RDC : Les kuluna de «KABILA» ont perturbé le meeting de l'Opposition

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image Manifestation de l'Opposition, Kinshasa, 15 Sep 2015

Plus de 4000 militants des principaux partis d'opposition en République démocratique du Congo (RDC) se sont rassemblés ce mardi pour dénoncer la tentative du gouvernement de « glisser » le calendrier électoral. Le meeting qui avait pourtant été autorisé par les autorités a été perturbé par un groupe de jeunes en civils soupçonnés d'être proches du parti au pouvoir. La police est intervenue pour disperser le rassemblement alors que les leaders politiques sue succédaient à la tribune. Selon notre correspondant sur place, il y a au moins deux morts du côté des assaillants et plusieurs blessé grave du côté des manifestants. Le gouvernement et la commission électorale veulent organiser des élections locales avant la présidentielle et les législatives. Les opposants interprètent cette démarche comme une manœuvre visant à permettre au président Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de novembre 2016.

De violents affrontements ont éclaté à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), dans l’après-midi du mardi 15 septembre, alors qu’une grande confusion régnait en marge d’un rassemblement d’opposition.

Quelque quatre mille personnes étaient réunies à l’appel d’un collectif d’opposants, pour exiger la tenue dans les temps prévus de la prochaine élection présidentielle devant avoir lieu en novembre 2016, à laquelle la Constitution interdit au chef de l’Etat de se présenter.

Une dizaine de dirigeants de partis, rassemblés au sein de la « dynamique de l’opposition », se sont succédé à la tribune pour réclamer le départ de Joseph Kabila en 2016, jusqu’à ce que le rassemblement soit attaqué à coups de pierre par une dizaine de personnes au moins, également armées de bâtons.

La situation a dégénéré peu avant 16 heures (heure de Paris) sur la place Sainte-Thérèse de Ndjili, dans le sud de la capitale de la République démocratique du Congo. Une journaliste de l’Agence France-Presse a vu une dizaine de jeunes participants à la manifestation frapper violemment pendant plusieurs minutes un homme gisant au sol qu’ils avaient visiblement pris pour un des agresseurs, sans qu’aucun représentant des forces de l’ordre ne vienne mettre fin à ce lynchage.

Très vite, la place s’est vidée dans un grand désordre. Une vingtaine de policiers armés de matraques ont fini par intervenir pour faire cesser la bastonnade et récupérer une personne grièvement blessée. La situation restait tendue vers 15 h 45, alors que des renforts de police affluaient dans le quartier et que de petits groupes se formaient çà et là sur la place et dans les rues adjacentes.

Certains groupes de jeunes vindicatifs, sans aucune appartenance politique visible, s’en prenaient aux forces de l’ordre, leur jetant parfois des pierres, sans que ces dernières ne ripostent.

Joseph Kabila est au pouvoir depuis quatorze ans. Il a succédé à son père, Laurent-Désiré Kabila, assassiné en 2001, après avoir participé à la rébellion qui a chassé le dictateur Mobutu Sese Seko en 1997. La Constitution lui interdit normalement de se présenter à la prochaine élection présidentielle prévue en novembre 2016.

En janvier, des manifestations et des émeutes ont éclaté en opposition à un projet de loi électorale imposant un recensement avant la prochaine élection, et retardant le départ de Joseph Kabila dans un pays vaste et éclaté. Le projet de loi a finalement été adopté à la fin de janvier, mais sans la mesure, controversée, du recensement. Le bilan de ces manifestations était très lourd – 13 morts, selon le gouvernement ; une quarantaine, selon la Fédération des droits de l’homme (FIDH). La FIDH et Human Rights Watch parlaient à l’époque de 21 personnes abattues par les forces de l’ordre.

En mai, Joseph Kabila avait lancé des consultations « avec toutes les forces vives de la nation », un geste alors interprété par certains opposants comme un stratagème pour rester au pouvoir.

La paix passe par le respect de la Constitution

Dans un décor dominé par les banderoles, drapeaux et autres insignes des partis politiques de l’Opposition, c’est le secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Jean-Bertrand Ewanga qui a, d’entrée de jeu, harangué la foule en brandissant la Constitution de la RDC scellée par deux gros cadenas. Avant de déclarer en lingala : « Nous ne voulons pas de troubles, nous voulons la paix. Et cette paix passe par le respect de la Constitution ».

Tour à tour, les principaux leaders se sont succédé au prétoire. De Eve Bazaiba du MLC, Vital Kamerhe de l’UNC, Jean-Lucien Busa du CDER, Martin Fayulu de l’ECIDE, Joseph Olenga Nkoy des FONUS, Ingele Ifoto Dynamique pour la démocratie ayu Congo (DDC), Gilbert Kiakwama de la CDC, Jean-Claude Vuemba du MPCR, Koloso du RCD-K-ML, Mwenze Kongolo à Gabriel Mokia du MDCO. C’est lors du passage de Gabriel Mokia que la perturbation est arrivée. Un seul message : « alternance pacifique en 2016, respect de la Constitution, respect des délais constitutionnels et élections démocratiques ».

« Tous ceux qui allaient se perdre sur des voies tumultueuses de dialogue ouvrant vers le glissement sont revenus sur le bon chemin », a indiqué Eve Bazaiba. Pour la secrétaire générale du MLC, le respect des textes s’impose à tous.

De son côté, le président national de l’UNC, Vital Kamerhe, a appelé ses pairs à consolider l’unité de l’Opposition avant d’appeler le président de la République, l’Opposition, la Société civile et le peuple à préserver la démocratie.

Pour sa part, Jean-Lucien Busa a souligné que l’enjeu du pouvoir n’est pas de chercher des mécanismes pour se maintenir, mais plutôt de trouver des solutions aux problèmes des citoyens.

Le seul grand parti d'opposition à ne pas participer à ce rassemblement est l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d'Etienne Tshisekedi. Son secrétaire général, Bruno Mavungu, a déclaré que l'UDPS n'avait pas été associé à la préparation de la manifestation.


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jluc lemoine on 16/09/2015 04:50:14
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Quel intérêt à montrer une telle image si ce n'est pour souligner votre propre sauvagerie.

Vu d'autres lieux, on ne retient ni la victime ni le bourreau mais 2 congolais, 2 africains 2 noirs donc 2 sauvages.
Facile de poster tout et n'importe quoi sur le réseau, voyez au dela de votre petite raison votre petit droit
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