Le NON-NON-NON-NON-NON de l'Opposition congolaise

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image Discours sur l’Etat de la nation - "Joseph KABILA", lundi 14 décembre 2015, Palais du Peuple, Kinshasa.

Non à un 3ème mandat ! Non au glissement ! Non à la violation de la Constitution ! Non à la révision ou au changement de la constitution ! Non au référendum ! La sauvegarde du pays dépasse les intérêts individuels, d’ethnies, ou d’appartenance à une organisation politique. Le Congo nous appartient à nous tous.

Des acteurs de l’Opposition politique congolaise et ceux de la société civile qui ont participé à la Conférence sur la « Démocratie et les processus électoraux en Afrique Subsaharienne », tenue du 10 au 14 décembre 2015 à Dakar (Sénégal), se sont réunis au sein d’une nouvelle coalition, le « Front citoyen 2016 » pour l’alternance au sommet de l’Etat en RD Congo.

« Le Congo nous appartient à nous tous », ont affirmé, samedi 19 décembre 2015 à Kinshasa, les parties prenantes dans une déclaration commune lue par le président de l’Asadho Jean-Claude Katende.

Partant de cette logique, ils disent « haut et fort : non à un 3ème mandat ; non au glissement ; non à la violation de la Constitution ; non à la révision ou au changement de la Constitution ; non au référendum ».

Estimant que « la sauvegarde du pays dépasse les intérêts individuels, d’ethnies, ou d’appartenance à une organisation politique », les initiateurs de cette plate-forme ont relevé deux grandes incertitudes qui pèsent sur la vie de la Nation depuis plusieurs mois et qui seraient à la base la création du « Front citoyen 2016 ».

Il s’agit, notamment, de « la tenue d’élections libres et démocratiques dans les délais constitutionnels » et du « respect du principe de l’interdiction pour le Chef de l’Etat d’aller au-delà de deux mandats ».

Mettre en commun les forces

Selon les animateurs de cette coalition, « il apparaît de plus en plus clair que le changement de la Constitution est en cours, dans le but de modifier le système électoral et d’offrir ainsi, à l’actuel Président de la République, la possibilité de briguer un troisième mandat ».

« A 365 jours de l’échéance du second et dernier mandat du Président de la République actuel, nous, Forces sociales et politiques, avons décidé de mettre en commun nos forces, nos ressources humaines et matérielles, nos stratégies et nos actions, en créant un rassemblement Citoyen dénommé Front Citoyen 2016 », disent-elles dans leur déclaration commune.

Les animateurs de cette structure réaffirment leur « attachement à la défense de la Constitution, dix ans après l’adoption à 85% par le peuple congolais, du referendum constituant de la Constitution du 18 février 2006 ».

Le « Front Citoyen 2016 » s’est approprié l’appel lancé par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) prévoyant des actions, le 16 février 2016, pour consolider la démocratie. Ainsi, la Coalition appelle le Peuple congolais à « se mobiliser, s’engager et d’agir dans l’esprit de l’article 64 de la Constitution ».

En effet, cet article dispose que « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou tout groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ».

Par conséquent, le « Front Citoyen 2016 exige le déblocage du processus électoral, d’une part, par la publication, au plus tard le 31 janvier 2016, d’un calendrier électoral consensuel, respectant le délai constitutionnel pour l’élection du prochain Président et intégrant la mise à jour du fichier électoral ».

« Et d’autre part, le démarrage de la mise à jour du fichier électoral au plus tard le 10 février 2016, notre ligne rouge », ajoute la déclaration qui souligne que, « de ce Jour à la date ultime du 1er février 2016, un calendrier d’actions non violentes, tenant compte et renforçant les actions déjà planifiées par les membres du Front Citoyen 2016, sera rendu public ».

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DECLARATION PORTANT CREATION DU « FRONT CITOYEN 2016 »

Deux grandes incertitudes pèsent sur la vie de la Nation congolaise depuis plusieurs mois maintenant: la tenue d’élections libres et démocratiques dans les délais constitutionnels, et le respect du principe de l’interdiction pour le Chef de l’Etat d’aller au-delà de deux mandats.

Il apparait de plus en plus clair que le changement de la Constitution est en cours, dans le but de modifier le système électoral et d’offrir ainsi à l’actuel Président de la République la possibilité de briguer un troisième mandat.

Tel qu’indiqué par plusieurs forces sociales et politiques qui défendent le principe de l’alternance démocratique en 2016, le Président KABILA, en invitant les délégués au dialogue récemment convoqué à «réfléchir sur un nouveau système électoral avec des modalités de vote peu coûteuses», ne fait plus mystère de son intention délibérée de renverser le régime constitutionnel en vigueur pour se maintenir au pouvoir, en violation de son serment.

Le souvenir malheureux et douloureux des guerres et tribulations qui ont semé le désarroi dans la population congolaise et fait couler le sang de millions des filles et fils de notre pays à cause notamment d’une certaine façon d’accéder au pouvoir par la force, et de l’exercer au détriment du bien commun.

En janvier 2015 déjà, le sang a coulé suite à une autre tentative du pouvoir en place de contourner les dispositions constitutionnelles. Les Citoyens congolais ont alors démontré qu’ils ont pris conscience du fait que la sauvegarde du Congo dépend de chacun de ses enfants. Ils mesurent plus que jamais leur responsabilité dans l’avènement d’une Nation réellement démocratique et soucieuse du bien-être de tous.

