées, dans la Constitution consensuelle du 18 février 2006.

Raison pour laquelle, Washington se montre plus explicite sur ce qu’il faudrait faire afin d’éviter que la RDC ne sombre à nouveau dans un cycle infernal qui pourrait déstabiliser le pays avec des effets collatéraux évidents dans la région des Grands Lacs et un bonne partie du continent. Dès lors, les élections deviennent un passage obligé pour poursuivre  et améliorer le processus démocratique.

[lePotentiel]


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