MONUSCO - Régime « KABILA » : Vers une réconciliation ?

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image Martin Kobler et "Joseph Kabila"

De plus en plus de voix se font entendre, appelant les autorités congolaises et l’Onu à la  » réconciliation  » après cinq mois de brouille due spécialement à la nomination de deux officiers militaires congolais à la tête de l’opération Sukola II visant à traquer les miliciens  hutu rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Le dernier appel en date émane de Saïd Djinnit,  envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la région des Grands Lacs qui invite à la reprise rapide de la coopération Monusco-FARDC contre les FDLR. 

L’Envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la région des Grands Lacs, Saïd Djinnit, a appelé mercredi 15 juillet à « la reprise rapide de la coopération entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco » dans les opérations militaires de traque contre les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

En séjour à Kinshasa, l’émissaire onusien, accompagné du Secrétaire exécutif de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL),  a rencontré le même jour à Kinshasa, le chef de l’Etat, Joseph Kabila. Ce dernier a échangé avec ces deux personnalités sur la situation sécuritaire dans la région et en RDC, ainsi que sur la Conférence sur les investissements du secteur privé dans la région des Grands Lacs.

Processus de rapatriement des FDLR

Saïd Djinnit a exprimé le soutien des Nations unies au processus de rapatriement des éléments des FDLR présentement cantonnés dans différents camps de transit en RDC, notamment à Kanyabayonga, dans le Nord-Kivu, au camp Lieutenant -général Bauma, à Kisangani (province Orientale).

Il a saisi l’occasion pour appeler à  » la reprise rapide de la coopération entre les FARDC et la Monusco  » dans les opérations militaires contre les FDLR.

Avec le Président Kabila Saïd Djinnit a également évoqué la préparation en cours de la conférence sur les investissements du secteur privé dans la région des Grands Lacs qui aura lieu à Kinshasa les 24-25 février 2016. Cette date coïncidera avec le troisième anniversaire de la signature de l’Accord-cadre sur la Paix, la Sécurité et la Coopération en RDC et dans la région des Grands Lacs connu sous l’appellation de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.

Pour sa part, le chef de l’Etat congolais a informé ses interlocuteurs de la préparation des élections en RDC et des consultations qu’il a engagées avec les acteurs politiques et la société civile.

Cet appel intervient au lendemain de la dernière réunion du Conseil de sécurité à New York à laquelle a participé Martin Kobler, l’envoyé spécial des Nations unies en RDC et patron de la Monusco. Il a informé le Conseil de sécurité des progrès réalisés par la Monusco sur place. Avec le Conseil de sécurité, plusieurs points ont été évoqués, à savoir : la réduction des effectifs des casques bleus, les opérations militaires et les élections présidentielle et législatives de 2016. Des progrès jugés encourageants, même si l’opération militaire contre les FDLR reste le principal point de tension entre l’Onu et le gouvernement  congolais.

La nuit apportant le conseil, le temps a permis aux deux parties de mettre un peu d’eau dans leur vin. Ainsi les relations entre les deux parties semblent s’être apaisées. L’Onu a entamé depuis le 3 juin dernier une opération en collaboration avec les FARDC contre le mouvement rebelle des Forces révolutionnaires patriotiques de l’Ituri  (FRPI):.

Cinq mois de brouille

La Monusco a suspendu début février dernier sa coopération avec les FARDC dans la traque des FDLR à cause de la présence dans la chaîne de commandement de deux généraux congolais soupçonnés de graves violations des droits de l’homme. Elle a exigé de Kinshasa le remplacement de ces généraux en conditionnant sa collaboration à leur remplacement. Une demande à laquelle Kinshasa a refusé d’accéder.

Les autorités de Kinshasa ont préféré mener en solo les opérations militaires de traque contre les FDLR, au grand dam de la Monusco.

Depuis, la force onusienne en RDC n’a cessé de lancer des appels à Kinshasa l’invitant à revenir à de bons sentiments pour reprendre les opérations militaires conjointes FARDC-Monusco qui ont montré leur efficacité. Les autorités de Kinshasa semblent ne pas faire attention à tous ces appels, préférant continuer seules les opérations militaires.

Cinq mois de brouille après, n’est-il pas temps que les autorités de Kinshasa reviennent sur leur décision ? Cinq mois ont suffi à chacune de deux parties de montrer sans doute à sa partenaire ses points forts et ses faiblesses, et même les besoins de coopération. On n’est jamais plus fort, plus riche, ni plus indépendant pour ne pas avoir besoin d’un partenaire,  pour se passer, par conséquent, de son aide, de quelque hauteur qu’elle puisse être. Ainsi le monde est-il fait.

En prenant cette décision, la RDC entend prouver sa souveraineté en tant qu’Etat indépendant, capable de tracer seule sa ligne de conduite sans injonctions extérieures, toutefois avec l’aide extérieure, La Monusco a compris que toute puissante qu’elle puisse être, elle est loin de se substituer à un Etat souverain, qu’elle est appelée à se soumettre aux décisions ou initiatives prises par l’Etat au secours duquel elle vole.

[Kléber Kungu]


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