RDC : 2016, l’année de tous les risques

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image 16 Ferrier 2016 - La police congolaise arrête un manifestant catholique

2016, l’année électorale en RDC ? Cette année marque la fin de la mandature en cours de Joseph Kabila et en principe procéder à l’alternance démocratique au sommet de l’Etat, à condition que la CENI organise la présidentielle dans les délais constitutionnels, c’est-à-dire en novembre 2016. Tel ne semble pas être le cas. En tout cas, aucun indice ne l’atteste jusqu’à ce jour. D’où la sortie du bois de l’Eglise catholique, par la CENCO, qui avait planifié une série d’actions de mobilisation générale de la population à travers tout le pays dès l’entame de 2016. La grande marche des chrétiens est prévue au 16 février 2016, comme un certain 16 février 92 sous Mobutu.

D’après les évêques catholiques, toutes ces manifestations pacifiques ont pour but d’empêcher tout glissement de mandature de Joseph Kabila et, par conséquent la tenue des élections dans les délais constitutionnels, c’est-à-dire les législatives et la présidentielle en novembre 2016 pour une passation des pouvoirs entre le sortant et l’entrant à intervenir au 20 décembre 2016. 

A ce titre, 2016 devient l’année de tous les dangers...l’année de tous les risques. D’autant que la nouvelle plateforme sociopolitique qui vient de naître samedi dernier sous la dénomination de " Front-citoyen-2016 " agrée ces actions programmées par l’Eglise catholique. 

C’est ce qu’ils ont acté dans leur déclaration : "…Le Front-citoyen-2016 fait sien l’appel lancé par la CENCO ainsi que l’ensemble des actions prévues sur toute l’étendue de la République jusqu’à la marche pacifique de tous les chrétiens, pour consolider la démocratie le 16 février 2016 à l’occasion de l’année jubilaire de la marche historique du 16 février 1992".

DEUX LIGNES ROUGES POUR LE FRONT CITOYEN 2016

Ils fixent aussi deux lignes rouges qui sont la date du 31 janvier 2016 pour la publication du calendrier électoral consensuel respectant le délai constitutionnel pour l’élection du prochain Président de la République et la mise à jour du fichier électoral au plus tard au 10 février 2016. Comme l’Eglise catholique, le "Front-citoyen-2016 " projette aussi des actions non-violentes dès la date du 1er février 2016, si rien n’est fait dans le sens de leurs revendications ci-haut exprimées.

DE GROSSES POINTURES DE L’OPPOSITION POLITIQUE

Parmi les signataires de cet acte, on compte de grosses pointures de l’Opposition politique comme le charismatique Moïse Katumbi Chapwe, Vital Kamerhe, Félix Tshisekedi, Kiakwama Kia Kiziki, Eva Bazaiba, Antipas Mbusa Nyamwisi, José Makila Sumanda, Delly Sesanga, Freddy Matungulu etc. et des leaders de la Société civile comme Jean-Claude Katende de l’ASADHO, Rostin Manketa de la VSV, Jonas Tshombela de la NSSC, Paul Sapu de la Ligue des électeurs, François Banza Ngoy des Amis de Nelson Mandela etc. 

En 2016, l’article de la Constitution du 16 Février 2006 qui sera le plus usité est l’article 64 qui est déjà sur les lèvres de tous ceux qui militent contre un quelconque 3ème mandat de Joseph Kabila ou tout simplement un glissement de la mandature en cours. L’Eglise catholique y avait fait recours dans sa déclaration lançant les manifestations pacifiques de 2016 tout comme le " Front-citoyen-2016 ". 

Cet article 64 demande aux Congolais de s’opposer à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions de la Constitution. Même au niveau de l’interprétation de cette disposition de la Constitution, il y a des divergences de perception entre les deux camps, la MP et ses alliés et les autres forces sociales et politiques. 

La MP accuse ces dernières de tenter d’empêcher Joseph Kabila dont le mandata, court encore, d’exercer ses prérogatives, ce qui est pour eux une violation de cet article 64. Tandis que dans le camp adverse, on estime qu’à la date du 20 décembre 2016, s’il n’y a pas passation des pouvoirs, le Président sortant va commencer à exercer le pouvoir en violation de la Constitution, ce qui conduit à l’application de l’article 64. Mais il n’est pas du tout exclu que les Congolais qui en ont vu d’autres de 60 à 65, de 65 à 97, de 97 à 2001, de 2001 à 2003, de 2003 à 2006, de 2006 à ce jour puissent trouver l’antidote pour 2016.

[KANDOLO M.]


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