RDC : Martin KOBLER laisse le goût d’inachevé

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image Martin KOBLER

L’annonce du départ prochain de l’actuel représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et patron de la MONUSCO, Martin Kobler, fait jaser plus d’un Congolais. Pour les uns, c’est le regret parce que, selon eux, l’homme laisse le goût d’inachevé.Cette catégorie des Congolais considèrent le diplomate onusien d’origine allemande comme un personnage hors du commun. Il était dans toutes les situations critiques. Sa notoriété est surtout due à son rôle dans la débandade des rebelles du M23 devant les FARDC. Pour d’autres, Martin Kobler a accompli son mandat et il devait partir un jour. Selon ces Congolais-là, il n’y a pas lieu de décreter un deuil suite au départ du représentant spécial de Ban-ki-Moon en RDC.

Ce débat est enflammé dans le microcosme politique congolais dont la plupart des acteurs se considèrent comme des relais. Pourtant, 55 ans après l’indépendance de leur pays, les Congolais devraient être à mesure de prendre eux-mêmes en mains les destinées de leur nation. L’infantilisme dont ils font preuve désarçonnent et rebutent même certains analystes de la scène politique congolaise.

La présence des casques bleus de l’ONU en RDC, la deuxième du genre, la première étant intervenue  quelques mois après l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale en 1960, est justifiée par l’incapacité des politiciens de s’entendre même sur des questions mineures qui engagent l’avenir de leur nation. Toutes les réactions que nous enregistrons par-ci par-là suite au départ prochain de Martin Kobler prouvent à suffisance que l’inconscience de ces  » professionnels  » est loin de s’éteindre. Car, au lieu de réfléchir sur des voies et moyens de reprendre les choses en mains, ils  » pleurent  » comme pour dire implicitement que sans la MONUSCO leur pays ne se relèvera pas de sitôt.

En outre, ils oublient que le représentant spécial du Sg de l’ONU ne fait pas sa politique personnelle. Il n’est qu’un simple représentant comme l’indique si bien son titre. Qu’il s’appelle tel ou tel, il exécute les instructions venues de New York. Ce n’est pas pour rien que régulièrement le représentant de Ban-ki-Moon se rend au siège de l’ONU pour présenter son rapport au Conseil de sécurité. Il faut que tous ceux qui commentent dans un sens ou dans un autre le départ de Martin Kobler ne se fassent pas d’illusions parce que son remplaçant ne viendra pas changer la politique de l’ONU en RDC.

Qu’il s’agisse des questions de démocratie, des droits de l’homme, des violences sexuelles, de la traque contre les groupes armés et surtout de la très sensible problématique du processus électoral, le Conseil de sécurité ne changera pas d’un seul iota sa position. Et les Congolais doivent savoir que ce n’est pas le futur représentant spécial de Ban-ki-Moon qui modifiera la donne. Et lorsque nous savons qui dicte la ligne de conduite du Conseil de sécurité de l’ONU, nous  devons comprendre que même si les visages changent, l’esprit reste le même sur l’avenue  des Aviateurs   de la commune de Gombe. Nous pourrions dire tout simplement :  » Martin Kobler s’en est allé, vive Martin Kobler « .

Il ne sert donc à rien de soit se réjouir soit de pleurer pour la fin du mandat et le départ de l’actuel  représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC. Qu’ont gagné ceux qui avaient jubilé lorsque le représentant spécial de Barack Obama dans les Grands lacs avait démissionné de ses fonctions ? Est-ce pour autant que le président des Etats-Unis a changé sa position sur des questions brûlantes de cette sous-région ? Le locataire de la Maison Blanche continue toujours à afficher son opposition envers tous les dirigeants qui veulent tripatouiller la constitution de leurs pays pour se maintenir au pouvoir. Le pays de l’Oncle Sam peut bien changer d’ambassadeur en RDC, sa politique vis-à-vis de ce pays ne sera pas modifiée.

Une fois de plus il ne faut pas que les politiciens congolais soient distraits. Leur nation est en danger. Ils sont obligés de réfléchir sur des voies et moyens de sortir leur pays de l’ornière, au lieu de continuer à regarder toujours vers ceux qu’ils accusent de s’ingérer dans leurs affaires étrangères (sic).

[Rombaut Ot.]


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