Elections : Tous ont des regards rivés sur le successeur de MALUMALU

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image Corneille NANGAA - président de la CENI

A peine installé dans ses bureaux du quartier de la centrale électorale, sur le boulevard du 30 Juin, Corneille Nangaa a reçu la visite de plusieurs partenaires au développement. Tous lui ont rappelé leur désir d’aider la République démocratique du Congo à réussir en 2016 le troisième cycle électoral de la 3ème République. S’il ne se pose aucun préalable à leur soutien au processus électoral, les partenaires au développement se plient néanmoins aux diverses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment la résolution 2211 qui lève clairement l’option d’organiser la présidentielle et les législatives dans les délais constitutionnels.

Après la désintégration en plein vol du calendrier électoral global du 12 février 2015, la Ceni devrait s’empresser d’en publier un autre réaménagé ou, au besoin, réaliste. Mais, que nenni. Le nouveau président de la Ceni n’en fait pas une urgence et donne l’impression de jouer le jeu de la Majorité en s’attardant sur des préalables qui font le lit au glissement. Pour rappeler à Corneille Nangaa ses prérogatives et son indépendance consacrées par la Constitution et la loi qui organise son institution, les partenaires accentuent des pressions pour pousser la Ceni à s’assumer.

Il n’est pas bon d’être à la place de Corneille Nangaa Yobeluo, président de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). L’homme focalise tous les projecteurs. Tous ont des regards rivés sur le successeur de Malumalu.  

A peine installé dans ses bureaux du quartier de la centrale électorale, sur le boulevard du 30 Juin, Corneille Nangaa a reçu la visite de plusieurs partenaires au développement. Tous lui ont rappelé leur désir d’aider la République démocratique du Congo à réussir en 2016 le troisième cycle électoral de la 3ème République. S’il ne se pose aucun préalable à leur soutien au processus électoral, les partenaires au développement se plient néanmoins aux diverses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment la résolution 2211 qui lève clairement l’option d’organiser la présidentielle et les législatives dans les délais constitutionnels.

A première vue, tous d’accord sur la tenue d’élections essentielles, à savoir celles qui sont peu onéreuses et, en même temps,  permettent l’alternance au sommet de l’Etat en 2016. Il incombera aux nouvelles autorités élues de prendre des dispositions qui s’imposent, en termes de finances et de logistique afin que le reste des scrutins soit organisé progressivement. 

Quid ? Après la mise au placard du calendrier électoral global du 12 février 2015, tout le monde attend de la Ceni un calendrier électoral réaménagé, donc réaliste, qui prenne en compte l’évolution du contexte politique et les diverses contraintes.

Dans une récente rencontre avec la Cenco (Conférence nationale épiscopale du Congo), Corneille Nangaa s’était montré réservé quant à la publication imminente d’un calendrier électoral.  Selon lui, la Ceni prenait tout son temps avant la publication d’un calendrier électoral dont elle aura la certitude d’être appliqué sans un quelconque glissement.

Mais là où il a semblé jouer un jeu flou, c’est lorsqu’il  est revenu sur des préalables dont la réalisation s’étale sur plusieurs années, donc au-delà des délais constitutionnels.  Or à l’UDPS, l’on continue à croire à l’impératif d’une restructuration de fond en comble de la Ceni assortie d’un audit. Ce qui ne fait qu’entretenir la polémique quand on sait que le chef de l’Etat avait dit sa satisfaction en ce qui concerne la mise en place de la nouvelle équipe de la centrale électorale.

L’année 2016 avance à grands pas. Les grands enjeux politiques et électoraux qui vont la rythmer sont fonction de la voie que choisira la Ceni. Corneille Nangaa tient entre ses mains le destin de tout un pays. En est-il conscient ?  A défaut, il devra se ressaisir au plus vite, avant que l’édifice électoral ne prenne des fissures irréversibles.

La grogne interne

Comme si la forte pression des partenaires extérieurs ne suffisait pas, la Ceni doit aujourd’hui gérer la grogne interne qui devait s’amplifier avec la création d’un « Front citoyen 2016 ». Faisant de l’alternance en 2016 le crédo de leur combat, le Front citoyen 2016 a envoyé un message clair au pouvoir organisateur des élections.

« Nous exigeons le déblocage du processus électoral, d’une part, par la publication au plus tard le 31 janvier 2016 d’un calendrier électoral consensuel, respectant le délai constitutionnel pour l’élection du prochain président et intégrant la mise à jour du fichier électoral. Et d’autre part, le démarrage de la mise à jour du fichier électoral au plus tard le 10 février 2016, notre ligne rouge », a fait savoir le Front citoyen 2016. C’est tout dire.

Dans la Majorité, l’on semble minimiser cette menace. Or en réalité, c’est la Ceni qui est visée. Son président a du pain sur la planche. Il doit faire preuve d’un sens élevé de management, en tentant de rassurer tous les partenaires au processus électoral. Il a intérêt à ne pas se cabrer. La voie idéale à suivre est celle de faire preuve d’une indépendance dans la conduite des opérations de la Ceni en se mettant véritablement au-dessus de la mêlée. La loi organisant le fonctionnement de son institution ayant déjà fixé les limites de ses attributions, Corneille Nangaa doit s’assurer et s’assumer pleinement vis-à-vis des partenaires et, particulièrement, du pouvoir politique.

De ce point de vue, s’appesantir sur les préalables qui retarderaient la publication d’un calendrier électoral réaménagé serait de nature à compliquer davantage l’équation électorale. Avec toutes les conséquences qui pourraient en découler sur l’équilibre des institutions.

La bonne foi de la Ceni se mesurera par sa capacité de publier en toute responsabilité un calendrier électoral réaliste, c’est-à-dire celui qui programme les élections essentielles en prenant en compte les capacités financières de la RDC – l’apport des partenaires extérieurs ne servant que d’appoint.

En effet, l’année 2016 est celle qui déterminera l’alternance au sommet de l’Etat - la Constitution ayant déjà tranché en son article 220. La Ceni a donc intérêt à s’activer en décrivant clairement le plan de vol électoral auquel tous les partenaires au processus devaient s’arrimer. Corneille Nangaa doit prendre le devant. S’il traîne les pieds – comme c’est le cas aujourd’hui - en multipliant des exceptions dans la publication du calendrier électoral réaménagé, il aura alors fait preuve de son allégeance à la Majorité au pouvoir. On pourra dès lors en déduire que la Ceni et son président se sont inscrits dans la logique du glissement du cycle électoral.

A tout prendre, la pression que subit la Ceni est tout à fait normale. C’est une façon de pousser son président à jouer parfaitement son rôle, sans en dénaturer le contenu.

[lePotentiel]


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