Elections : Le courage des évêques catholiques

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image Cardinal MONSENGWO

L’Opposition appuie sans réserve la position de la Cenco qui considère que l’avenir de la RDC réside dans le respect de la Constitution. Cette position, ils l’ont régulièrement affirmé et publiquement assumé. Sans se départir de leurs précédentes positions, les évêques ont invariablement soutenu qu’il est hors de question de sortir des règles établies pour satisfaire aux intérêts d’un individu ou d’un groupe d’individus. Depuis la nuit de temps, les évêques catholiques sont restés constants. Réjouissance de l’opposition qui vient de se faire un allié de taille dont l’ancrage sur toute l’étendue de la République n’est plus à démontrer. Le G7 par exemple, ceux-là mêmes qui viennent de sortir fraichement du temple de la MP, redoute la menace des violences et de chaos qui pèse sur le pays à une année des élections. Au sein du MLC, l’intervention de l’Eglise catholique vaut son pesant d’or.  La députée nationale et secrétaire générale du MLC Eve Bazaïba a estimé qu’on ne peut pas empêcher les princes de l’Eglise de prendre une position sur la situation politique.

Le message de la Conférence épiscopale nationale du Congo, Cenco, déchire la classe politique congolaise. Si à l’Opposition, il s’agit du « pain béni » qui vient conforter leur position, à la majorité on fulmine; c’est la colère de voir venir un glissement de terrain. Alors que l’UDPS s’est refugiée dans un silence radio, le MLC, le G7, le MR, …, ont donné de la voix en saluant le courage des évêques catholiques.  

L’Opposition appuie sans réserve la position de la Cenco qui considère que l’avenir de la RDC réside dans le respect de la Constitution. Cette position, ils l’ont régulièrement affirmé et publiquement assumé. Sans se départir de leurs précédentes positions, les évêques ont invariablement soutenu qu’il est hors de question de sortir des règles établies pour satisfaire aux intérêts d’un individu ou d’un groupe d’individus. Depuis la nuit de temps, les évêques catholiques sont restés constants. Réjouissance de l’opposition qui vient de se faire un allié de taille dont l’ancrage sur toute l’étendue de la République n’est plus à démontrer.

Le G7 par exemple, ceux-là mêmes qui viennent de sortir fraichement du temple de la MP, redoute la menace des violences et de chaos qui pèse sur le pays à une année des élections. Au sein du MLC, l’intervention de l’Eglise catholique vaut son pesant d’or.  La députée nationale et secrétaire générale du MLC Eve Bazaïba a estimé qu’on ne peut pas empêcher les princes de l’Eglise de prendre une position sur la situation politique.

« Qu’ils interviennent du point de vue politique, social ou économique, nous savons comment cette église est structurée et organisée. Nous sommes leurs paroissiens d’une manière ou d’une autre. Ils ont aussi le devoir de s’occuper de notre avenir sur terre, en attendant le ciel. Lorsque la Cenco recommande le respect de la Constitution, je pense que la Constitution c’est l’idée de droit des citoyens… », a déclaré Eve Bazaïba.

Et de poursuivre : « Lorsqu’on nous avons dit un oui, il faut que notre oui reste ainsi. C’est dans la Constitution que nous avons posé les affirmations sur la manière dont notre pays doit être organisé politiquement. Dans la Constitution, nous avons mis des garde-fous ou des dispositions qui doivent demeurer intangibles en matière des droits acquis de la population : l’alternance politique pour la paix et la bonne gouvernance ».

S’agissant de la position de l’église sur le dialogue, le MLC prend la position opposée. « Nous savons, l’église ne peut que prôner le dialogue. Mais nous en tant que politique, nous disons non au dialogue politique tel que demandé par le président de la République. Nous connaissons ce qu’il cherche. Ce n’est pas que nous lui faisons des procès d’intention, non. Il nous a envoyé ses émissaires, ils nous ont dit la volonté profonde du président de la République par rapport à ce dialogue… La fronde du G7 est une preuve des intentions du président de la République. Et le G7 nous a ouvert davantage les yeux pour dire que nous sommes sur la bonne voie de demander au chef de l’Etat de respecter la Constitution », a-t-elle déclaré.

Pour Eve Bazaïba, le dialogue est un cadre inapproprié pour parler du calendrier électoral, de l’enrôlement des électeurs, de la fiabilisation du fichier électoral, du financement des élections ainsi que la sécurisation du processus électoral. « Tout cela ne peut pas se discuter dans un cadre où on va convoquer les chefs coutumiers, les étudiants, les ONG, les femmes, les politiques etc. Ce sont des questions techniques qui ont pour cadre la Ceni et la Ceni va collaborer avec les acteurs principaux aux élections en collaboration avec le gouvernement et les partenaires qui accompagnent le processus électoral…Le cadre tel que voulu par le chef de l’Etat, est un cadre inapproprié. Avec ou sans médiateur international, le MLC n’est pas concerné par ce dialogue. Et nous demandons à tous les Congolais qui iront dans ce dialogue de faire attention pour l’avenir de la nation parce que le respect de la Constitution n’est pas négociable ».

L’ ultimatum du MLC

Au nom de la dynamique de l’Opposition, un ultimatum est lancé. Eve Bazaïba en a donné la substance en ces termes : « Si jusqu’au 18 février 2016, date marquant le 10ème anniversaire de la Constitution, rien n’est fait dans le sens de l’éclairage du processus électoral notamment en terme de calendrier des élections, nous aurons compris que le président de la République s’inscrit dans un schéma contre l’alternance et nous allons déclencher la procédure de « Kabila dégage » en vertu de l’article 64 de la Constitution ».

