RDC : Ngbanda oublie Mobutu

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image Marechal MOBUTU et Honore NGBANDA

Le lundi 7 septembre dernier, feu le maréchal Mobutu a totalisé 18 ans sous terre à Rabat au Maroc depuis qu’il s’est éteint en 1997. Sur le site de l'Apareco, même pas un mot de la part de Honoré Ngbanda, ancien tortionnaire et chef de sécurité de Mobutu.

Les Congolais se sont souvenus ce lundi 7 septembre 2015, du deuxième président de la République qui a laissé aux Congolais moult souvenirs et acquis, dont le plus vivace est l’attachement à la paix, à l’unité et à la stabilité du pays.

  Pour feu le maréchal Mobutu, la paix, l’unité du pays et l’intégrité territoriale étaient le leitmotiv de sa politique et elles étaient non négociables. Après 32 ans de règne, Mobutu voulait encore garder son fauteuil. Mais miné dans ses derniers jours par la maladie, le Maréchal n’a pu sauver son régime en mai 1997. Devant la poussée des événements, il a été contraint à l’exil. Et, c’est le roi Hassan II du Maroc qui lui a offert l’asile. Moins de quatre mois après sa chute, il s’est éteint le 7 septembre 1997 dans la capitale chérifienne. Officiellement, il avait 67 ans. C’est au cimetière chrétien de Rabat, capitale du Royaume du Maroc, que repose en paix jusqu’à ce jour le Maréchal, président de la République du Zaïre.

Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga, né le 14 octobre 1930, décédé le 7 septembre 1997, connu antérieurement sous le nom de Joseph-Désiré Mobutu, a été le second président de la République démocratique du Congo de 1965 à 1997 (le pays ayant été rebaptisé Zaïre de 1971 à 1997). Il fut surnommé « Le Léopard de Kinshasa ». Après son passage dans l’armée, dont il sort sous-officier, il devient journaliste pour le quotidien libéral de Léopoldville L’Avenir en 1957.

En juillet 1960, il devient secrétaire d’État du gouvernement indépendant de Patrice Lumumba Il est chef d’état-major en 1960, et fait arrêter Lumumba qu’il livrera au Katanga de Moïse Tshombe où il sera assassiné. Le 25 novembre 1965 il fait un coup d’État contre Joseph Kasa-Vubu, premier président de l’ancien Congo-belge.

Joseph-Désiré Mobutu instaure un régime autoritaire à parti unique et en devient le maréchal-président. En 1971, « l’année des 3 Z », il renomme à la fois le pays, le fleuve et la monnaie sous le nom de Zaïre. La même année, il impose un costume traditionnel, crée une version zaïroise du costume occidental : « l’abacost » (à bas le costume) et il oblige les Zaïrois à choisir un nom africain (non chrétien), ce qu’il fait lui-même en devenant Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga.

Chute

Ayant basé le développement du Zaïre sur le modèle d’une économie rentière, Mobutu ne peut qu’en constater les inconvénients lorsque se produit une subite chute des cours du cuivre. Les finances publiques étant d’un coup exsangue, Mobutu lance le Zaïre dans une politique de  » zaïrianisation  » de l’économie. Cette nationalisation brutale de l’économie a vu les chefs d’entreprises étrangers remettre leurs clefs à des membres de l’armée zaïroise venus faire appliquer le décret de zaïrianisation. Les entreprises devenaient ainsi pour un régime à bout de souffle un bon moyen d’acheter des fidélités. De nombreux bénéficiaires de la zaïrianisation, tous proches du régime, prirent ces entreprises pour leurs propriétés personnelles sans se préoccuper de leur gestion. La corruption fut ainsi de plus en plus endémique, dégradant la situation économique et sociale de l’écrasante majorité des Zaïrois de façon dramatique.

En 1986, une grave crise économique secoue le Zaïre et accentue une crise politique et une révolte latente, entre un peuple qui a faim et un chef multimilliardaire mégalomane qui a utilisé la corruption comme mode de gouvernement.

Mais c’est l’inattendue fin de la guerre froide avec la chute du mur de Berlin qui va achever le régime mobutiste.

En 1989, il publie Dignité pour l’Afrique ?, un livre d’entretiens, dans le cadre d’une fort onéreuse campagne de communication.

En 1990, comme dans de nombreux autres pays d’Afrique centrale, le mécontentement populaire est grandissant et, en avril 1990, Mobutu autorise le multipartisme (l’opposition pourra dès lors le pousser au départ). Vilipendé à Kinshasa, Mobutu se retire dans son somptueux palais, au cœur de la jungle tropicale à Kawele à proximité de son village natal. Sa solitude devient dès lors évidente, aussi bien au Zaïre qu’à l’étranger où il ne bénéficie plus que du soutien de la France. Sa maladie va encore renforcer cette impression de faiblesse, incitant ses opposants intérieurs et ses ennemis extérieurs à intensifier leurs actions.

En 1994, malgré le partage du pouvoir avec le président du Parlement, le pays s’enfonce dans la crise. Celle-ci s’aggrave avec l’arrivée de réfugiés rwandais fuyant d’abord la répression du génocide au Rwanda, puis à partir de 1996 la progression de l’Alliance de forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL),  emmenées par Laurent-Désiré Kabila. l’AFDL  entre à Kinshasa le 17 mai 1997, entraînant la chute définitive du pouvoir et la fuite de Mobutu Sese Seko, malgré une dernière tentative de négociation pour le partage du pouvoir parrainée par Nelson Mandela sur le navire Outenika. Après avoir été soigné pendant de longs mois en Suisse et en France, Mobutu Sese Seko meurt d’un cancer de la prostate le 7 septembre 1997 à Rabat où il est inhumé au cimetière chrétien, quatre mois après son renversement et l’accession au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila.

[Pathou Kinzala Nkuka]


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