RDC : Ensemble pour la sauvegarde des intérêts de la République

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image Opposition - Les opposants de "Joseph Kabila"

Face à Kabila, dont les intentions du glissement ne font plus l’ombre d’un doute, les membres de la nouvelle coalition, à savoir la « Dynamique de l’Opposition » et le Groupe des 7 (G7) ont, en dehors de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, décidé de mettre de côté leurs divergences idéologiques et de se regrouper autour d’un idéal : la sauvegarde des intérêts de la République. Ayant tiré les leçons du passé récent, ces formations politiques ont résolu de ne plus retomber dans les mêmes erreurs. « C’est dans l’unité d’action que nous arriverons à bout de la dictature qui s’installe insidieusement au pays », a déclaré un cadre de l’UNC.

Le dernier message du chef de l’Etat, Joseph Kabila, à la nation a tiré l’Opposition de son laxisme. L’Opposition ressoude ses rangs pour faire front au projet macabre qui se prépare au sein de la Majorité au pouvoir. Désormais, le G7 et la Dynamique de l’Opposition regardent dans la même direction. Sans détours, les deux tendances de l’Opposition ont redit, à haute voix,  leur refus de prendre part à une quelconque rencontre qui tenterait de maintenir Kabila dans la course au-delà de 2016. Partisans de l’alternance, les membres de la nouvelle coalition s’inscrivent dans la logique de la confrontation. Avec pour seul objectif : contrer Kabila.

Face aux enjeux de l’heure, l’Opposition se réorganise et se consolide. Lundi à la paroisse Notre-Dame de Fatima, à Gombe, la Dynamique de l’Opposition et le groupe de 7 (G7) ont harmonisé leurs vues avant de rendre publique une position commune contre la convocation du dialogue initié par le chef de l’Etat. Les deux parties se positionnent désormais en un « Front commun de l’opposition » au président de la République.

Face à Kabila, dont les intentions du glissement ne font plus l’ombre d’un doute, les membres de la nouvelle coalition, à savoir la « Dynamique de l’Opposition » et le Groupe des 7 (G7) ont, en dehors de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, décidé de mettre de côté leurs divergences idéologiques et de se regrouper autour d’un idéal : la sauvegarde des intérêts de la République.

Ayant tiré les leçons du passé récent, ces formations politiques ont résolu de ne plus retomber dans les mêmes erreurs. « C’est dans l’unité d’action que nous arriverons à bout de la dictature qui s’installe insidieusement au pays », a déclaré un cadre de l’UNC, présent à la rencontre de Fatima.

Olivier Kamitatu de l’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC) a affirmé, parlant de ses collègues de la Dynamique et du G7 que « Personne parmi eux n’est disposé à trahir la Constitution pour des intérêts personnels ». Un cadre du Mouvement social pour le renouveau (MSR) s’est montré incisif : « Cette réorganisation de l’Opposition est un signal fort. Un premier pas qui pourrait aller jusqu’à des concessions majeures du genre la mise en place des listes communes lors des scrutins à venir ». Des cadres de l’Unafec et de l’Unadef n’hésitent pas à déclarer à l’unisson « qu’il est plus que temps de désigner un candidat unique à la présidentielle pour se mettre résolument à la tâche ».

Au regard de toutes ces dispositions d’esprit qui règnent depuis un temps au sein de ces deux tendances de l’Opposition, il y a lieu de s’attendre à une reconfiguration qui rendrait la compétition électorale attrayante et intéressante pour les électeurs ainsi que pour les partenaires.

L’appel de Fatima

A Fatima, la Grande coalition de l’Opposition voit déjà dans dialogue proposé par le chef de l’Etat l’ombre d’un « coup d’Etat constitutionnel », savamment préparé par la MP. La déclaration commune va droit au but : « Il n’y a plus de doute possible. Il n’y a plus de procès d’intention. En décidant de la convocation de son fameux dialogue et en précisant les contours, M. Joseph Kabila s’érige en obstacle principal à la démocratie dans notre pays. Plus singulièrement, en invitant les délégués à son dialogue à + réfléchir sur un nouveau système électoral avec des modalités de vote moins coûteuses +, M. Kabila ne fait plus mystère de son intention manifeste, planifiée et délibérée, de renverser le régime constitutionnel pour s’accrocher au pouvoir. C’est un véritable coup d’Etat constitutionnel ! ».

