RDC : Des rebelles burundais en possession de cartes d’électeurs congolaises

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image Carte d'electeur - Les photos des enfants entrain d'etre enrolés dans le territoire de Manono

De faits concrets et de signes qui ne trompent pas confirment finalement si besoin en est encore les allégations d’infiltration de quelques éléments d’une rébellion burundaise dans l’Est du pays, précisément à Uvira, territoire de la province du Sud-Kivu. Les populations locales étaient les premières à donner l’alerte. Pire, certains éléments appréhendés étaient en possession de cartes d’électeurs congolaises.

La présence des hommes armés parlant Kirundi, a effectivement été dénoncée depuis bien longtemps dans leur territoire  par les populations d’Uvira. Faute de nommer le chat par son nom, les sources militaires et de sécurité congolaises, rapporte Radio France internationale (Rfi) dans sa livraison d’hier jeudi 26 novembre courant, avouent tout de même avoir effectué  de dizaines d’arrestations ces derniers mois.

La mission onusienne présente sur le territoire congolais, affirme  avoir reçu des allégations de ce type, mais n’est aujourd’hui pas capable de les confirmer ou de les infirmer.

Vraisemblablement pour de raisons évidentes faciles à comprendre, les mêmes sources des forces de sécurité congolaises, constate-t-on, ne donnent pas de chiffres précis, mais  parlent de beaucoup d’arrestations opérées sur le territoire congolais depuis la première manifestation au Burundi. Le rythme se serait même intensifié depuis la fin du mois d’août dernier.

» On a trop souffert de ça « , a signifié un officiel congolais.  » On ne va pas laisser une rébellion s’installer sur notre territoire « . Sûrement pour empêcher l’enracinement de cette rébellion dans cette zone déjà meurtrie, de hauts responsables congolais et burundais auraient multiplié les rencontres bilatérales ces dernières semaines à Bujumbura ou au Sud-Kivu pour établir des stratégies communes.

Preuve supplémentaire de l’alerte donnée par les populations d’Uvira, dans l’un des bureaux des services de renseignement militaire du territoire d’Uvira, il a été trouvé 24 présumés infiltrés burundais détenus début novembre, dont six mineurs. Certains, précise-t-on, avaient été arrêtés dans le centre d’Uvira, d’autres au poste frontière de Kavimvira.

Là où le bât blesse ou le plus inquiétant dans cette situation, déplore-t-on sur place, c’est que ces hommes disaient avoir été formés militairement au Rwanda voisin et étaient en possession de cartes d’électeurs congolaises flambant neuves.

L’ex rébellion M 23 dans le collimateur de l’enquête

Quelques éléments plausibles sont à même expliquer cette supercherie et usage de faux.  Pour y avoir une certaine idée, l’enquête a vite remonté les pistes de l’ex rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) qui avait volé des kits électoraux dans les territoires de Rutshuru et de Masisi, dans la province du Nord-Kivu.  Des kits avec des stocks de milliers de cartes vierges.

A cela il faut ajouter des allégations de transferts de plusieurs réfugiés burundais soupçonnés d’être en lien avec l’opposition burundaise, transférés par les forces de sécurité congolaises à leurs homologues burundais.

Dans l’entre-temps, au Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), on dit passer en revue les informations en relation avec des rumeurs perturbantes qui  » ne sont pour le moment que des rumeurs «.

Abondant pratiquement dans le même sens, la mission onusienne confirme également avoir eu vent d’allégations de ce type, mais n’est aujourd’hui pas capable de dire si elles sont fondées ou non.  » En attendant que des enquêtes beaucoup plus approfondies soient menées, nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer, a fait savoir  le porte-parole de la mission onusienne, Prosper-Felix Basse.

Dans la foulée, il a promis de rester toujours vigilant avec les forces de défense et de sécurité pour prendre en compte cette éventuelle menace d’infiltration d’hommes armés en République démocratique du Congo.

Il n’a pas omis d’évoquer notamment le cas du camp de réfugiés de Lusenda, où  » les autorités congolaises ont pris toutes les dispositions « , a-t-il indiqué, en y plaçant une unité de Police  » chargée de faire régner l’ordre mais aussi de déceler tous ces infiltrés «.

En fait, les tensions politiques qui ont prévalu au Burundi, au mois d »avril dernier et les mois suivants consécutives au troisième mandat controversé du président Pierre Nkurunziza, ont fortement été  ressenties en République démocratique du Congo, où on assiste pratiquement chaque à une vague d’arrivée des réfugiés burundais dans la province du Sud-Kivu.

A la date du 20 mai dernier,  9 392 demandeurs d’asile burundais étaient  arrivés dans les territoires de Fizi et Uvira, dans la province du Sud-Kivu, fuyant les tensions politiques liées aux élections présidentielles de juin prochain.

Pour leur prise en charge, le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) avait  installé dans un premier temps, pour les plus vulnérables des centres de transit et de regroupement dans les localités de Kavimvira, de Sange (dans le territoire d’Uvira) et dans la localité Mongemonge (dans le territoire de Fizi) où ils recevaient de l’assistance nécessaire notamment en vivres.

Ces réfugiés burundais étaient finalement délocalisés dans un site approprié dans la localité de  Lusenda au Nord du territoire de  Fizi, où ils sont hébergés jusqu’à ces jours. Cela après naturellement l’accord de principe donné par le Gouvernement congolais  pour qu’il accueille l’ensemble de réfugiés burundais.

[Dovin Ntelolo Diasonga]


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