Libération de RDC : Debout Congolais !

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image Combatant - Manif du 30 Juin 2012, Bruxelles

Libération de la RDC : nous n’y arriverons pas avec plus de 400 partis politiques et plus de 600 ONG. Jamais. A moins d’un miracle de la part des élites structurantes et agissantes, ces partis et ONG sont le symbole de la division ayant gagné nos cœurs et nos esprits. Or, ‘’une maison divisée contre elle-même est vouée à sa perte’’. Si nous nous perdons davantage, la faute ne sera pas à mettre sur le dos des autres. C’est nous qui n’aurons pas compris qu’à un certain moment, pour une cause qui nous dépasse, nous devons mourir à nos egos pour la défense de cette cause. Nous devrions être capables de reconnaître notre responsabilité collective dans notre possible descente collective en enfer. Si nous ne résolvons pas intelligemment et sagement, le plus tôt, la question de la direction patriotique du pays par une mobilisation citoyenne conséquente, nous aurons encore, pour longtemps, nos yeux pour pleurer.

Il nous semble important de revisiter régulièrement notre histoire immédiate telle que nous sommes en train de la réécrire pour mieux baliser le chemin de notre devenir collectif. L’amnésie nous gagne rapidement. Les bourreaux de notre peuple, de notre économie, les conquérants de nos terres, de nos forêts, de nos eaux et de nos savanes nous dribblent facilement sur le terrain de la démocratie, des élections et des droits de l’homme dans lesquels ils ne croient pas. Par larbinisme, nous en faisons bêtement et rapidement ‘’nos pompiers’’.

Dès que nous perdons de vue que la sous-région des Grands Lacs africains est en guerre depuis les années 1990, il peut devenir difficile d’interpréter certains faits et gestes de différents acteurs impliqués dans cette partie du continent africain.

Pourquoi y a-t-il eu cette guerre ? Qui l’a orchestré ? Cette guerre de nature raciste vise l’extermination des peuples habitant cet espace géographique, l’accès aux matières premières stratégiques dont il regorge, le contrôle du marché de l’Afrique de l’est, le contrôle des terres, des mers et des océans. Les acteurs pléniers de cette guerre sont les anglo-saxons commis au service de leurs multinationales. Ils ont utilisés (et utilisent encore) des proxys ougandais, rwandais, burundais, congolais, etc. pour réaliser ces objectifs géopolitiques.

Ces anglo-saxons tiennent à réaliser le rêve de l’un des leurs, Cecil Rhodes. Son rêve était de conquérir cette partie riche de l’Afrique du Caire au Cap. Il jugeait indignes les peuples habitant cette partie du monde et estimait qu’ils faisaient la honte de l’humanité.

Pour réaliser ce rêve, les anglo-saxons ont, à un certain moment, choisi de jouer dans l’ombre et de mettre sur le devant de la scène leurs ‘’vassaux’’ africains. Ils les ont aidés à étoffer des ‘’idéologies religieuses et politiques’’ pour mieux les instrumentaliser.

Souvent, dans l’histoire, ils se sont servis ou de la religion ou des minorités pour réaliser leurs objectifs.

Dans cette partie de l’Afrique, ils aident certains ‘’tutsi’’ à comprendre qu’ils sont ‘’une race exceptionnelle’’, qu’ils sont ‘’les descendants du roi Salomon’’ et qu’ils ont une mission : « Soumettre les bantous majoritaires pour mieux construire leur ‘’Tutsi power’’. » Cette instrumentalisation de ‘’l’ethnie tutsi’’ s’accompagne de l’expansion des ‘’églises de réveil’’ à même de trouver des fondements bibliques à cette supercherie.

Créer des croyances religieuses fondamentalistes ancrées est une arme extraordinaire dans les guerres que les anglo-saxons mènent par proxys interposés.

Où se trouve la supercherie ? Elle est dans la manipulation des minorités fragiles (soutenues en sous main) pour soumettre les majorités. Elle est dans la politique du diviser pour régner.

Cela d’autant plus que les efforts déployés pour manipuler les minorités afin qu’elles soumettent les majorités finissent par produire de la haine et créer des murs infranchissables.

La sous-région des Grands Lacs est en là. Un groupe de Tutsi convaincu de ‘’sa mission divine’’ et de ‘’sa supériorité raciale’’ est prête à tout pour soumettre l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, le Kenya et le Congo-Kinshasa.

Cette guerre raciale et religieuse instrumentalisée par les anglo-saxons se sert des élections, de la démocratie et du respect des droits de l’homme comme appâts. Les politicards divertis par ces ‘’pièges-à-cons’’ n’ont le temps ni de réfléchir aux véritables enjeux, ni celui des créer des grands mouvements transfrontaliers pour combattre la supercherie susmentionnée.

