RDC : Quand MATATA fait de la population de l'ex-province orientale des laisses-pour-compte du gouvernement

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image Augustin MATATA PONYO MAPON - PM de la RDC

L'histoire politique de la RDC a une constance. La province orientale (en voie de démembrement aujourd'hui) et la ville de Kisangani ont toujours été la plaque tournante de tous les rendez-vous historiques de notre pays. Considérée par certains comme le berceau du nationalisme congolais en raison du rôle majeur qu'elle a joué dans le combat de Patrice Emery Lumumba qui en a fait son fief, Kisangani est perçue par d'autres comme le "centre névralgique" de la Rdc au regard de ses spécificités. En effet, si c'est de Kisangani qu'est partie la lutte de Patrice Lumumba pour la décolonisation du pays, c'est encore dans cette ville que la guerre dite de libération menée par celui que les congolais appellent affectueusement M'zee Laurent Désiré Kabila à pris un tournant décisif qui l'a emmené sans coup férir jusqu'aux portes de Kinshasa.

Sur le plan politique, aucune force politique ne s'est imposée dans le pays sans avoir un ancrage à Kisangani. C'est principalement grâce à l' électorat de Kisangani que le MNC LUMUMBA a remporté les législatives de 1959 qui ont réussi à en faire la principale force politique du pays. Ce fut encore Kisangani et la province orientale qui, en 2006 ont permis à l'actuel chef de l'état de gagner les élections dans un  contexte singulier où le clivage Est-Ouest faisait balloter les élections. Nulle part dans la pays la fête a été totale à l'annonce des résultats de l'élection présidentielle de 2006 plus qu'à Kisangani. En outre en 2011 encore au moment où l'opposition de Tshisekedi avait le vent en poupe à l'ouest du pays et où les deux Kivu étaient fragmentés entre Kabila et son ex-allié Kamerhe, c'est inconstablement encore sur Kisangani et la province orientale que tous les enjeux électoraux se sont joués. Kisangani a constitué une vraie machine électorale de Joseph Kabila et de la majorité au pouvoir au point où jusqu'à la veille de la formation du 1er gouvernement de la deuxième législature, tous les milieux politiques s'attendaient à voir le prochain premier ministre être issu de cette partie du pays qui a perdu ce privilège depuis le bref passage de Likulia à la primature dans le contexte que d'aucun ignore, sous la dictature tyrannique de Mobutu.

En marge de ces dimensions politiques et historiques, nul n'ignore la capacité contributrice de la province orientale dans le budget du pays avec principalement l'exploitation minière de Kibali Gold Mine, un de plus gros investissements du pays à l'heure actuelle. Ce poids historique, politique, géostratégique et économique de Kisangani et de la province orientale, tous les congolais le savent sauf le chef du gouvernement Monsieur Matata Ponyo. La question est remise sur la table après sa " ridicule escale" effectuée à l'aéroport international de Bangboka lors du vol inaugural de Congo airways sous les huées de la population boyomaise lassée par le mépris dont elle fait l'objet de la part du Premier ministre qui la prend pour la dinde de la farce ou mieux une vache à lait qui ne sert qu'à la traite et que l'on enchaîne au fond de l'étable toute la journée après avoir dégusté la saveur du lait et en attendant de la sortir le lendemain pour la traire à nouveau. 

1. KISANGANI,CET "ENFER" DONT "SAINT MATATA" NE VEULENT PAS FOULER LE SOL. 

il est évident que l'enfer est la demeure du diable et l'incarnation du mal. Mais le seigneur Jésus, fils de Dieu, Dieu qui s'est fait chair, y est descendu peu après sa mort. La province orientale et la ville de Kisangani ont massivement et spectaculairement élu le chef de l'état. Cependant l'homme à la cravate rouge ne s'y est jamais rendu en visite officielle depuis l'investiture de son premier gouvernement quand bien même qu'il n'est pas le fruit d'une action concertée par le fait même qu'il ne fait pas l'unanimité. 

Par pure coïncidence, le airbus de Congo airways fait escale à l'aéroport de Kisangani au cours de ses vols inauguraux du 09 octobre dernier avec à son bord des officiels.  Coup de théâtre ! Augustin Matata Ponyo ne s'arrête pas à Kisangani que le temps de prononcer à la hâte un discours frisant l'improvisation, si bien qu'avant même le décollage de l'airbus de Congo airways, il se tapa le luxe de se hisser à bord de son jet officiel qui l'attendait par précaution afin d'éviter à tout prix de passer ne serait-ce qu'une seule nuit à Kisangani. Le jet de la primature, avec le premier ministre à son bord a filé droit sur la piste et a pris les airs. Destination... Kindu, bien sûr. La population a pris d'assaut le tour de controle afin de s'assurer de la destination de jet qui leur a donné la confirmation avant qu'elle ne se mette à huer sur le chef du gouvernement avec un message clair:"wende Kindu kwenu, haukuya ku onyesha avion mais ulikuwa napita Kindu"(trad. "Bon voyage à Kindu, chez toi . Tu n'es pas venu accompagner le airbus. Tu partais à Kindu et tu a fait escale à Kisangani. Belle manière de remercier l'électorat le plus fidèle de la majorité présidentielle ! 