Cette volonté manifeste de changer de régime  constitutionnel congolais persiste, malgré de nombreux appels répétés à la raison, lancés à travers des déclarations, des communiqués, des messages et des conseils avisés, tant par les forces sociales et politiques démocratiques, de l’intérieur et de la diaspora, que par les partenaires internationaux du Congo. Tous insistent sur l’importance du respect absolu de la Constitution de la République en ce qui concerne l’élection présidentielle, gage de paix et de stabilité.

Nous assistons à une véritable tentative de coup d’Etat constitutionnel!

La paix, l’unité et la stabilité de la RDC sont gravement menacées par de telles initiatives. La République est en péril. Dès lors, face à la gravité de la situation que traverse notre pays, Nous, Forces sociales et politiques, Réunis le 19 décembre 2015 à Kinshasa, dix ans après l’adoption à 85% par le peuple congolais du referendum constituant de la Constitution du 18 février 2006, réaffirmons notre attachement à la défense de la Constitution;

Et, à 365 jours de l’échéance du second et dernier mandat du Président de la République actuel, avons décidé de mettre en commun nos forces, nos ressources humaines et matérielles, nos stratégies et nos actions, en créant un rassemblement Citoyen dénommé « Front Citoyen 2016 ».

Le« Front Citoyen 2016» est un rassemblement inclusif de citoyens qui regroupe les Congolais de la République Démocratique du Congo et de sa diaspora, membres des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des organisations politiques ainsi que les personnalités congolaises qui s’engagent à militer pour le strict respect de la Constitution.

Le « Front Citoyen 2016» fait siens l’appel lancé par la CENCO ainsi que l’ensemble des actions prévues sur toute l’étendue de la République jusqu’à la marche pacifique de tous les chrétiens, pour consolider la démocratie, le 16 février 2016 à l’occasion de l’année jubilaire de la marche historique du 16 février 1992.

Le «Front Citoyen 2016 » réitère cet appel et demande donc, au Peuple congolais, aux hommes et femmes de bonne volonté de se mobiliser, de s’engager et d’agir dans l’esprit de l’article 64 qui dispose: «Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou tout groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ».

Le Congo nous appartient à tous. Sa sauvegarde dépasse les intérêts individuels, d’ethnies, ou d’appartenance à une organisation politique ou de la société civile. Majorité, opposition, diaspora, Société civile, y compris les Mouvements citoyens, personnalités éminentes, femmes congolaises meurtries par la pauvreté et les conflits, jeunes et vieux … tous, mettons-nous d’accord sur le fait que le Congo nous appartient à nous tous et disons haut et fort :

Non à un 3ème mandat!

Non au glissement!

Non à la violation de la Constitution!

Non à la révision ou au changement de la constitution!

Non au référendum!

Par conséquent, nous exigeons le déblocage du processus électoral, d’une part, par la publication au plus tard le 31 janvier 2016 d’un calendrier électoral consensuel, respectant le délai constitutionnel pour l’élection du prochain Président et intégrant la mise à jour du fichier électoral. Et d’autre part, le démarrage de la mise à jour du fichier électoral au plus tard le 10 février 2016, NOTRE LIGNE ROUGE.

De ce Jour à la date ultime du 1er février 2016, un calendrier d’actions non violentes, tenant compte et renforçant les actions déjà planifiées par les membres du « Front Citoyen 2016 », sera rendu public.

L’alternance doit avoir lieu en 2016 !

« Congolais telema »

1. Félix Tshisekedi (Union pour la Démocratie et le Progrès Social)

2. Samy Badibanga  (Groupe parlementaire UDPS & Alliés)

3. Vital Kamerhe (Union pour la Nation Congolaise)

4. Eve Bazaiba (Mouvement de Libération du Congo)

5. José Makila (Groupe parlementaire GPLDS)

6. Martin Fayulu (Forces Acquises au Changement, FAC))

7. Olivier Kamitatu (G7)

8. Franck Diongo (Mouvement Lumumbiste Progressiste, MLP)

9. Delly Sessanga (Envol)

10. Mbusa Nyamwisi (RDC/K-ML)

11. Freddy Matungulu (Congo na Biso, CNB)

12. Albert Moleka (Union pour la Démocratie et le Progrès Social/Kibassa)

13. Gilbert Kikwama (Convention des Démocrates Chrétiens (CDC)

14.  Moïse Katumbi (Personnalité politique)

15. Jean-Claude Katende (Association Africaine des Droits de l’Homme, ASADHO))

16. Jonas Tshiombela (Nouvelle Société Civile du Congo, NSCC)

17. Rostin Manketa (Voix des Sans Voix)

18. François Banza Ngoyi (Les Amis de Nelson Mandela)

19. Paul Nsapu (Ligue des Electeurs)

20. Micheline Mwendike  Kamate (LUCHA)

21. Tsiloketshi Anzuluni (FILIMBI)

22. Mike Mukebayi(C-NEWS)

23. Jean Jacques Wondo (DESC WONDO)

24. Vuemba Jean-Claude (MPCR)

25. Edo Kasongo (Diaspora RSA)

26. Luc Nkulula

27. Sakombi Molendo

28. Mwali (Témoin)


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