Nous ne le dirons jamais assez. Tant que les Africains du centre, du Sud, de l’Est et de l’Ouest n’auront pas compris que ‘’l’Afrique doit s’unir’’ (Nkrumah), tant qu’ils ne s’engageront pas dans des processus d’intégration sécuritaire, politique, économique, culturel et environnemental, ils seront les jouets des ‘’malins anglo-saxons’’ et des autres. Ne nous leurrons pas. La montée de la Chine et de la Russie sur l’échiquier mondiale va corser la guerre à mort entre les grands blocs en dépit des apparences. Ils vont s’opposer pour le partage du monde. (Pendant que les politicards congolais parlent des élections, de la démocratie et des droits de l’homme. Pitoyables !) Les grands blocs vont s’opposer pour le contrôle des terres, des mers, des océans et des terres. Depuis la nuit des temps, ‘’la stratégie du chaos’’ est liée à cette guerre géopolitique. (A ce point nommé, il serait souhaitable de lire M. COLLON et G. LALIEU, La stratégie du chaos. Impérialisme et islam. 

Entretiens avec Mohamed Hassan, Investig’Action, Bruxelles, 2011

Les élections, la démocratie et les droits de l’homme sont, dans cette guerre géopolitique et géostratégique, considérés comme des ‘’objectifs illusoires’’. La Chine et la Russie l’ont plus que compris. Elles ont travaillé à la conquête de leur souveraineté économique, politique, culturelle, sécuritaire et sociale sans trop se préoccuper des critiques hypocrites des ‘’petites mains’’ des ‘’usurpateurs occidentaux’’. Elles ont compris que le mot ‘’démocratie’’ a été tellement édulcoré qu’il a fini par signifier ‘’soumission aux diktats du 1% des oligarques occidentaux’’. Plusieurs politicards congolais ne semblent pas encore avoir déchiffré la véritable signification de ‘’la démocratie du marché’’ imposée par les urnes et financée par ‘’la communauté internationale’’. Ils préfèrent, consciemment ou inconsciemment, jouer le rôle des ‘’élites compradores’’ au nom de ‘’la démocratie trafiquée’’ par ceux-là même qui ont réussi à neutraliser le suffrage universel dans plusieurs pays du Nord. La Grèce est un cas récent.

Disons qu’au Congo-Kinshasa, le mythe de la démocratie et des élections ‘’apaisées, libres et transparentes’’ devient de plus en plus un problème de propagande, de croyance non soumise à la critique et du fanatisme. Il faut à tout prix faire comme les autres en oubliant les acteurs pléniers de la guerre raciste faite depuis les années 90 ou en les reconvertissant, pour des motifs de larbinisme, en ‘’pompiers’’.

A quoi pourrait conduire cette foi aveuglée et aveuglante en la démocratie ? A une mascarade électorale au cours de laquelle ‘’un dauphin du raïs’’ ou ‘’le raïs’’ lui-même pourrait être élu et applaudi après qu’il aura promis, cette fois-ci, pour les cinq ans à venir, ‘’une croissance inclusive’’ après les plus de 80% de pauvres produits par ‘’la croissance non-inclusive’’ depuis plus de quinze ans.

Pourquoi est-ce que nous pensons à cette hypothèse ? Parce que ‘’le raïs’’, selon ses ‘’parrains’’, a très bien travaillé. Avec l’appui des IFI, il a mis en œuvre un régime répressif. Celui-ci a permis aux transnationales exportatrices de matières premières de faire des profits mirobolants sans réinvestissement au Congo-Kinshasa. Il a permis un climat favorable à l’investissement privé et au rapatriement des profits. Ceci a permis un enrichissement de ces transnationales et un appauvrissement du Congo-Kinshasa. Et avec plus de 80% d’appauvris, ‘’le raïs’’ a créé ‘’une armée des Kulunas’’ prête à faire la peau à tous les Congolais qui penseraient que ‘son ami’’ n’a pas fait du bon travail. (Souvenons-nous que le 15 septembre 2015, certains Kulunas ont été achetés à 65 dollars pour s’en prendre à leurs compatriotes en meeting à Ndjili.)