Peut-il pretexter les nombreuses charges d'état pour justifier son refus de fouler le sol de Kisangani ?  Parallèlement à cette attitude,il s'est rendu plusieurs fois à Kindu en province du Maniema (les opposants ont dénombré plus de 50 visites). Le 12 juin de cette année il ya été inaugurer le tour cycliste avant d'y retourner en août de la même année avec l'artiste musicien Jossart Nyoka Longo qui y avait livré un concert en marge de sa visite officielle. Ceci donne une fréquence d'une visite par mois. Les exemples sont légion. Pendant ce temps aucune visite n'est signalée à Kisangani voisin ni dans les autres parties de la province minées par les LRA  et MBORORO. Même à l'occasion de la célébration de la cinquantenaire de la bienheureuse Anuarite à Isiro où l'on a vu la première dame quitter le chef de l'état en mission officielle pour s'y rendre directement, le plus grand absent fut le premier ministre. 

2. LA VASTE INJUSTICE SOCIALE DONT À ÉTÉ VICTIME LA PROVINCE ORIENTALE DEPUIS 2012.

La province orientale n'a cessé de subir les injustices de la part du gouvernement central. La plus importante consiste en la destination des crédits d'investissements sensés booster rapidement son développement surtout qu'elle a un gestionnaire qui est accepté par la population comme agent de développement. 

Le gros lot du crédit d'investissement est expédié au Maniema et au Sud-Kivu alors que son Maniema natal ne représente même pas 1% de l'électorat du pays. La province orientale qui en plus de son poids démographique, dispose de l'investissement le plus important du pays à savoir Kibali Gold Mine(à hauteur de 3 milliards de $), ne reçoit rien en retour. Bien au contraire, sa population vivant dans les carrés miniers exploités par Kibali paie le lourd tribu de la pauvreté et la précarité de conditions de vie. Simplement parce que Matata Ponyo ne veut pas leur rétrocéder leur redevance minière qui logiquement devait améliorer les conditions de vie de cette partie de la population, exposant le gouvernement de la République à une fronde terrible qu'il aura du mal un apaiser un jour. Les rapports rendus publics par les ONG récemment le démontrent. Des projets du gouvernement destinés à la ville de Kisangani ont fini par se transformer en éléphants blancs. Le projet de la cimenterie de la province orientale (CIPOR) qui devait résorber tant soit peu le chômage en milieux des jeunes et revitaliser le secteur immobilier est devenu lettre morte sans que le chef du gouvernement et coordonnateur de l'activité gouvernementale ne prenne des mesures incitatrices afin de réveiller le ministère concerné. Les filles et fils de la province orientale ont failli s'empoigner inutilement sur ce projet CIPOR dont le blocage révèle indubitablement de l'absence de volonté politique du gouvernement central et de l'impréparation  technique. Que dire de la réhabilitation des principaux axes routiers de la ville de Kisangani ? Seul le tronçon TP partant du marché central à la 18e avenue Kabondo a été réalisé. Les autres axes sont renvoyés aux calendes grecques... 

L'autre question est celle liée à la rétrocession constitutionnelle de 40% dues aux provinces et celle de la redevance minière qui selon nos sources sont arrivées à plus de 16.000.000$ toujours pas rétrocédées (si c'était le Maniema ou le Sud-Kivu, il percevrait seul et orienterait vers les actions de développement). En dépit de ce tableau sombre, l'homme à la cravate rouge vient encore d'asphyxier la province orientale par le gel de la rétrocession destinée à son fonctionnement quotidien. Quand bien  même qu'il sait pertinemment bien que c'est de ces enveloppes que le gouvernement provincial pouvait tirer des fonds nécessaires en vue de compenser le manque criant de visibilité de l'action gouvernementale qui marque le pas à Kisangani, Bunia et Isiro. 

3. OU VA DONC TOUT CET ARGENT DESTINE AUX PROVINCES ? 

-Dans sa résidence se trouvent plus de 15 véhicules des partenaires du gouvernement en matière de santé, selon nos sources il aurait même type de programme d'investissement en matière d'éducation, de santé, hôtel, routes et infrastructures :stades, universités et aéroport etc. L'on se demande à qui tout cela servira ? Les services de l'état comme DGDA, OGEFREM, DGI, ont des immeubles sans qu'ils ne participent au budget de l'état, ceci prouve qu'ils consomment les parts des autres. Visiblement il est à bout de ses capacités, les erreurs de gestion conduisent intrinsèquement à la gabegie et à la fuite des capitaux d'où l'on assiste au désinvestissement. D’aucun ne se pose la question de savoir la raison pour laquelle il n'a jamais voulu quitter le BCECO jusqu'à ce jour ? La réponse est claire.

[Me Mascott M.]


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