Indignation : Saïd DJINNIT, le médiateur du dialogue de « KABILA »

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image Saïd Djinnit et Ban Ki-moon

Les choses se précisent de plus en plus pour la tenue du Dialogue politique en RDC. Si l’on en croit certains députés, le début dudit Dialogue, serait programmé pour fin novembre. La ville de Kinshasa ou, à défaut celle de Muanda, dans la province du Kongo Central pour abriter ce rendez-vous historique qui devrait accueillir, en principe, une centaine de personnes. D’après certaines sources généralement bien renseignées, le problème posé par certains sur la désignation d’un facilitateur étranger ne se pose plus. Et pour cause, à en croire certaines indiscrétions, Saïd Djinnit, qui est l’Envoyé spécial des Nations Unies dans les Grands Lacs, serait choisi pour jouer ce rôle délicat. L’APARECO s’indigne de la désignation de monsieur Saïd Djinnit comme facilitateur du fameux dialogue.

COMMUNIQUE 

L’APARECO DENONCE LA DESIGNATION DE Mr. SAID DJINNIT COMME FACILITATEUR DU DIALOGUE ENTRE L’UDPS ET LA MP

L’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo, APARECO en sigle, a appris sans surprise, mais avec une forte indignation, la désignation par les Nations Unies de son envoyé spécial pour la région de Grands Lacs, monsieur Saïd Djinnit, comme modérateur ou facilitateur du fameux dialogue entre l’UDPS et le PPRD avec ses partis politiques satellites.

La lecture de l’histoire récente des activités des Nations Unies menées ces 2 dernières décennies en Afrique de Grands Lacs, nous apprend que les Nations Unies ne sont jamais arrivées à remplir correctement leur mission principale de maintenir la paix et d’assurer la sécurité des populations civiles et de leurs biens dans les zones en conflit armé.

Ainsi, pour mémoire, l’APARECO rappelle à l’opinion nationale congolaise et internationale qu’au début de l’année 1994, alors que tout indiquait qu’un massacre de grande échelle se préparait au Rwanda suite aux menaces pressantes et aux attaques incessantes menées par les troupes de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) de Paul Kagame, les Nations Unies avait décidé, à la surprise générale, plutôt de réduire drastiquement le nombre de son personnel au Rwanda. La conséquence de ce retrait est un des facteurs, si pas déterminant mais qui avait largement favorisé la perpétration de ce que l’on appelle aujourd’hui le génocide de 800.000 Rwandais Hutus et Tutsis confondus.

Depuis 1997, avec la chute du régime de Mobutu et l’entrée de l’Afdl au Zaïre, l’actuelle République Démocratique du Congo n’a cessé de subir, de façon récurrente, les agressions de diverses forces dites négatives composées essentiellement des Rwandais, des Ougandais et de quelques supplétifs Congolais qui, eux, devaient servir de décor pour masquer les motivations profondes de Paul Kagame et de Yoweri Museveni d’installer et de consolider leur régime d’occupation dans notre pays.

Malgré les nombreux rapports des experts de l’ONU et des ONG internationales des Droits de l’Homme qui ont clairement stigmatisé des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ainsi que leurs auteurs, l’ONU s’est contentée de produire de beaux discours  avec de belles promesses de mettre fin aux agressions dont la RDC était victime. Elle a produit des résolutions pieuses assorties d’ultimatums pour attaquer directement les différentes forces négatives sur le théâtre des opérations. Elle a créé une Brigade spéciale d’intervention rapide équipée de drome pour localiser les forces négatives et surveiller les mouvements d’infiltration à la frontière de la RDC et dans la région…! Au bout du compte, rien n’y a été fait de concret et de significatif. Malgré toutes ses proclamations pieuses, la RDC fut agressée de 1997 à 1998 par le Rwanda et l’Ouganda et de 1998 à 2002 par les armées de 7 pays d’Afrique. Il s’en est suivi une série noire d’agressions perpétrées successivement par le CNDP, le RCD et ses ramifications et par le M23 contre les populations de l’Est du pays.

Durant toutes ces douloureuses années, le peuple congolais a connu le massacre des plusieurs millions de personnes, des viols de masse des femmes et des filles congolaises assortis de mutilations sexuelles, des incendies des villages entiers et du déplacement forcé des populations devenues des refugiées dans leur propre pays.

Tous ces horribles crimes ont été commis durant près de 17 ans, sur un territoire censé être sous le contrôle des Nations Unies dont la mission, rappelons-le, est plus importante de son histoire. Qui pis est, certains membres de l’ONU ont même été accusés de participer aux crimes !

L’APARECO rappelle aussi que la création de la Brigade d’intervention rapide annoncée à cor et à cri et la présence des drones dans le Kivu pour localiser les mouvements des forces négatives et détecter les mouvements des troupes d’infiltration dans nos frontières, toutes ces dispositions n’ont pas, non plus, empêché les massacres à répétition des populations du territoire de Beni et de ses environs.

Par contre, les Nations Unies se sont révélées très actives lorsqu’il s’est agit d’imposer des conditions humiliantes aux Congolais. A titre exemplatif nous citons l’opération «mixage» et «brassage» - il n’y a pas de précédent dans l’histoire - qui consistait à intégrer officiellement les assassins et les bourreaux des populations congolaises dans l’armée régulière du pays (Fardc) et au sein de la Police nationale; les différents « accords » visant l’amnistie presque générale et l’intégration des agresseurs dans les institutions tant politiques, économiques, ainsi que dans les services de sécurité et de renseignement du pays.

Vu tout ce qui précède, l’APARECO :

· S’indigne de la désignation de monsieur Saïd Djinnit comme facilitateur du fameux dialogue fixé pour 3 jours à partir du 15 novembre prochain entre l’UDPS et le pouvoir d’occupation installé en République Démocratique du Congo depuis 2001;

· Stigmatise à cet effet, l’attitude contradictoire des dirigeants politiques occidentaux qui, s’agissant de la Syrie, lors de la 70ème session ordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU, se sont farouchement et ouvertement opposés dans leur discours à ce que l’on fasse asseoir ensemble le bourreau (selon eux Bachar El Assad) avec les victimes (les représentants du peuple syrien) pour négocier de l’avenir de la Syrie.

· Dénonce avec force le comportement des Nations Unies qui s’apparente étrangement à la connivence du fait de l’indolence et de l’indifférence de la communauté internationale à prendre en compte les véritables fléaux que cette situation d’occupation impose aux Congolais.

· Fustige cette manœuvre d’enfumage devant conduire à la mise en place d’un gouvernement dit de transition pour faciliter, en définitive, le glissement du mandat d’Hippolyte Kanambe alias « Joseph Kabila » au-delà de 2016, avec l’intention avérée de lui ouvrir un mandat à vie à la tête du régime d’occupation en RDC.

· Affirme que la seule solution à ce drame ne réside que dans la prise en main de son destin par le peuple congolais lui-même; et pour ce faire, lance un appel patriotique à toutes les couches de la population congolaise de s’opposer farouchement à la mascarade d’un prétendu dialogue entre l’UDPS et les occupants rwandais !

Fait à Paris, le 06 novembre 2015

José Yango W’Etshiko

(Yajovin)

Secrétaire Général-Adjoint et Porte-parole de l’APARECO


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