RDC : Dialogue, le piège de « Joseph KABILA »

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image Le sortant - "Joseph KABILA"

La tragédie congolaise dure depuis longtemps, pratiquement depuis le 30 juin 1960, date de l’accession du pays à son "Indépendance". En effet, quand on observe toutes les péripéties de l’histoire des cinquante années d’indépendance, on ne constate, malheureusement, que du sang versé inutilement, suite à des sécessions et à des rébellions armées, pour des buts inavoués. M ais, avec un peu de recul, comment ne pas constater et imaginer que tout cela a toujours été imposé au peuple congolais, comme étant fatal, en fabriquant, du même coup, un peuple martyr, que l’on cherche à exterminer à petit feu, par des viols de femmes, et à travers plusieurs guerres non déclarées à la face du monde. Bref, la tragédie continue jusqu’à ce jour, du fait que le Congo-Kinshasa ne se stabilise toujours pas, en ne se dotant pas d’un Etat digne de ce nom pour faire de ce pays ce qu’il devrait être : une puissance économique émergente au cœur de l’Afrique. Car, la République Démocratique du Congo a, en effet, tous les atouts pour pallier aux vicissitudes du sous-développement, et, par ailleurs, sortir le peuple congolais de la pauvreté.

Actuellement, avec à la tête du pays, un Joseph Kabila qui se comporte quasiment comme un mécréant, avec arrogance et imbu de lui-même, tout témoin honnête, et pourvu de bon sens, doit pouvoir reconnaître que le Congo-Kinshasa n’a pas de chance d’avoir cet individu comme président. Qu’on se souvienne qu’il est au pouvoir depuis 15 ans, mais, aucun de ses services n’est capable de nous présenter un bulletin d’évaluation positif pour toutes les années passées à la tête de l’Etat congolais !

Qui, alors, a trouvé une utilité dans ce règne ? Celui-ci a plutôt profité, outre aux multinationales, aux grandes puissances, à l’ancien pouvoir colonial, etc. C’est une honte pour le monde d’aujourd’hui, de soutenir un Chef d’Etat qui détruit son peuple, et qui n’a aucun respect pour la vie des personnes. On le sait, et on ne dit rien. Et pourtant, par cette politique de deux poids, deux mesures, l’Afrique centrale est appelée à être une zone de non droit, un pays où la raison du plus fort est toujours la meilleure. Véritable jungle ! 

En tout cas, le Congo de Joseph Kabila dans lequel, on le sait, il n’a jamais été élu, mais plutôt imposé, est un pays dont la population conjugue tous les jours, à l’actif présent, les verbes survivre, patauger, vivoter, et, est un peuple misérable exploité et vampirisé à outrance, sans honte ni gêne, vu par ceux qui nous ont appris la démocratie de Démosthène, de Platon, de la Grèce antique ! Comédie et tragédie, voilà les différentes couleuvres qu’on fait avaler au peuple de Patrice Emery Lumumba !

Après deux mandats successifs improductifs, bien que conformes , à la Constitution, il est étonnant que l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Union Européenne (UE), l’Union Africaine (UA), et la Francophonie, continuent à fermer les yeux devant les procédures d’abus de pouvoir de Joseph Kabila, un sadique personnage, cynique, meurtrier et voleur. Le dialogue qu’il a tenté d’initier est maintenant présenté sous un jour radieux, comme étant la seule voie susceptible de sortir le Congo de sa crise profonde actuelle. Or, tant dans le pays de l’oncle Sam que dans les pays occidentaux, un gouvernement incompétent, et qui bafoue les lois de son pays, serait interpelé, et même serait invité à démissionner, afin de faire droit à l’ordre républicain, garanti par une Constitution. Nous sommes bien étonnés et abasourdis de voir, au contraire, la Communauté Internationale ignorer le peuple congolais qui souffre, pour tenter plutôt de sauver de son échec, Joseph Kabila, le bourreau, celui qui leur inflige des souffrances voilà bientôt 15 ans !

Ainsi donc, le dialogue présenté comme solution miracle n’est-il qu’un nouvel iceberg, qui cache en réalité d’autres couleuvres, plus amères, qu’on s’apprête à faire avaler aux hommes et aux femmes de la République Démocratique du Congo ? Quand voudra-t-on comprendre que les Congolais sont assez mûrs de décider eux-mêmes de leur destin sans qu’on ne cherche chaque fois à leur imposer des hommes de paille, des criminels de droit commun ou des criminels économiques, souvent même dépourvus d’une éducation de base ? 

