RDC : UDPS - PALU, situation délétère

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image Antoine Gizenga et Etienne Tshisekdi

La situation actuelle dans les deux vieux et (grands) partis politiques de la RDC est délétère. La sévère sanction que les instances dirigeantes du Front National (FN) viennent d’infliger au fondateur de ce parti va sans aucun doute faire réfléchir certains cadres à l’UDPS et au PALU. Il n’est pas exclu que ces deux gourous subissent le même sort même si la gouvernance dans les partis politiques de la RDC n’ont rien à avoir avec ceux du pays de De Gaulle. Le célèbre résident du quartier Buma dans l’est de Kinshasa et le Sphinx de Limete doivent savoir lire les signes de temps.

A l’UDPS, c’est le fils Tshisekedi qui engage de plus en plus ce parti en lieu et place de ses  responsables attitrés. Mme Marthe Tshisekedi jouerait également un grand rôle aux côtés de son mari. L’on sait que le Sphinx de Limete, affaibli par l’âge et la maladie, n’est plus à mesure de diriger son parti politique comme il se doit. La question que d’aucuns se posent est celle de savoir ce que les statuts prévoient en cas d’indisponibilité du président de l’UDPS ? Pourquoi la mainmise de la famille biologique sur les affaires du parti alors que celui-ci est comparable à une Asbl ?

La question du dialogue national a créé des fissures au sein dudit parti politique. Ceux qui sont pour la participation à ce forum arguent qu’ils y vont pour baliser avec le pouvoir les voies de la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes. Ils insistent néanmoins sur la médiation internationale pour la direction de ces assises. L’aile qui est opposée estime que les tenants de la mouvance kabiliste ne peuvent pas du tout organiser une réunion pour poser les bases des élections au terme desquelles ils ont moins de chances de gagner. Selon eux donc, la Majorité tend, à travers le dialogue, un piège à l’Opposition pour l‘amener au fameux glissement tant redouté.

Conscients du grave danger qui plane sur l’avenir de leur formation politique, quelques cadres du parti de la 12ème rue/Limete ont pris leur courage entre les mains pour exiger la mise à l’écart de leur leader charismatique dont l’état de santé ne permet plus de diriger l’UDPS. Autrefois, pareille prise de position teintée de témérité devait entraîner la radiation des telles « brebis galeuses » ou taupes. Mais cette fois, cette déclaration n’a pas suscité d’indignation ni de la haute sphère ni des « combattants », militants du parti. C’est signe que de plus en plus les partisans de l’UDPS ont pris conscience que leur parti constitue une œuvre commune et ne doit pas être considéré comme un bien privé de quelques individus. Le prochain congrès projeté au mois de décembre 2015 sera sans doute houleux et risque de provoquer un véritable tsunami dans le parti dont Etienne Tshisekedi est resté seul maître à bord après le départ des autres 12 célèbres parlementaires, fondateurs comme lui.

Idiofa donne 48 heures à Gizenga pour réhabiliter Muzito

La situation au PALU est devenue tendue depuis la sévère mesure de Gizenga de révoquer son « neveu » Adolphe Muzito. Alors que dans un passé récent les paroles du gourou de ce parti étaient considérées comme parole d’évangile, la révocation de celui dont on disait qu’il était neveu et pressenti dauphin du Fondateur – Secrétaire général- Chef du parti est venue montrer à la face de l’opinion que les militants du PALU ne sont plus de fanatiques aveugles.

Pour preuve, jamais à Gungu, fief naturel du PALU où Antoine Gizenga est plus que déifié et d’ailleurs où l’ancien Premier ministre n’a pas été élu comme député national (il l’a été à Kikwit), les « PALUDISTES » ont organisé des manifestations pour désapprouver la décision de leur leader. Jamais pareille réaction n’a été vécue au sein de ce parti surtout à Gungu. A Idiofa, la grogne est plus grande encore. Selon des sources crédibles, les militants de cette cité ont envahi le jeudi 20 août dernier le siège du parti pour réclamer l’annulation pure et simple de la décision querellée. Ils ont accordé 48 heures aux instances dirigeantes du PALU pour abroger leur « arrêté ». Au cas contraire, ont-ils laissé entendre, ils prendraient à leur tour des mesures qui s’imposent.

Comme on peut le constater, Antoine Gizenga vient là d’être désacralisé dans son fief naturel où le PALU était considéré comme une religion. Après la grogne qui a suivi le démêlé et le départ de Marie-Laure Kawanda, native d’Idiofa, on peut déjà commencer à chanter le requiem pour le PALU. Déjà en 2011, les résultats des élections législatives avaient montré les premiers signes d’essoufflement de ce parti car, après avoir raflé 4 des 7 sièges de la circonscription électorale du territoire d’Idiofa en 2006, il n’en a remporté que deux grâce d’ailleurs à la bienveillante attention de Ngoy Mulunda et d’un membre du Bureau de la CENI recommandé par le PALU. En principe, ce parti n’a eu qu’un seul siège. En 2016, le score va être catastrophique.

Comme nous le pressentons, le climat va être très chaud dans les prochains jours à l’UDPS et au PALU. Les manœuvres pour la succession des dirigeants de ces deux partis vont sans doute plonger les deux formations dans une zone de turbulence qui laissera des traces indélébiles. Si l’on n’y prend garde, l’UDPS et le PALU se raconteront au passé composé : « il y a eu en RDC, deux partis politiques qui ont fait la pluie et le beau temps, mais par la faute de leurs fondateurs, ils ont disparu» enseignera-t-on aux enfants.

[Rombaut Ot]


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