Malgré ce semblant de bonne foi, dont le chef de l’Etat s’est efforcé à se couvrir dans son message du 28 novembre 2015, la coalition de l’Opposition met en doute la sincérité de Kabila. « En décidant, rappelle-t-elle, de faire la sourde oreille aux sonnettes d’alarme des déclarations, communiqués, messages, prises de position et conseils avisés de la Dynamique de l’Opposition, du G7, de la Conférence épiscopale nationale du Congo, de la Société civile, de la Diaspora congolaise ainsi que des partenaires internationaux sur l’importance du respect absolu de la Constitution de la République, comme gage de paix et de stabilité, M. Kabila démontre qu’il a toujours nourri le projet funeste de vider la Constitution de toute sa substance afin de s’offrir une présidence à vie. Tous les éléments de la haute trahison sont désormais réunis ».

Et de s’interroger : « Devant cette situation, que nous reste-t-il encore ?  Sinon, le choix de nous lever et de marcher ! »

La mauvaise foi du pouvoir étant établie, fustigent la Dynamique de l’Opposition et le G7, ils dévoilent leur ligne de défense. Ils disent non au dialogue, à un gouvernement de transition, à la violation ou au changement de la Constitution, au référendum, au glissement. En revanche, ils disent oui au respect strict de la Constitution, à la libération de tous les prisonniers d’opinion, aux élections nationales dans les délais constitutionnels et à l’alternance démocratique.

Etant donné l’ampleur de l’enjeu, le Front commun contre Joseph Kabila lance un vibrant appel à la Nation : « Peuple congolais, lève-toi et marche pour sauver la démocratie et la Constitution ». Dans la foulée, ils indiquent qu’« incessamment, un chronogramme d’actions de grande envergure sera annoncé, car la liberté s’arrache! ».

Qu’en est-il alors de l’UDPS ?

En ce qui concerne, particulièrement l’UDPS, il s’avère que le parti d’Etienne Tshisekedi, qui jouit encore d’une large influence dans l’opinion interne, n’est pas à négliger. Jusque-là, ce parti d’Opposition et son leader charismatique incarnent la lutte du peuple congolais pour le changement et l’instauration d’une vraie démocratie en RDC. Toutefois, une certaine opinion leur reproche l’adhésion au principe du dialogue mais également leur éventuelle participation à un gouvernement de transition qui sortirait du dialogue politique. Selon les tenants de cette opinion, tous ces avantages que l’on fait miroiter à l’UDPS ne devraient pas prendre le dessus sur la lutte menée depuis plusieurs décennies.

« Des passerelles existeront toujours entre l’UDPS et nous », a déclaré un dirigeant influent du G7. Un autre d’ajouter : « C’est une erreur de parcours que commettrait l’UDPS en participant au dialogue. Mais lorsqu’elle se brûlera les doigts, nous l’accepterons moyennant des aménagements. Nous ne laisserons pas l’UDPS au bord de la route. Elle prendra le train à la deuxième ou troisième gare ». Et de conclure : « Je fais confiance à l’UDPS et à son président ».

Avec ou sans l’UDPS, il apparait que des forces politiques de l’Opposition ont décidé de ne plus œuvrer en ordre dispersé face à la MP qui se fissure et où le doute commence à s’installer. Le soutien inattendu des évêques catholiques a certainement assagi l’Opposition qui se veut désormais sérieuse dans ses démarches pour l’alternance politique.

Ci-dessous, la déclaration qui consacre l’unité de deux tendances de l’Opposition, à savoir la Dynamique de l’Opposition et le G7.

LA DYNAMIQUE DE L’OPPOSITION ET LE G7

DECLARATION POLITIQUE CONJOINTE DU 30 NOVEMBRE 2015 

PEUPLE CONGOLAIS LEVE-TOI ET MARCHE POUR SAUVER LA DEMOCRATIE ET LA CONSTITUTION

Chers compatriotes,

L’heure est grave ! Nous, membres du G7 et de la Dynamique de l’Opposition, après avoir suivi le message du Président Kabila du 28 novembre courant, avons décidé de faire conjointement la déclaration politique ci-après :

1. Il n’y a plus de doute possible. Il n’y a plus de procès d’intention. En décidant de la convocation de son fameux dialogue et en en précisant les contours, Monsieur Joseph Kabila s’érige en obstacle principale la démocratie dans notre pays.