C’est peine perdue pour Joseph Kabila d’organiser un dialogue, même sous l’égide d’un médiateur neutre. En effet, comment comprendre qu’on nous impose d’aller dialoguer avec quelqu’un dont on sait pertinemment qu’il est nul, et qu’il porte du sang humain sur les mains. Avec qui Joseph Kabila ira-t-Il dialoguer ? Sinon avec Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Vano Kiboko, tous des leaders politiques de valeur, que le peuple respecte et en qui les Congolais ont confiance, parce qu’ils défendent les intérêts stratégiques majeurs du Congo. Ces derniers n’ont jamais commis, dans l’exercice de leur mandat politique, ni erreur, ni trahison politique. Mais, ils sont tous en prison, privés de liberté, sans motifs réels. Joseph Kabila, quant à lui, demeure insensible au cri de détresse de la population congolaise, et même celle, bien que timide de la Communauté Internationale, face à ces détentions arbitraires ! Pourtant, il continue à croire fermement à la terreur, comme étant un mode de gestion politique normale. 

Qui a oublié qu’en janvier 2015, il y a eu, au Congo Kinshasa, une révolte contre le pouvoir sanguinaire de Joseph Kabila ? Comme toujours, il a fait mettre en prison l’activiste des « droits de l’Homme » Christopher Ngoy Mutamba, pour insurrection à l’ordre public. Une accusation fantaisiste, et montée de toutes pièces, pour justifier l’injustifiable. A ce jour, et constaté après, le compatriote Christopher Ngoy Mutamba est presque un condamné à mort pour diverses tortures subies. Fort malade, l’homme aurait, probablement, ingurgité, dans sa cellule, un poison violent, semble-t-il ; et son état physique est désespéré, malgré la perfusion sanguine, non testée préalablement, qu’on lui aurait administrée, à défaut du mieux, à cinq reprises consécutives.

Malgré ce dilemme et l’intervention de la Fondation Bill Clinton, Joseph Kabila refuse de le libérer pour qu’on le fasse soigner à l’étranger, aux frais de la famille et de certains sympathisants. D’autorité, il confie simplement la charge de ses soins, à un médecin de l’hôpital Nganda à Kintambo, avec qui, il entretient les meilleures relations de complicité.

On n’entend guère la Communauté Internationale élever la voix, pour condamner ce comportement ignoble, on préfère plutôt nous rabattre les oreilles pour nous engager à « dialoguer » avec celui qu’on devrait punir et que la population congolaise s’apprête à sanctionner sévèrement !

La Communauté Internationale doit cesser d’enseigner le crime en prétendant par ailleurs que la « démocratie est un luxe pour l’Afrique » ! Mais, pourtant, quoi qu’il arrive, l’Histoire du peuple congolais n’oubliera jamais ceux qui ont été les assassins de leurs enfants. Et qui sont ceux qui les ont commandités, se rendant ainsi complices du plus grand génocide de l’actualité. 

Abla Tarhoud a dit : « L’indépendance d’un peuple, c’est un désir commun de se mettre debout et de dire : Je suis chez moi, je veux être capable de manger comme je veux, de regarder la télévision si je veux, et de boire de la bière à ma façon, sans que personne ne vienne me dire quoi faire » !

En somme, si l’on veut faire du « dialogue » une chance pour le Congo, qu’on commence par libérer Eddy Kapend, Georges Leta Mangasa, Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Vano Kiboko, Christopher Ngoy Mutamba, et tous les autres, car ce sont des fils du Congo, devenus prisonniers personnels de Joseph Kabila. Ces fils de notre peuple peuvent, à eux seuls, par leur présence remarquée, apporter la cohésion et les remèdes nécessaires, pour que le Congo Kinshasa redevienne un pays de liberté et de démocratie, un peuple respecté et ouvert aux autres nations du monde.

L’essentiel est que Joseph Kabila n’aille pas plus loin que 2016. C’est sa « personne » qui sera devenue le problème !

A défaut d’un départ, le 20 Décembre 2016, des dizaines de millions de Congolais devront investir la rue, pour envisager l’application de l’article 64 de la Constitution qui stipule : « Que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution… » 

Sinon, ce sera le chaos !

[Bamba di Lelo, Docteur en Sciences politiques de l’UCL Analyste des Questions politiques du Congo]


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