RDC : C’est à New York que se décide le sort du dialogue

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image Conseil de sécurité de l'ONU

Que reste-t-il encore de l’ordonnance présidentielle du 28 novembre 2015 qui fixait le cadre et le format du dialogue politique national ? En tout cas, il n’en reste plus rien. Loin des supputations autour de la mise en place du comité préparatoire au dialogue, fixé à 10 jours à dater de la signature, soit le 28 novembre 2015, le communiqué officiel du 8 décembre 2015, signée des mains du directeur de cabinet du président de la République, est venu lever un pan de voile. En effet, le communiqué a tout dévoilé. Bien plus, il a fait état de l’inapplicabilité de l’ordonnance présidentielle du 28 novembre 2015. Alors, quel crédit faut-il encore accorder à cette ordonnance ? Joseph Kabila aurait-il accepté de lâcher du lest pour sauver le « dialogue national politique inclusif ?

Le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, se serait-il tiré une balle dans le pied en remettant en cause son ordonnance du 28 novembre 2015 convoquant le dialogue politique ? Le communiqué du 8 décembre 2015 de son directeur de cabinet sonne comme une capitulation. Finalement, c’est à New York que se décide le sort du dialogue. C’est du siège des Nations unies que sortirait aussi le format définitif du comité préparatoire au dialogue. Le communiqué de la présidence ne dit pas autre chose.

Que reste-t-il encore de l’ordonnance présidentielle du 28 novembre 2015 qui fixait le cadre et le format du dialogue politique national ? En tout cas, il n’en reste plus rien. Loin des supputations autour de la mise en place du comité préparatoire au dialogue, fixé à 10 jours à dater de la signature, soit le 28 novembre 2015, le communiqué officiel du 8 décembre 2015, signée des mains du directeur de cabinet du président de la République, est venu lever un pan de voile. En effet, le communiqué a tout dévoilé. Bien plus, il a fait état de l’inapplicabilité de l’ordonnance présidentielle du 28 novembre 2015.

Alors, quel crédit faut-il encore accorder à cette ordonnance ? Dans les cercles spécialisés, la question est sur toutes les lèvres. D’autres se la posent autrement. Le chef de l’Etat aurait-il accepté de lâcher du lest pour sauver le « dialogue national politique inclusif ? 

Si, dans les milieux proches de l’Opposition, on considère que l’ordonnance du 28 novembre 2015 n’a plus de portée réelle, au sein de la Majorité, on continue à lui accorder tout le crédit possible.

La capitulation

C’est donc sans surprise que le directeur de cabinet du chef de l’Etat, loin de la remettre en cause, a tenté de rassurer l’opinion, en relevant que « le comité préparatoire du dialogue politique national inclusif est en voie de constitution sur pied de l’article 2 de l’ordonnance précitée », c’est-à-dire celle du 28 novembre 2015.

Le directeur de cabinet du chef de l’Etat a feint d’ignorer que la même ordonnance limitait à 10 jours, à dater du 28 novembre 2015, la mise en place de ce comité préparatoire. Ce qui, autrement, signifiait qu’en dépassant ce délai, l’ordonnance convoquant le dialogue tombait de manière tacite en désuétude. Le directeur de cabinet du chef de l’Etat s’en est d’ailleurs souvenu en précisant, dans son communiqué du 8 décembre 2015, que « les consultations menées actuellement par l’ambassadeur Saïd Djinnit, envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour les Grands Lacs, avec la classe politique et sociale en vue de la désignation du facilitateur, participe également à cette démarche constitutive dudit comité ».

Le cabinet du chef de l’Etat a trouvé la parade pour contourner le délai butoir posé à l’article 2 de l’ordonnance du 28 novembre 2015. Il l’a certes échappé bel. Mais, le raccourci est lourd de conséquences. Un message politique qui se dégage est un aveu d’incapacité. L’on compte pour mettre en place le comité préparatoire, sur le travail de Saïd Djinnit qui déterminera l’avenir du dialogue national. Tout risque d’échapper à Joseph Kabila. L’acceptera-t-il ? Et s’il fait une concession de taille. N’empêche qu’en le suggérant, le cabinet du chef de l’Etat jette à la poubelle l’ordonnance du 28 novembre 2015. Par conséquent, il décharge le chef de l’Etat de toute initiative liée au dialogue politique, aussi bien dans la mise en place du comité préparatoire que dans la fixation de son ordre du jour et de la conduite des travaux.

L’UDPS joue et gagne

Pour le moment, c’est l’UDPS qui mène la danse et au marquoir, le parti d’Etienne Tshisekedi en sort gagnant. Car, dans le communiqué du 1er décembre 2015, signé par Etienne Tshisekedi, l’UDPS avait superbement ignoré Joseph Kabila pour tout ce qui se rapporte au dialogue, ne se fiant qu’à Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies. Sans remettre en cause sa participation au dialogue, l’UDPS informait en même temps qu’elle n’adhérait qu’à un dialogue piloté par les instances des Nations unies dans les limites prévues dans l’accord-cadre d’Addis-Abeba du 24 février 2013. Nulle part, l’UDPS n’a fait allusion à l’ordonnance du 28 novembre 2015. D’une certaine manière, l’UDPS la considérait comme un incident de parcours que le secrétaire général des Nations unies se devait se corriger pour garantir la tenue de ce dialogue politique.

Vu sous cet angle, l’ordonnance du chef de l’Etat a perdu tout son éclat. Le communiqué du chef de l’Etat l’a en plus assommé, lui enlevant toute sa substance. A tout prendre, le chef de l’Etat est en voie de perdre le contrôle du dialogue. C’est le moins que l’on puisse dire. En se mettant dans l’incapacité de mettre en œuvre son ordonnance du 28 novembre 2015 par la mise en place dans le délai de 10 jours d’un comité préparatoire au dialogue, Kabila a désacralisé le dialogue national. Comme l’a voulu et finalement obtenu l’UDPS, c’est aux Nations unies que reviendra le pouvoir de mettre en place le comité préparatoire et, sans doute, fixer l’ordre du jour du dialogue. Or sur ce point précis, on sait que les Nations unies et d’autres partenaires signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba ont d’ores et déjà fixé le cadre du dialogue. Les résolutions du Conseil de sécurité sont en elles-mêmes tout un agenda pour le dialogue politique.

En effet, si tous acceptent l’option d’un dialogue, ils se disent astreints à respecter les délais constitutionnels dans l’organisation des élections prévues en 2016.

Les jours à venir réservent bien d’autres surprises.

[lePotentiel]


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