De leur côté, les FONUS saluent et défendent la position des évêques. Le député Emery Okundji s’est exprimé en ces termes : « Nous ne pouvons en aucun cas accepter que quelqu’un viole intentionnellement la Constitution. Il y a donc intérêt de soutenir la position des évêques. Et c’est l’occasion de demander aux autres confessions religieuses d’emboiter le pas de l’église catholique parce qu’il s’agit de notre destin, notre avenir, qui est commun ».

S’agissant des commissaires spéciaux, « c’est effectivement une violation flagrante et intentionnelle de la Constitution », a déclaré cet élu de Lubefu. « C’est un recul de plus de 40 ans de la démocratie dans notre pays. Et c’est regrettable que la Constitution soit violée par celui qui est censé garantir son respect. Ce qui va à l’encontre de l’article 69 de la Constitution qui demande au chef de l’Etat de veiller au respect de la Constitution »,  a-t-il conclu.

Au nombre des opposants qui souhaitent voir d’autres confessions religieuses emboiter le pas à l’Eglise catholique pour éveiller la conscience de la population, se trouve le député Clément Kanku. 

« Au Mouvement pour le Renouveau (MR) nous nous réjouissons de la position de la Cenco qui démontre à suffisance que les évêques catholiques tirent la sonnette d’alarme pour éviter que le sang coule à nouveau dans notre pays. Ils jouent effectivement leur rôle des pasteurs dans la conduite des brebis. La mise en garde des évêques catholiques doit être prise au sérieux par les tenants du pouvoir. Quand l’église insiste pour dire que l’alternance est une exigence dans la démocratie, il faut comprendre que les élections libres et transparentes doivent être organisées pour que le peuple s’assume, et qu’il fasse son choix », a-t-il déclaré.

Selon lui, les évêques ont raison d’insister sur le respect du délai constitutionnel. « Ils reviennent sur le point de vue que beaucoup de congolais expriment aujourd’hui pour éviter le chaos », a-t-il fait savoir.

Auteur de la question orale avec débat posée au vice-Premier ministre de l’Intérieur sur le fondement constitutionnel et légal de la nomination des commissaires spéciaux, Clément Kanku a également soutenu la position de la Cenco considérant que la nomination des commissaires spéciaux est un recul démocratique.

On fulmine à la MP, silence radio à l’UDPS

Le porte-parole de la Majorité présidentielle, André Alain Atundu ne comprend pas cette position des évêques, « eux qui devraient prôner la paix, l’harmonie ». A la MP, ces formes de pression pour arracher en agitant le spectre de la violence certaines positions ne sont pas acceptées. L’on estime à la MP, à en croire André Atundu, qu’il fallait plutôt encourager la démarche du chef de l’Etat, lui qui a pris l’initiative du dialogue pour résoudre les problèmes de la nation. « Les évêques devraient plutôt entrer en prière pour la réussite du dialogue ». A la MP on est opposé « à la démocratie de la peur ».

Pendant ce temps, tous les cadres de l’UDPS sont devenus curieusement injoignables. Personne du parti d’Etienne Tshisekedi n’a répondu aux sollicitations de la rédaction du Potentiel. Serait-ce à cause de la délicatesse de l’affaire ou suite à une consigne du parti ? Nul ne le sait. Est-il que ce silence dérange dans l’opinion d’autant plus que la position de l’UDPS était très attendue. Elle aurait permis d’ôter certaines zones ombres sur les contours du dialogue et la participation non encore confirmée d’Etienne Tshisekedi à ce forum qui fait jaser toute la classe politique congolaise. 

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Communiqué de presse du G7

1. Le G7 a pris connaissance du message du Comité permanent extraordinaire de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) de mardi 24 novembre 2015, message qui, 50 ans après le coup d'Etat militaire et à un an de la fin du mandat présidentiel, sonne comme une alerte au Peuple congolais contre la restauration de la dictature.

2. Il salue le courage, la constance, le patriotisme et le sens élevé de responsabilité des Evêques catholiques de la République Démocratique du Congo. Il les en félicite et, à travers eux, l'ensemble de l'Eglise catholique congolaise qui ne cesse de démontrer chaque fois que de besoin qu'elle est toujours à l'écoute du Peuple de Dieu et solidaire avec lui.

3. Le G7 approuve la position des Evêques et continue à exprimer la même vive préoccupation quant à la menace des violences et de chaos qui pèse sur le pays à la veille des prochaines élections que certains s'évertuent à reporter au-delà des délais constitutionnels dans le seul but de garder à tout prix le pouvoir contre la volonté du Peuple congolais.

4. Le G7 souscrit sans réserve au constat dressé par la CENCO en ce qui concerne:

• les restrictions des libertés individuelles;

• la croissance des répressions et des intimidations;

5. Il soutient les actions programmées par la CENCO pour consolider la démocratie, protéger la Constitution de la République et réussir, dans les délais constitutionnels, l'alternance.

6. Le G7 s'y impliquera activement et fera connaître dans les prochains jours les initiatives qu'il prendra à cet effet et dans le même but de sauver le processus électoral ainsi que la loi fondamentale.

7. Le G7 lance un appel patriotique à la mobilisation générale des forces vives de la Nation afin d'assurer la réussite des actions programmées dans le message de l'Eglise catholique et de mettre hors d'état de nuire toutes les forces du mal dans notre pays.

Fait à Kinshasa, le 27 novembre 2015

Pour le G7

Le président en exercice

Charles Mwando Nsimba

Député national


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