Créer ‘’une armée de réserve de Kulunas’’ présente un double avantage. Il permet de justifier la répression quand les promesses faites aux élections-pièges-à-cons ne sont pas tenus. Il permet aussi de monter cette ‘’armée de réserve’’ contre ceux qui, faisant allusion aux promesses non tenues, remettent en question ‘’le pouvoir-os’’ en place. Or, il est plus ou moins sûr que ‘’l’alternative politique’’ n’aura pas lieu en 2016 au Congo-Kinshasa. Cela pour des raisons simples : ce pays est sous la tutelle de l’ONU ; ses ONG, son armée et sa police ainsi que plusieurs de ses institutions sont infiltrées par les proxys des anglo-saxons. D’où viendra le salut ?

Du dépassement des ‘’egos surdimentionnés’’, de la mobilisation des jeunes, des mamans et des masses paysannes autour de la protection de nos terres, de nos eaux, de nos forêts au nom de la souveraineté populaire. Le reste, c’est du blabla.

Les enjeux politiques, géopolitiques et géostratégiques du Congo-Kinshasa sont là : la protection des terres et des eaux ; la protection des vies, des savanes et des forêts.

Qui aborde ces thèmes au jour d’aujourd’hui en en indiquant le lien avec la guerre raciste de prédation livrée au Congo-Kinshasa depuis les années 90 ? Qui dit aux Congolais(es) clairement que si nous ne nous mettons pas ensemble pour protéger nos vies, nos savanes, nos forêts et nos eaux, nous risquons d’être des ‘’sans terre, sans patrie’’ demain ? Qui le dit ?

Pourtant, nous nous rendons compte que notre mort en tant que peuple est bien programmé. Et les tueurs à gages économiques soufflent le chaud et le froid. Le FMI dit que la pauvreté à dépasser plus de 80% au Congo-Kinshasa et la Banque mondiale débourse de l’argent pour construire un marché à Kalemie. C’est-à-dire dans un pays où la croissance économique est chiffrée à plus de 7%. Naïvement, nous applaudissons le FMI en oubliant ce qu’il vient de faire à la Grèce, en oubliant les programmes d’ajustement structurels imposés au Congo/Zaïre depuis les années 1980 et l’Initiative des pays pauvres très endettés imposée à ‘’la kabilie’’ depuis les années 2000. Le voleur-tueur crie au voleur et nous regardons ‘’le doigt au lieu de voir la lune’’. Terrible !

Il nous semble important de revisiter régulièrement notre histoire immédiate telle que nous sommes en train de la réécrire pour mieux baliser le chemin de notre devenir collectif. L’amnésie nous gagne rapidement. Les bourreaux de notre peuple, de notre économie, les conquérants de nos terres, de nos forêts, de nos eaux et de nos savanes nous dribblent facilement sur le terrain de la démocratie, des élections et des droits de l’homme dans lesquels ils ne croient pas. Par larbinisme, nous en faisons bêtement et rapidement ‘’nos pompiers’’.

Il y a là ou un esclavage volontaire, une cécité voulue, une cupidité entretenue pour la mangeoire quel que soit le moyen d’y accéder, une ignorance crasse de la géopolitique et de la géostratégie mondiale, une politique de l’autruche ou tout cela à la fois. Les élites organiques et structurantes devraient, à travers leurs débats et leurs écrits, à travers leurs mobilisations de la jeunesse et des masses paysannes, aborder ces enjeux essentiels pour le bien de notre devenir collectif.

Répéter ces choses, revenir sur les mêmes sujets, cela est important pour des pans entiers de nos populations ‘’envoûtés’’ par la musique, les églises de réveil et une certaine école-université. Pour le moment par exemple, nous estimons que la question essentielle pour le pays est (entre autres) celle de mettre hors d’état d’agir les alliés des proxys travaillant avec ‘’le Tutsi power’’ ; avec beaucoup d’intelligence et de sagesse. Et en évitant de donner aux usagers des conflits l’occasion d’exacerber le chaos au cœur de l’Afrique.

Et nous n’y arriverons pas avec plus de 400 partis politiques et plus de 600 ONG. Jamais. A moins d’un miracle de la part des élites structurantes et agissantes, ces partis et ONG sont le symbole de la division ayant gagné nos cœurs et nos esprits. Or, ‘’une maison divisée contre elle-même est vouée à sa perte’’. Si nous nous perdons davantage, la faute ne sera pas à mettre sur le dos des autres. C’est nous qui n’aurons pas compris qu’à un certain moment, pour une cause qui nous dépasse, nous devons mourir à nos egos pour la défense de cette cause. Nous devrions être capables de reconnaître notre responsabilité collective dans notre possible descente collective en enfer. Si nous ne résolvons pas intelligemment et sagement, le plus tôt, la question de la direction patriotique du pays par une mobilisation citoyenne conséquente, nous aurons encore, pour longtemps, nos yeux pour pleurer.

[Mbelu Babanya Kabudi]


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