Plus singulièrement, en invitant les délégués à son dialogue à "réfléchir sur un nouveau système électoral avec des modalités de vote moins coûteuses", Monsieur Kabila ne fait plus mystère de son intention manifeste, planifiée et délibérée de renverser le régime constitutionnel pour s’accrocher au pouvoir. C’est un véritable coup d’Etat constitutionnel ! 

2. Puisqu’il s’agit là d’une forfaiture et d’une imposture qu’aucun Congolais ne peut accepter, Ses membres du G7 et de la Dynamique de l’Opposition appellent le peuple congolais à l’application de l’article 64 de la Constitution qui nous assigne le devoir de faire échec à tout Congolais ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par !a force ou qui l’exerce en violation de la Constitution.

3. En décidant de faire la sourde oreille aux sonnettes d’alarme des déclarations, communiqués,, messages, prises de position et conseils avisés de la Dynamique de l’opposition, du G7, de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, de la Société civile, de la Diaspora congolaise ainsi que des partenaires internationaux sur l’importance du respect absolu de la Constitution de la République, comme gage de paix et de stabilité, Monsieur Kabila démontre qu’il a toujours nourri lé projet funeste de vider la Constitution de toute sa substance afin de s’offrir une présidence à vie.

Tous les éléments de la haute trahison sont désormais réunis. 

4. Dans la semaine du 19 au 25 janvier de cette année, le sang du peuple congolais a coulé. Pour faire entendre sa voix, le peuple n’a pas hésité un seul instant à aller au sacrifice suprême afin d’exprimer son refus de voir Monsieur Kabila se maintenir au pouvoir au-delà du 19 décembre 2016 en violation de la Constitution. Le peuple congolais réprouvait l’instauration d’une nouvelle dictature et exprimait ainsi son attachement au respect strict de la Constitution et à l’alternance démocratique qui en est l’expression la plus forte.

5. Après avoir supprimé en janvier 20111e deuxième tour du scrutin présidentiel, Monsieur Kabila a maintenant décidé de congédier purement et simplement le souverain primaire en lui arrachant le pouvoir de choisir son Président de la République au suffrage universel direct. Ce faisant, Monsieur Kabila se présente en incarnation de la gouvernance par an dans laquelle excelle. Pour nous, membres de la Dynamique de l’Opposition et du G7, c’est de l’irresponsabilité coupable et c’est une déclaration de guerre contre le peuple congolais.

6. Parmi toutes les affirmations que contient le message de Monsieur Kabila, deux contre-vérités majeures et intolérables se dégagent : c’est refuser l’ordre républicain repris dans l’article 220 de la Constitution et c’est vouloir opposer Démocratie et Développement.

7. A la sécurité, à la paix et à la liberté de tous les Congolais, au respect de l’ordre institutionnel repris dans la Constitution adoptée par plus de 85 % des Congolais et au respect des règles de bonne gouvernance, Monsieur Kabila oppose l’insécurité généralisée, la désacralisation des institutions par leur instrumentalisation, la profanation répétée du budget de l’Etat, la corruption généralisée, la confiscation des biens et atteintes à la propriété privée, la .dilapidation du patrimoine public, le dédoublement et la déstabilisation des partis politiques de l’opposition, les menaces, harcèlements et arrestations arbitraires des opposants et des activistes de défense des droits de l’homme, la confiscation des médias publics ainsi que la fermeture de ceux proches de l’opposition .

8. Devant cette situation, que nous reste-t-il encore ? Sinon, le choix de nous lever et de marcher 1 Voilà pourquoi nous disons :

- Non au dialogue

- Non à un gouvernement de transition

- Non à la violation ou au changement de la Constitution

- Non au référendum,

- Non au glissement,

- Oui au respect strict de la Constitution,

- Oui à la libération de tous les prisonniers d’opinion,

- Oui aux élections nationales dans les délais constitutionnels,

- Oui à l’alternance démocratique.

9. Dans tous les cas, le seul événement historique que le peuple congolais attend avec impatience demeure la prestation de serment le 20 décembre 2016 du nouveau Président de la République élu au suffrage universel direct, à l’issue des élections nationales du 27 novembre 2016.

10. Nous, G7 et Dynamique de l’Opposition, lançons un vibrant appel à la Nation. "Peuple Congolais lève toi et marche pour sauver la Démocratie et la Constitution ".

11. Incessamment, un chronogramme d’actions de grande envergure sera annoncé car la liberté s’arrache !

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son vaillant peuple.

Fait à Kinshasa, le 30 novembre 2015

Dynamique de l’Opposition et G7


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